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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 11:47

 


Au nom d'Allah, le Clément, le Miséricordieux

 Sache, Mâlik, que je t'envoie comme gouverneur à un pays qui a connu dans le passé des gouvernements justes et injustes. Les gens vont t'observer comme tu observais les gouverneurs qui t'ont précédé. Ils parlent de toi comme tu parlais d'eux. Ce sont eux qui fournissent la preuve de tes actions. Que ton trésor préféré soit donc le trésor de bonnes actions. Contrôle tes désirs et abstiens-toi de ce contre quoi tu as été servi. C'est seulement par une telle abstinence que tu pourras distinguer le bien du mal.

Développe dans ton cœur le sentiment d'amour pour ton peuple, et fais-en la source de bonté et de bénédiction pour lui. Ne te comporte pas en barbare envers tes citoyens et ne t'approprie pas ce qui leur appartient. Rappelle-toi que les citoyens d'un État sont de deux catégories. Ils sont soit tes frères en religion, soit tes semblables en genre. Ils sont susceptibles de commettre des erreurs, et sujets aux maladies. D'aucuns commettent effectivement des erreurs; pardonne-leur comme tu aimerais qu'Allah te pardonne. N'oublie pas que tu es placé au-dessus d'eux, tout juste comme je suis placé au-dessus de toi. Et puis c'est Allah Lui-même qui est au-dessus de celui qui t'a nommé Gouverneur. IL t'a confié cette position afin que tu te montres capable de te charger d'eux. Rappelle-toi! Tu seras jugé sur ce que tu auras fait pour eux.

Ne leur dis pas : "Je suis votre suzerain et votre dictateur. Vous devez donc vous plier à mes ordres", car cela corromprait ton cœur, affaiblirait ta foi en la religion et susciterait des désordres dans l'État. Si le pouvoir engendre en toi le moindre sentiment d'orgueil et d'arrogance, considère alors le pouvoir et la majesté du Royaume Divin qui gouverne l'univers et sur lequel tu n'as pas le moindre contrôle. Cela restituera à ta raison fantasque le sens de la mesure et te rendra calme et affable. Garde-toi de te mettre à l'encontre de la majesté et de la grandeur d'Allah, et n'imite jamais Son Omnipotence, car Allah rabaisse tout rebelle contre Lui, et quiconque se montre cruel envers les hommes.

Sois respectueux, dans tes actions, des droits d'Allah et de ceux des hommes, et en même temps, persuade tes compagnons et tes proches de faire de même. Autrement, tu auras fait injustice à toi-même et à l'humanité. Et alors aussi bien Allah que les hommes deviendront tes ennemis. II n'y a de salut nulle part pour un homme qui se rend ennemi d'Allah. Il sera considéré comme quelqu'un qui est en guerre avec Allah jusqu'à ce qu'il se repente et demande pardon. Rien ne prive l'homme des bénédictions d'Allah, ni n'attire Son courroux contre Lui, autant que l'oppression. Donc, c'est pour cette raison qu'Allah prête oreille aux opprimés et qu'Il traite les oppresseurs sévèrement. 

Le commun des mortels

Observe la justice dans l'administration et impose-la à toi-même. Cherche à satisfaire le peuple, car le mécontentement des masses peut stériliser le mécontentement de la minorité des privilégiés, et le mécontentement de la minorité se dissout dans le contentement de la majorité. Rappelle-toi que la minorité des privilégiés ne se joindront pas à toi aux moments difficiles. Ils tenteront de détourner la justice, demanderont plus qu'ils ne méritent et ne montreront aucune gratitude pour les faveurs dont ils auront bénéficié. Ils se montreront rétifs dans l'épreuve et les tribulations, et ils n'éprouveront aucun regret pour leurs défauts. C'est le commun des mortels qui combat l'ennemi. Donc maintiens des contacts intimes avec les masses et sois attentif à leur bien-être.

Repousse celui qui met en évidence les faiblesses des autres, Car, après tout, les masses ne sont pas exemptes de faiblesses. II est du devoir du gouvernant de les protéger. Ne mets pas en lumière ce qui est caché, mais essaie d'effacer les faiblesses qui ont été mises sous les projecteurs. Allah voit toutes choses que tu ne vois pas, et Lui seul, s'en occupera. Fais de ton mieux pour couvrir les défauts du peuple afin qu'Allah couvre les tiens que tu aimerais cacher aux yeux des gens. Débarrasse-toi de tout sentiment d'inimitié entre eux. Mets-toi à l'abri de toute action qui ne soit pas digne de toi. Ne t'empresse pas de croire les calomnies, car les calomniateurs sont des fourbes sous l'apparence d'amis. 

Les Conseillers

Ne prends jamais pour conseiller un avare, car il te détournerait de la magnanimité et te ferait craindre la pauvreté. Ne demande pas conseil à un lâche, non plus car il ébranlerait ta résolution, ni à un homme cupide car il t'inciterait à devenir tyran En effet, l’avarice, la lâcheté et la cupidité font perdre à l'homme sa confiance en Allah.

Le pire conseiller est celui qui a servi de conseiller à des gouvernants injustes et qui a partagé leurs crimes. Ainsi, ne laisse jamais des personnes ayant été les compagnons de tyrans ou ayant partagé leurs crimes, devenir tes conseillers. Tu peux faire appel à des personnes bien meilleures que cela. Tu peux avoir des hommes doués d'intelligence et de prévoyance sans être contaminés par le péché; des hommes qui n'ont jamais assisté un tyran dans sa tyrannie, ni un criminel dans son crime. De tels hommes ne seront jamais une charge pour toi. Bien plus, ils seront une source d'aide et de force pour toi, à tout moment. Ils seront des amis pour toi et des étrangers pour tes ennemis. Choisis de tels hommes pour te tenir compagnie aussi bien en privé qu'en public. Même parmi ceux-ci donne la préférence à celui qui a tendance à te dire tes vérités, même les plus amères, et à celui qui ne t'encourage pas à avoir des penchants qu'Allah n'aime pas que Ses amis développent chez eux.

Attache-toi à des personnes droites et pieuses et fais-leur comprendre clairement qu'elles ne doivent jamais chercher à te flatter ni à te créditer d'une bonne action que tu n'aies jamais faite, car la tolérance de la flatterie et le faux compliment stimulent la fierté chez l'homme et le rendent arrogant.

Ne traite pas de la même façon le bienfaiteur et le malfaiteur, car cela découragerait le premier, et encouragerait le second à persister dans le mal. Traite chacun d'eux selon ses mérites. Sache que la confiance et la bienveillance mutuelles entre le gouvernant et les gouvernés ne peuvent avoir lieu qu'à travers la bonne volonté, la justice et le service rendu. Cultive donc la bienveillance chez les gens, car seule la bienveillance te sauvera des troubles. Ta bonne volonté à leur égard sera payée en retour par leur confiance en toi, et le mauvais traitement, par leur mauvaise volonté.

Ne méconnais pas les nobles traditions des premiers membres de cette communauté, traditions qui ont apporté l'harmonie et le progrès aux gens, et n'entreprends rien qui puisse diminuer leur utilité. Les hommes, qui avaient établi ces bonnes traditions ont eu leur récompense, quant à toi, tu seras responsable, si elles sont abandonnées. Essaie toujours de tirer quelque chose de l'expérience des gens instruits et sages, et de les consulter, en ce qui concerne les affaires d'État, cela t'aidera à maintenir la paix et la bonne volonté que tes prédécesseurs ont établies sur terre. 

Les différentes classes sociales

Rappelle-toi que le peuple est composé de différentes classes. Le progrès des unes dépend de celui des autres et aucune d'elles ne peut prétendre être indépendante des autres. Nous avons une armée formée de soldats d'Allah. Nous avons nos officiers civils avec leurs établissements, notre judicature, nos percepteurs et nos officiers de relations publiques. Le public lui-même" est composé de Musulmans et de Dhimmî, et parmi eux, il y a des commerçants, des artisans, des gens sans emploi, des indigents. Allah a prescrit pour eux des droits, des obligations et des devoirs personnels qui sont mentionnés dans le Saint Coran et dans les Hadith du Saint Prophète.

L'armée, par la grâce d'Allah, est comme une forteresse pour le peuple et elle assure la dignité de l'État. Elle préserve le prestige de la Foi et maintient la paix du pays. Sans elle, l'État ne peut se maintenir. Et réciproquement, elle ne peut se tenir sans l'appui de l'État. Nos soldats ont prouvé qu'ils sont les plus forts face à l'ennemi, grâce au privilège qu'Allah leur a accordé de combattre pour Lui, mais cela ne les empêche pas d'avoir besoins matériels pour mener à bien leur tâche, cela les fait dépendre des revenus de l'État. Quant aux militaires et à la population civile qui paient des impôts, ils ont besoin de la coopération des autres : la judicature, les officiers civils et leurs administrations. Les juriste appliquent la loi civile et criminelle, les officiers civils collectent les revenus et s'occupent de l'administration civile avec l'aide de leurs établissements. Et puis, il y a les marchands et les commerçants qui contribuent à renflouer les caisses de l'État. Ce sont eux qui parcourent les marchés et qui sont les mieux placés pour s'acquitter des obligations sociales. Il y a aussi la classe des pauvres et des nécessiteux qui doivent être pris en charge par les autres classes. Allah a donné une occasion appropriée aux uns et aux autres de rendre service. Puis toutes ces classes ont des droits sur l'administration. L'administrateur doit donc y faire face.

Il doit veiller au bien de toute la population, tâche dont il ne pourrait pas s'acquitter convenablement sans porter un intérêt personnel à son exécution et sans implorer l'aide d'Allah. En effet, il lui est indispensable de s'imposer ce devoir et de supporter avec patience les difficultés et les inconvénients qui surgissent devant lui accidentellement. 

L'armée

Sois particulièrement attentif au bien-être de ceux dans l'armée, qui sont, à ton avis, sincèrement attachés à Allah et au Saint Prophète, loyaux envers leurs chefs et , aux moments passionnels, sauraient se retenir et écouter de sang froid des remontrances sensibles, ainsi que ceux qui sont capables de secourir les faibles et de s'opposer aux oppresseurs puissants, et ceux qui ne se laissent pas entraîner par un tempérament violent lorsqu'ils sont soumis à une provocation violente, et qui ne chancellent dans aucune circonstance.

Établis des contacts intimes avec des familiers de bonne réputation, intègres et d'un passé glorieux, et attire vers toi des hommes braves, de bon caractère, généreux et d'une disposition bienveillante, car telle est l'élite de la société.

Prends soin d'eux avec la même tendresse que tu montres pour tes propres enfants. Ne leur rappelle aucune faveur que tu leur aurais faite, et ne sous-estime aucune marque d'affection qu'ils te montreraient en retour. Une telle conduite dénote la loyauté, la dévotion et la bienveillance. Sois attentif à leurs soucis les plus insignifiants et ne te contente pas seulement de l'aide générale que tu leur aurais apportée, car parfois une attention opportune à l'un de leurs petits soucis leur apporte un immense soulagement. De cette façon, ces gens-là ne t'oublieront pas au moment du besoin.

Il t'appartient de choisir pour le commandement de tes troupes quelqu'un qui s'impose comme devoir la tâche d'aider les hommes qu'il commande et de veiller sur leurs familles lorsqu'ils se trouvent loin de chez eux, ce qui permettrait à toute l'armée de se sentir unie dans la joie et dans le malheur. Cette unité de destin apporte aux combattants une force supplémentaire face à l'ennemi. Continue d'avoir une attitude aimable envers eux afin qu'ils se sentent toujours attachés à toi. La réalité est que le vrai bonheur d'un gouverneur réside dans l'établissement de la justice dans l'État et le. maintien des relations affectueuses avec les gens. La sincérité de leurs sentiments est exprimée par l'amour et le respect qu'ils te montrent, et c'est de ces sentiments que dépend le salut de l'administration.

Tes conseils pour l'armée seraient sans effet, à moins que et jusqu'à ce que tu te montres affectueux aussi bien envers les soldats qu'envers les officiers, ce qui les empêcherait de considérer le gouvernement comme un fardeau oppressif ou de contribuer à sa chute.

Continue de satisfaire leurs besoins et complimente-les de plus en plus pour les services qu'ils ont rendus. Une telle attitude, s'il plaît à Allah, encourage les braves et incite les timides aux actes de bravoure. N'attribue pas à un autre l'erreur de quelqu'un, et ne sois pas avare de compliments pour les prouesses accomplies. Veille à ne pas accorder de faveurs imméritées à quelqu'un en raison de sa position familiale et à ne pas priver de récompense quelqu'un qui accomplit des exploits, mais qui appartient à une famille modeste. 

La vraie guidance

Renvoie devant Allah et devant Son Prophète les affaires qui te paraissent équivoques, car Allah a dit aux gens qu'Il veut bien diriger : "O vous qui croyez ! Obéissez à Allah, Obéissez à Son Prophète et obéissez à ceux parmi vous qui détiennent l'autorité. Portez vos différends devant Allah et devant Son Prophète. " (Sourate en-Nisâ', 4: 59). Se référer à Allah signifie en réalité consulter le Livre d'Allah, et se référer au Prophète, c'est suivre ses traditions universellement admises. 

Le juge principal

Choisis comme juge, parmi tes sujets, quelqu'un qui est de loin le meilleur d'entre eux, qui n'est pas obsédé par ses problèmes familiaux, qui ne cède pas à l'intimidation, qui ne se trompe pas souvent, qui ne dévie pas du droit chemin une fois qu'il y est engagé, qui n'est ni égocentrique, ni avare, qui ne décide pas avant d'avoir connu pleinement les faits qui pèse le moindre doute soigneusement et qui prononce un verdict clair après avoir pris en considération tous les détails de l'affaire, qui ne refuse pas d'écouter les arguments des avocats, qui examine avec patience tout nouvel exposé des faits, qui reste strictement impartial dans sa décision, qui ne se laisse pas étourdir par la flatterie... Mais il n'est pas aisé de trouver un tel homme.

Une fois que tu auras choisi un homme droit pour cette fonction, rétribue-le généreusement, de telle sorte qu'il ait tout ce qui lui est nécessaire et qu'il soit à l'abri des tentations. Réserve-lui auprès de toi une position si haute que personne n'ose la convoiter, et si élevée qu'aucune médisance ni aucune intrigue ne puissent l'atteindre. 

La judicature subalterne

Sois prudent ! Le plus grand soin doit être pris dans le choix du Juge Principal, car c'est une haute fonction que les égoïstes aventureux aspirent à soumettre à leurs intérêts personnels. Après la désignation du Juge Principal, fais attention au choix d'autres fonctionnaires. Nomme-les après les avoir mis à l'épreuve. Ni les relations personnelles ni l'influence ne doivent intervenir dans ton choix de fonctionnaires devant occuper des postes de responsabilité, autrement cela pourrait conduire à l'injustice et à la corruption.

Parmi ces fonctionnaires, choisis pour les hautes fonctions des hommes d'expérience ayant une foi ferme et appartenant à de bonnes familles. De tels hommes ne tomberont pas facilement en proie à la tentation et ils s'acquitteront de leurs devoirs en proie au bon service des autres. Augmente leurs traitements afin qu'ils mènent une vie satisfaisante, laquelle aide à se purifier. Ce faisant, ils n'éprouveront pas le besoin de couvrir leurs propres dépenses. Et puis, ils n'auront plus aucune excuse d'aller à l'encontre de tes instructions ou de détourner les Fonds de l'État. Surveille-les à leur insu. Il est possible qu'ils développent en eux une véritable honnêteté et un réel intérêt pour le bien public. Mais si l'un d'entre eux est accusé de malhonnêteté et que sa culpabilité soit établie par les rapports de ton service de renseignements, alors, considère ceci comme une charge suffisante pour le déclarer coupable. Que le châtiment qu'on lui infligera soit corporel et appliqué publiquement dans un lieu fixé d'opprobre. 

Les revenus de l'administration

Qu'on prenne grand soin des revenus de l'administration afin d'assurer la prospérité de ceux qui paient des impôts à l'État, car c'est de leur prospérité que dépend la prospérité des autres, et notamment celle des masses. En effet, l'État se nourrit de ces revenus. Tu dois considérer l'entretien des terres cultivées comme plus important que la perception de revenus, car les revenus ne peuvent affluer qu'en rendant la terre productive. Celui qui demande des revenus aux cultivateurs sans les aider à améliorer leur terre, leur inflige une difficulté imméritée et ruine l'État. Le gouvernement d'une telle personne ne vivra pas longtemps. Si les cultivateurs demandent la réduction de leurs impôts sur la terre après avoir souffert d'une épidémie, d'une sècheresse, d'un excès de pluie, de stérilisation du sol, d'inondation qui leur cause un dommage corporel, réduis alors convenablement les impôts afin que leur condition s'améliore. Peu importe ici la perte de revenus; elle sera un jour compensée par les efforts en vue de mettre en valeur ton pays et d'embellir la province que tu gouvernes.

Tu feras l'objet de louanges unanimes. Les gens croiront en ton sens de la justice. La confiance qu'ils placeront en toi par conséquent, consolidera ta force, car ils seront prêts à partager tes fardeaux.

Tu pourrais établir n'importe quel nombre de personnes sur la terre; mais si la terre n'est pas améliorée, ils seront mécontents. La cause de la ruine des cultivateurs est le gouverneur qui a un penchant fébrile à accumuler la richesse à tout prix, de crainte que son gouvernement ne dure pas longtemps. Tel est le sort des gens qui n'apprennent pas des exemples ou des précédents. 

L'établissement administratif

Continue à t'occuper de ton administration et de tes scribes. Choisis les meilleurs d'entre eux pour tes correspondances confidentielles. Ils doivent être tout à fait dignes de ta confiance, de haute moralité, à l'abri de tout risque d'exploiter leur position privilégiée contre toi, de négliger leurs devoirs, ou de succomber à la tentation et de porter préjudice à tes intérêts ou de te nuire lors de la rédaction des traités. Ils doivent, non seulement apporter l'assistance appropriée, mais également éloigner de toi toutes difficultés. II faut que ce soit des personnes qui, en s'acquittant de leurs devoirs, aient conscience de l'importance de leurs responsabilités, car quelqu'un qui n'est pas conscient de ses propres responsabilités pourra difficilement évaluer celles des autres. Ne les choisis pas uniquement sur la base de la première impression qu'ils te font ou de l'affection que tu as pour eux ou de la confiance qu'ils t'inspirent, car en fait, les fausses prétentions de beaucoup de gens vraiment dénués de toute honnêteté et de toutes bonnes manières peuvent tromper même l'intelligence de gouvernants. Choisis-les plutôt parmi le petit peuple et que ton choix tombe surtout sur ceux qui exercent une certaine influence sur les gens et qui jouissent d'une bonne réputation d'honnêteté; un tel choix aura l'avantage d'être agréable et pour Allah et pour le gouvernement. Que le directeur de chaque administration soit quelqu'un qu'aucune tâche pénible ne rebute et qu'aucune charge de travail ne contrarie.

 Et sache bien que les défauts que tes secrétaires ou ton établissement  commettrons  seront attribués à toi-même. 

Le commerce et l'industrie

Tu dois accepter tous les projets utiles que les commerçants et les artisans te proposent, les aider ensuite avec tes suggestions. Une partie d'entre eux vivent dans les villes et d'autres se déplacent d'un lieu à un autre avec leurs marchandises et instruments de travail, et gagnent leur vie en effectuant des travaux manuels. Ils constituent la véritable source de revenu national tiré du commerce et de l'industrie.

Alors que le grand public n'est pas incliné à se donner la peine de se déplacer, ceux qui exercent ces professions se dérangent pour apporter les marchandises des endroits proches et lointains, de la terre, de la mer, des montagnes et des forêts, et en tirent naturellement des bénéfices.

Il n'y a rien à craindre de cette classe de gens paisibles. Ils aspirent à la paix et à l'ordre, et sont incapables vraiment de créer des troubles.

Rends-toi dans toutes les régions du pays, établis des contacts personnels avec cette classe de citoyens et enquiers-toi de leurs conditions de vie. Mais, tu dois savoir cependant qu'un bon nombre d'entre eux sont excessivement avides et impitoyables en affaires. Ils accaparent les gains et essaient de vendre leurs marchandises à des prix excessifs, ce qui cause le plus grand préjudice au public. Il serait honteux pour un gouvernant de ne pas combattre ce mal. Mets-les en garde contre la spéculation, car le Prophète d'Allah l'a prohibé. Prends soin que la vente et l'achat se déroulent sans difficulté, que les balances soient justes et que les prix ne lèsent ni le vendeur ni l'acheteur. Et si malgré ta mise en garde quelqu'un enfreint tes ordres et se rend coupable d'accaparement, inflige-lui alors un sévère châtiment. 

Les pauvres

Attention ! Crains Allah lorsque tu traites les problèmes des pauvres qui sont sans protecteurs, délaissés, indigents, sans secours et victimes des vicissitudes du temps. On trouve dans cette catégorie des gens qui n'osent pas demander leur part dans la vie, et qui malgré leur misère ne vont pas à la recherche des aumônes. Défends donc leurs droits pour l'amour d'Allah, car c'est à toi qu'incombe la responsabilité de leur protection. Alloue-leur une part du Trésor public, où qu'ils se trouvent, et qu'ils soient près ou loin de toi. Les droits de ces deux catégories de gens doivent être égaux à tes yeux. Si préoccupé que tu puisses être ne les perds pas de vue, car Allah n'acceptera aucune négligence de leurs droits. Ne traite pas leurs intérêts comme s'ils étaient moins importants que les tiens propres, ne les laisse jamais en dehors des limites de tes préoccupations importantes, désapprouve ceux qui les regardent de haut, et enquiers-toi de leur condition.

Affecte à leurs affaires des personnes intègres, pieuses et soucieuses de te mettre au courant de la condition des pauvres.

Pourvois aux besoins de ces pauvres de sorte que tu n'aies pas à t'excuser devant Allah le Jour du Jugement, car c'est cette catégorie de gens qui mérite d'être traitée avec la plus grande bienveillance. Assure-toi la récompense d'Allah en accordant à chacun d'eux son dû et impose-toi la tâche sacrée de subvenir aux besoins des plus âgés d'entre eux, car ils n'ont pas de moyens d'existence indépendants et ils répugnent à demander l'aumône. C'est là un devoir pénible pour les gouvernants, mais très bienvenu pour les sociétés qui sont douées de prévoyance. Ce sont d'ailleurs seulement de telles sociétés qui accomplissent avec un esprit tranquille leur promesse faite à Allah de s'acquitter de leur devoir envers les pauvres. 

Des audiences publiques

Rencontre périodiquement les opprimés et les gens de modeste condition en audiences publiques, et étant conscient de la présence d'Allah, parle avec eux à cœur ouvert et ne laisse à côté de`toi aucun membre de tes gardes armés, civils ou militaires, ni aucun agent du service des renseignements, dont la présence pourrait décourager les représentants des pauvres de parler sans crainte et sans réserve. En effet, j'ai entendu le Prophète d'Allah dire qu'aucune nation ou société dans laquelle les forts ne s'acquittent pas de leurs devoirs envers les pauvres, n'occupera une haute position. Supporte avec sang froid tout langage dur qu'ils emploieraient et ne te montre pas irrité s'ils ne parvenaient pas à exposer clairement leur situation. De la sorte, Allah ouvrira devant toi la porte des bénédictions et des récompenses. Si tu peux leur donner quelque chose, fais-le de bonne grâce, et si tu n'es pas à même de le faire, explique-leur ta position lucidement.

Il y a des situations qui appellent une action directe. Accepte les recommandations de tes administrateurs concernant la réparation des griefs de tes secrétaires. Assure-toi que les réclamations et les requêtes qui te sont adressées, te sont remises le jour même, et ce, même si tes administrateurs essaient de les intercepter. Accomplis le travail de chaque jour, le jour même, car le jour suivant apportera ses propres affaires. 

Communion avec Allah

Consacre la meilleure part de ton temps pour entrer en communion avec Allah, bien que chaque moment de ton temps soit seulement pour Allah, si tu le passes sincèrement à servir ton peuple. Il faut que l'obligation que tu dois directement à Allah soit incluse dans les cinq temps de prières prescrits par la religion. Consacre-toi jour et nuit aux prières. Que tes prières soient aussi parfaites et aussi exemptes de défauts que possible, et ne te laisse pas tracasser par un quelconque malaise physique.

Lorsque tu diriges une prière en assemblée, n'ennuie pas les gens par une prolongation non nécessaire de la prière, car il se peut qu'une telle prolongation leur cause des inconvénients et les indispose, ce qui fait perdre son effet, car, il y a dans la prière en assemblée des gens qui sont malades ou qui ont des obligations importantes à accomplir. En effet, un jour, lorsque j'ai reçu l'ordre de me rendre au Yémen, j'ai demandé au Messager d'Allah comment je devais diriger la prière en assemblée là-bas. Il m'a dit : "Accomplis tes prières comme le ferait le plus faible parmi les priants, et donne ainsi l'exemple de respect d'autrui aux croyants.

Désintéressement déconseillé

Concernant l'observance de tout ce que j'ai dit, retiens une chose : Ne te tiens jamais, même pour un temps minime, à l'écart des gens, car s'écarter des gens, c'est ignorer leurs affaires, c'est développer chez le gouvernant une fausse perspective et le rendre incapable de distinguer ce qui est important de ce qui ne l'est pas, ce qui est correct de ce qui est erroné, le vrai du faux. Après tout, le gouverneur est un homme, et il ne peut se faire une vision correcte de ce qui est hors de la vue.

La vérité n'a pas de signe distinctif nous permettant de distinguer les différentes variétés de vérités et d'erreurs. En fait tu dois être l'une de ces deux choses: ou bien tu es juste, ou bien tu es injuste. Si tu es juste, dans ce cas tu ne te tiendras pas à l'écart des gens; au contraire, tu les écouteras et tu satisferas leurs exigences.

Dans le cas opposé où tu serais injuste, les gens eux-mêmes se tiendront à l'écart de toi. En tout cas, le désintéressement dans ce sens est déconseillé, surtout lorsqu'il est de ton devoir de t'occuper des besoins des gens. Les plaintes d'oppression présentées contre tes administrateurs et les réclamations pour demander justice, ne doivent pas t'indisposer.

Sois certain qu'il y a dans ton entourage immédiat des gens qui exploitèrent leur position pour s'approprier ce qui appartient à autrui et commettre des injustices. Enraie chez eux cette tendance et fixe-toi comme règle de conduite de ne jamais rien accorder, pas même un petit morceau de terrain, à l'un de tes proches. De cette façon, ils seront prévenus contre toute velléité de porter préjudice aux intérêts des autres, et tu éviteras en même temps d'être l'objet du mécontentement et des hommes et d'Allah.

Rends justice loyalement et sans te soucier du fait que l'intéressé soit un de tes proches ou non. Si l'un de tes proches ou de tes compagnons viole la loi, prononce contre lui le châtiment prescrit par la loi, même si cela t'est très pénible personnellement. Ce faisant, tu auras agi pour le bien de l'État. Si jamais les gens te soupçonnent d'être injuste envers eux sur n'importe quel plan, divulgue-leur le fond de ta pensée, et disculpe-toi de la sorte. De cette façon, ton esprit sera en harmonie avec le sens de la justice, et les gens se mettront à t'aimer. Cela exaucera ton désir de jouir de leur confiance. 

La paix et les traités

Ne repousse pas l'effort de paix que tes ennemis déploieraient eux-mêmes. Accepte-le, cela plaira à Allah. La paix est la source du repos de l'armée. Elle réduit tes ennuis et fait régner l'ordre et la stabilité dans le pays. Attention! Sois sur tes gardes lorsque tu signes un traité de paix, car certains ennemis ne te proposent un accord de paix que pour te rassurer afin de t'attaquer à l'improviste. C'est pourquoi, tu dois faire preuve d'une grande vigilance et ignorer leurs protestations de bonne foi. Mais une fois que tu auras accepté les termes d'un traité de paix, tu devras les observer scrupuleusement. C'est un dépôt qui doit être sincèrement respecté, et chaque fois que tu auras fait une promesse, tiens-la de toutes tes forces, car quelle que soit la différence d'opinion sur d'autres questions, rien n'est aussi noble que l'accomplissement d'une promesse. Cela est reconnu même par les non-Musulmans, car ils savent les conséquences désastreuses de la dénonciation des traités. Ne trahis donc pas ton alliance, ne romps pas ton pacte et ne trompe pas ton ennemi, car ne pas respecter une promesse, c'est une action contre Allah, et seul un insensé agit contre Allah.

En fait, la Promesse Divine est une bénédiction couvrant toute l'humanité. La Promesse d'Allah est un refuge recherché même par les hommes les plus puissants de la terre, car on n'y risque pas d'être trompé. Donc ne fais pas une promesse que tu ne pourrais pas tenir, et n'attaque pas ton ennemi sans lui avoir adressé un ultimatum, car seul un ignorant insensé oserait défier Allah qui, par Sa Miséricorde infinie, a fait des traités et des pactes les instruments les plus inviolables pour Ses serviteurs. En fait la paix qu'ils assurent est un refuge à l'abri duquel tout le monde cherche asile, et au voisinage duquel tout le monde s'empresse de séjourner. Le traité doit donc être dépourvu de toute fraude, de toute duplicité et de toute tromperie.

Ne conclus jamais un pacte qui prête à diverses interprétations, mais une fois que le pacte est conclu, n'en exploite pas l'équivoque, si équivoque il y a, ni n'annule un traité conclu au nom d'Allah, même s'il te cause quelques difficultés. Comme la vie de l 'Au-delà nous réserve des récompenses, il vaut mieux faire face aux difficultés que violer le traité et avoir à craindre les conséquences d'un tel acte le Jour du Jugement.

Attention ! Abstiens-toi de répandre le sang sans une raison valable, car cela suscite la colère du Tout-Puissant, expose le serviteur à Son châtiment le plus sévère, le prive de Ses bénédictions, raccourcit la vie, et le Jour du Jugement, c'est de ces crimes qu'il aura à répondre en premier lieu. Fais attention donc! N'aspire pas à fonder la puissance de ton État sur le sang, car ce sang finira par affaiblir l'État et le faire passer à d'autres. L'homicide volontaire ne saurait être excusé ni par moi ni par Allah.

Le meurtre est un crime passible de la peine de mort. Si pour une raison ou une autre un châtiment corporel prononcé par l'État entraîne la mort du coupable dont le crime n'est pas passible de la peine de mort, répare l'erreur et n'expose pas le prestige de l'État à la réclamation du prix du sang que feraient les parents du défunt. 

Les dernières instructions

Évite de t'admirer, de te louer et d'encourager les autres à t'adresser des louanges excessives, car la ruse sur laquelle compte le plus Satan pour empêcher les bonnes actions des hommes pieux est la louange et la flatterie.

Ne surestime pas et ne parle pas trop des faveurs que tu aurais accordées aux gens. Trahir la promesse, c'est déplaire et à Allah et à l'homme. Allah, qu'IL soit Exalté, a dit dans le Saint Coran : "Dire ce que vous ne faites pas est l'acte le plus haïssable auprès d'Allah" (Sourate eç-Çaff, 61:3)

Ne te hâte pas de faire quelque chose avant le moment opportun, ni ne l'ajourne lorsque le moment juste de le faire arrive. Ne t'entête pas dans l'erreur et ne néglige pas la rectification d'une faute. Accomplis chaque chose en son temps et laisse chaque chose occuper sa propre place. Lorsque les gens s'accordent unanimement sur quelque chose, ne leur impose pas ton propre point de vue, ni ne néglige d'assumer la responsabilité qui t'incombe en conséquence. Car les yeux du peuple seront fixés sur toi et tu auras à répondre de tout ce que tu leur auras fait. Le moindre manquement au devoir apportera son propre châtiment. Contrôle ta colère et retiens tes mains et ta langue. Le meilleur moyen de contenir ta rage est de différer le châtiment (que tu comptes infliger à quelqu'un) jusqu'à ce que tu sois calmé et revenu à toi-même. Tu ne parviendras à avoir la maîtrise de toi-même qu'en te rappelant que tu finiras par retourner à ton Seigneur.

Il est impératif que tu étudies soigneusement les préceptes qui ont inspiré les bons et justes gouvernants, qui t'ont précédés. Garde bien à l'esprit l'exemple de notre Prophète, ses Hadith et les commandements du Saint Coran, ainsi que tout ce que tu as appris de ma propre façon de traiter les choses. Fais de ton mieux pour exécuter les instructions que je t'ai données ici et que tu t'es engagé solennellement à suivre. Par cet ordre, je t'enjoins de ne pas succomber aux suggestions de ton propre cœur, ni de manquer de t'acquitter des devoirs qui te sont confiés.

Je me réfugie auprès du Tout-Puissant et dans Sa sphère illimitée de bénédiction, et je t'invite à prier avec moi pour qu'Il nous accorde, à tous deux, la grâce de céder volontairement notre volonté à Sa Volonté et de nous rendre capables de nous bien acquitter de notre devoir envers Lui et envers Sa création, afin que l'humanité chérisse notre mémoire et que notre action survive. J'implore Allah de me combler de Ses bénédictions et je Le prie pour qu'Il nous assure, à toi et à moi, Sa grâce et l'honneur de tomber en martyrs pour Sa cause. En effet, nous retournerons à Lui. Que les bénédictions d'Allah couvrent Son Prophète et Sa sainte progéniture. » 

(ce document traduit et conservé dans les archives de l'ONU est considéré comme le document le plus important et le plus honorable dans notre histoire contemporaine )

 



Notes: 

Malik al ashtar → http://en.wikipedia.org/wiki/Malik_al-Ashtar

 



  ثمّ اعلم يا مالك ! إنّي قد وجهتك إلى بلاد قد جرت عليها دول قبلك من عدل وجور ، وأن الناس ينظرون من أمورك في مثل ما كنت تنظر فيه من أمور الولاة قبلك ، ويقولون فيك ما كنت تقول فيهم ، وإنّما يستدل على الصالحين بما يجري الله لهم على ألســن عباده ، فليكن أحب الذخائر إليك ذخيرة العمل الصالح ، فاملك هواك ، وشح بنفسك عمّا لا يحل لك ، فإنّ الشح بالنفس الإنصاف منها فيما أحبت أو كرهت . وأشعر قلبك الرحمة للرعية ، والمحبّة لهم ، واللطف بهم ، ولا تكونن عليهم سبعاً ضارياً تغتنم أكلهم ، فإنّهم صنفان : إمّا أخ لك في الدين ، أو نظير لك في الخلق ، يفرط منهم الزلل ، وتعرض لهم العلل ، ويؤتى على أيديهم في العمد والخطأ ، فأعطهم من عفوك وصفحك مثل الذي تحب وترضى أن يعطيك الله من عفوه وصفحه ، فإنّك فوقهم ، ووالي الأمر عليك فوقك ، والله فوق من ولاك ! وقد استكفاك أمرهم ، وابتلاك بهم . 
ولا تنصبن نفسك لحرب الله ، فإنّه لا يد لك بنقمته ، ولا غنى بك عن عفوه ورحمته ، ولا تندمن على عفو ، ولا تبجحن بعقوبة ، ولا تسرعن إلى بادرة وجدت منها مندوحة ، ولا تقولن : إنّي مؤمر آمر فأطاع ، فإنّ ذلك أدغال في القلب ، ومنهكة للدين ، وتقرّب من‏ الغير ، وإذا أحدث لك ما أنت فيه من سلطانك أبهة أو مخيلة ، فانظر إلى عظم ملك الله فوقك ، وقدرته منك على ما لا تقدر عليه من نفسك ، فإنّ ذلك يطامن إليك من طماحك ، ويكف عنك من غربك ، ويفي‏ء إليك بما عزب عنك من عقلك . إيّاك ومساماة الله في عظمته ، والتشــبه به في جبروته ، فإنّ الله يذل كل جبّار ، ويهين كل مختال . 
أنصف الله وأنصف الناس من نفسك ، ومن خاصّة أهلك ، ومن لك فيه هوى من رعيتك ، فإنّك إلا تفعل تظلم ! ومن ظلم عباد الله كان الله خصمه دون عباده ، ومن خاصمه الله أدحض حجّته ، وكان لله حرباً حتّى ينزع أو يتوب . 
وليس شيء أدعى إلى تغيير نعمة الله وتعجيل نقمته من إقامة على ظلم ، فإنّ الله سميع دعوة المضطهدين ، وهو للظالمين بالمرصاد . 
وليكن أحب الأمور إليك أوسطها في الحق ، وأعمها في العدل ، 

وأجمعهــا لرضا الرعية ، فإنّ سخط العامّة يجحف برضا الخاصّة ، وإنّ سخط الخاصّة يغتفر مع رضا العامّة . 
وليس أحد من الرعية أثقل على الوالي مؤونة في الرخاء ، وأقل معونة له في البلاء ، وأكره للإنصاف ، وأسأل بالإلحاف ، وأقل شكراً عند الإعطاء ، وأبطأ عذراً عند المنع ، وأضعف صبراً عند ملمات الدهر من أهل الخاصّة . وإنّما عماد الدين ، وجماع المسلمين ، والعدّة للأعداء ، العامّة من الأمّة ، فليكن صغوك لهم ، وميلك معهم . وليكن أبعد رعيتك منك ، وأشنأهم عندك ، أطلبهم لمعائب الناس ، فإنّ في الناس عيوباً ، الوالي أحق من سترها ، فلا تكشفن عمّا غاب عنك منها ، فإنّما عليك تطهير ما ظهر لك ، والله يحكم على ما غاب عنك ، فاستر العورة ما استطعت يستر الله منك ما تحب ستره من رعيتك . 
أطلق عن الناس عقدة كل حقد ، واقطع عنك سبب كل وتر ، وتغاب عن كل ما لا يضح لك ، ولا تعجلن إلى تصديق ساع ، فإنّ الساعي غاش ، وإن تشبه بالناصحين ، ولا تدخلن في مشورتك بخيلاً يعدل بك عن الفضل ، ويعدك الفقر ، ولا جباناً يضعفك عن الأمور ، ولا حريصاً يزين لك الشره بالجور ، فإنّ البخل والجبن والحرص غرائز شتّى يجمعها سوء الظن بالله . 
إنّ شر وزرائك من كان للأشرار قبلك وزيراً ، ومن شركهم في الآثام ، فلا يكونن لك بطانة ، فإنّهم أعوان الأثمة ، وإخوان الظلمة ، وأنت واجد منهم خير الخلف ممن له مثل آرائهم ونفاذهم ، وليس عليه مثل آصارهم وأوزارهم وآثامهم ، ممّن لم يعاون ظالماً على ظلمه ، ولا آثماً على إثمه ، أولئك أخف عليك مؤونة ، وأحسن لك معونة ، وأحنى عليك عطفاً ، وأقل لغيرك إلفاً ، فاتخذ أولئك خاصّة لخلواتك وحفلاتك ، ثمّ ليكن آثرهم عندك أقولهم بمر الحق لك ، وأقلّهم مساعدة فيما يكون منك ممّا كره الله لأوليائه ، واقعاً ذلك من هواك حيث وقع . 
والصق بأهل الورع والصدق ، ثمّ رضهم على ألا يطروك ولا يبجحوك بباطل لم تفعله ، فإنّ كثرة الإطراء تحدث الزهو ، وتدني من العزة . 
ولا يكونن المحسن والمسي‏ء عندك بمنزلة سواء ، فإنّ في ذلك تزهيداً لأهل الإحسان في الإحسان ، وتدريباً لأهل الإساءة على الإساءة ! وألزم كلاّ منهم ما ألزم نفسه . 
واعلم أنّه ليس شيء بأدعى إلى حسن ظن راع برعيته من إحسانه إليهم ، وتخفيفه المؤونات عليهم ، وترك استكراهه إيّاهم على ما ليس له قبله.
فليكن منك في ذلك أمر يجتمع لك به حسن الظن برعيتك ، فإنّ حسن الظن يقطع عنك نصباً طويلاً ، وإن أحق من حسن ظنّك به لمن حسن بلاؤك عنده ، وإن أحق من ساء ظنّك به لمن ساء بلاؤك عنده . 
ولا تنقض سنّة صالحة عمل بها صدور هذه الأمّة ، واجتمعت بها الألفة ، وصلحت عليها الرعية ، ولا تحدثن سنّة تضر بشيء من ماضي تلك السنن ، فيكون الأجر لمن سنّها ، والوزر عليك بما نقضت منها . 
وأكثر مدارسة العلماء ، ومناقشة الحكماء ، في تثبيت ما صلح عليه أمر بلادك ، وإقامة ما استقام به الناس قبلك . 
واعلم أنّ الرعية طبقات ، لا يصلح بعضها إلاّ ببعض ، ولا غنى ببعضها عن بعض : فمنها جنود الله ، ومنها كتاب العامّة والخاصّة ، ومنها قضاة العدل ، ومنها عمّال الإنصاف والرفق ، ومنها أهل الجزية والخراج من أهل الذمّة ومسلمة الناس ، ومنها التجّار وأهل الصناعات ، ومنها الطبقة السفلى من ذوي الحاجة والمسكنة ، وكل قد سمى الله له سهمه ، ووضع على حدّه فريضة في كتابه أو سنّة نبيه ( صلى الله عليه و آله ) عهداً منه عندنا محفوظاً . 
فالجنود ، بإذن الله ، حصون الرعية ، وزين الولاة ، وعز الدين ، وسبل الأمن ، وليس تقوم الرعية إلاّ بهم ، ثم لا قوام للجنود إلاّ بما يخرج الله لهم من الخراج الذي يقوون به على جهاد عدّوهم ، ويعتمدون عليه فيما يصلحهم ، ويكون من وراء حاجتهم . 
ثمّ لا قوام لهذين الصنفين إلاّ بالصنف الثالث من القضاة والعمّال والكتّاب ، لما يحكمون من المعاقد ، ويجمعون من المنافع ، ويؤتمنون عليه من خواص الأمور وعوامها . 
ولا قوام لهم جميعاً إلاّ بالتجّار وذوي الصناعات ، فيما يجتمعون عليه من مرافقهم ، ويقيمونه من أسواقهم ، ويكفونهم من الترفق بأيديهم ما لا يبلغه رفق غيرهم . 
ثمّ الطبقة السفلى من أهل الحاجة والمسكنة الذين يحق رفدهم ومعونتهم ، وفي الله لكل سعة ، ولكل على الوالي حق بقدر ما يصلحه ، وليس يخرج الوالي من حقيقة ما ألزمه الله من ذلك إلاّ بالاهتمام والاستعانة بالله ، وتوطين نفسه على لزوم الحق ، والصبر عليه فيما خف عليه أو ثقل ، فوّل من جنودك أنصحهم في نفسك لله ولرسوله ولإمامك ، وأنقاهم جيباً ، وأفضلهم ‏حلماً ، ممّن يبطئ عن الغضب ، ويســتريح إلى العذر ، ويرأف بالضعفاء ، وينبو على الأقوياء ، وممّن لا يثيره العنف ، ولا يقعد به الضعف . ثمّ الصق بذوي المروءات والأحساب ، وأهل البيوتات الصالحة ، والســـوابق الحسنة ، ثمّ أهل النجدة والشجاعة ، والسخاء والسماحة ، فإنّهم جماع من الكرم ، وشعب من العرف . 
ثمّ تفقّد من أمورهم ما يتفقّد الوالدان من ولدهما ، ولا يتفاقمن في نفسك شي‏ء قويتهم به ، ولا تحقرن لطفاً تعاهدتهم به وإن قل ، فإنّه داعية لهم إلى بذل النصيحة لك ، وحسن الظن بك ، ولا تدع تفقد لطيف أمورهم اتكالاً على جسيمها ، فإنّ لليسير من لطفك موضعاً ينتفعون به ، وللجسيم موقعاً لا يستغنون عنه . وليكن آثر رؤوس جندك من واساهم في معونته ، وأفضل عليهم من جدته ، بما يسعهم ويسع من وراءهم من خلوف أهليهم ، حتّى يكون همّهم همّاً واحداً في جهاد العدو ، فإنّ عطفك عليهم يعطف قلوبهم عليك ، وإن أفضل قرة عين الولاة استقامة العدل في البلاد ، وظهور مودّة الرعية . 
وإنّه لا تظهر مودّتهم إلاّ بسلامة صدورهم ، ولا تصح نصيحتهم إلاّ بحيطتهم على ولاة الأمور ، وقلّة استثقال دولهم ، وترك استبطاء انقطاع مدّتهم ، فافسح في آمالهم ، وواصل في حسن الثناء عليهم ، وتعديد ما أبلى ذوو البلاء منهم ، فإنّ كثرة الذكر لحسن أفعالهم تهز الشجاع ، وتحرض الناكل ، إن شاء الله ... ، مع حسن الثناء في العباد ، وجميل الأثر في البلاد ، وتمــام النعمة ، وتضعيف الكرامـــة ، وأن يختم لي ولك بالسعادة والشــهادة ، ( إنــا إليه راجعون ) ، والسلام على رسول الله صلى الله عليه وآله الطيبين الطاهرين ، وسلّم تسليماً كثيراً ، والسلام ) .
(( مع العلم بأن هذه الوثيقة مترجمة في أرشيف الأمم المتحدة وتعتبر من أهم الوثائق وأشرفها في تاريخنا المعاصر ))


 


Sourate Al Mulk par Al Afasy sous tritrée en... par LIFE-ISLAM

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 15:26

 

عليك بتقوى الله إن كنت غافلا   
Remets-toi à craindre Allah, si tu as été inconscient

 

يأتيك بالأرزاق من حيث لا تدري   
Il te pourvoira ta subsistance d’où tu ne t’y attends pas

 

فكيف تخاف الفقر والله رازق
Mais comment pourrais tu craindre la pauvreté, alors qu’Il est le Pourvoyeur !

 

فقد رزق الطير والحوت في البحر   
Alors qu’il a certes nourrit l’oiseau et le poisson dans l’océan

 

ومن ظن أن الرزق يأتي بقوة
Si la nourriture s’obtenait par la force uniquement

 

ما أكل العصفور شيئاً مع النسر 
L’oisillon ne pourrait manger prés du vautour un instant

 

تزول عن الدنيا فإنك لا تدري 
Tu quittes déjà ce bas monde sans que tu en sois conscient

 

إذا جن عليك الليل هل تعيش إلى الفجر 
Si la nuit te couvre, seras-tu encore au jour montant ?

 

فكم من صحيح مات من غير علة 
D’ailleurs combien de bien-portants sont morts sans mal apparent

 

وكم من سقيم عاش حيناً من الدهر 
Combien de malades, un moment d’éternité, survécurent pourtant

 

وكم من فتى أمسى وأصبح ضاحكا
Combien de jeunes se sont couchés puis réveillés souriants

 

وأكفانه في الغيب تنسج وهو لا يدري 
Et dans l’invisible, à leur insu, leur linceul se tissant

 

فمن عاش ألفاً وألفين
Quand bien même un homme vivrait mille et plus de deux milles ans


 

فلابد من يوم يسير إلى القبر
Un jour ou l’autre, vers la tombe, il ira inéluctablement…

 

 

http://havredesavoir.fr/ 


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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 10:57

suite de la première partie 

En plus des outils classiques de l'ijtihâd qui sont communs entre les quatre écoles sunnites tels l'analogie (qiyâs) ou le consensus (Ijmâ'), on cite ici quelques outils qui caractérisent spécifiquement l'école malikite: 


'Amal ahl al madîna:

L’école malikite met l’accent sur l’avis des compagnons du Prophète et sur la pratique des médinois (‘amal ahl al madîna), ces derniers étant les descendants des compagnons du prophète. Voir ici les détails sur la notion des pratiques des médinois 

La particularité du fiqh de l'imam Malik est qu'il considère l'opinion des savants de Médine comme l’une des sources de droit et le consensus de ces savants comme étant source de droit avant toute autre opinion. 

La philosophie de Malik est la suivante: Médine est la ville qui a accueilli le Prophète - que la Bénédiction et la Paix soient sur lui -, où les Compagnons les plus proches du Prophète ont vécu (Umar, Ali, Uthman, Talha, Zubayr, Sa'd, Zayd ibn Thabit, etc.) et où les sectes sont apparues en dernier. 

Pour l'imam Malik, il est donc impossible que le consensus des gens de Médine qui provient de l'enseignement des Compagnons soit source d'erreur, puisque jadis les habitants de Médine ont pratiqué l'Islam de la manière la plus pure et la plus conforme à la source. 

D'ôù la parole de Malik: « je préfére la transmission de milliers par d'autres milliers que d'une seule personne par une autre.» Il veut dire par là que la Pratique des Gens de Médine est une transmission 'mutawâtir' (d'un nombre très important de personnes fiables) et est donc supérieure à un hadith transmis seulement par une personne (fiable) à une autre (fiable) (hadith ahad). 
L’école malikite donne aussi une place importante aux coutumes de la société s’ils ne contredisent pas la loi divine. 

Al-masâlih al mursala:الاستصلاح و المصالح المرسلة

L’établissement des normes juridiques à partir de l'intérêt général de la société, appelé al masâlih al mursala est valorisé dans l'école de Mâlik. 
Le principe de al-masalih al-mursala correspond à tous les bénéfices non liés à un texte du Coran ou une sunnah précise. 
الاستصلاح عبارة عن تشريع حكم في واقعة لا نصّ فيها ولا إجماع، بناء على مراعاة مصلحة مرسلة مطلقة  
La notion de masalih al mursala est souvent très proche de celle d'al-istihsan. L'imam Shatibi écrit que la différence réside dans la nature de la règle, al-istihsan est une dérogation à une règle établie alors qu'al-masalih al-mursala n'est pas conditionné. 

Exemples : 
Les Compagnons – que Dieu les agrée – ont compilé le Coran sous la forme de Livre, puis les générations suivantes ont rajouté la vocalisation, les sommaires, index, découpages en parties etc. parce qu'il y avait un intérêt à le faire; comme pour les minarets, les écoles… qui n'existaient pas à l'époque du Prophète – que la Bénédiction et la Paix soient sur lui -. 

Dans les cas douteux où aucune solution claire ne saurait être tirée des sources (Coran et Sunna), le juge doit prendre sa décision tenant compte du plus grand bien public plutôt que de son opinion personnelle. 

Al-istihsan :

Ibn al-Qâçim rapporte que l'imam Malik avait l'habitude de dire que la connaissance d'al-istihsan constituait 9/10ème de la connaissance. 

Al-istihsan peut être traduit par “choix preferential” ou “préférence juridique”. 
Ce principe est utilisé comme une exception à une règle de manière temporaire ou particulière quand un bénéfice est recherché (ou pour éviter une nuisance). 

Il existe deux types d'al-istihsan : 

-Al istihsan basé sur une analogie : 

L'imam Shatibi écrit: « Al-istihsan est utilisé lorsqu'il est nécessaire de préférer une déduction renforcée à l'analogie. Celui qui utilise al-ishtisan ne se réfère pas seulement à son inclinaison et son goût personnel mais il se réfère à l'intention du Législateur qui se dégage de cas similaire. Or, une question réglée par analogie (simple) pourrait entraîner une nuisance. » 

L'objectif d'al-istihsan est justement d'empêcher cette nuisance. 
Le Shaykh Muhammad Abu Zahrah donne comme exemple, dans son livre sur l'Ecole Malékite, le cas d'un couple où la femme vient à mourir, laissant derrière elle un mari, deux enfants du couple et deux enfants de la femme issus d'un premier mariage. 
L'application stricte du principe d'analogie reviendrait à donner la moitié de l'héritage au mari, le sixième à la fille  du couple et le tiers au fils du couple. Leurs demi-frères et demi-sœurs ne recevraient rien. Confronté à ce problème, Sayyiduna Umar ibn al-Khattab – que Dieu l'agrée – a considéré, par l'utilisation d'al-istihsan, qu'ils devaient eux aussi hériter du sixième et du tiers. 

-Al istihsan basé sur une nécessité
Par exemple, al-istihsan est utilisé lorsqu'une personne a besoin (nécessité médicale) d'être examinée par un docteur en se montrant nue devant lui, alors que la règle générale interdit de se montrer nue devant une personne étrangère. 

 Sayyiduna Umar ibn al-Khattab – que Dieu l'agrée – a aussi suspendu l'application de la peine légale (hadd) lors d'une famine car certaines personnes étaient poussées, par nécessité, à voler. 


Sadd ad-darâi' : 

'Sadd al-ddarai' est la prévention des moyens qui peuvent entraîner une nuisance. 
Le principe général est que ce qui mène vers l'illicite est illicite (et ce qui mène vers le recommandé est recommandé, vers le non-souhaitable, non-souhaitable etc.). 

o   Par exemple, les savants considèrent qu'il est interdit de conserver du vin même si le but est d'en faire du vinaigre, car la tentation est toujours possible. 
Autres exemples: 

o   Creuser des puits est une bonne chose mais si cela est fait au milieu d'une route non (car il y a le risque que des gens y tombent)... 

o   Utiliser un médicament autorisé en vu de l'ivresse qu'il procure est interdit .

o   Le gaspillage -même dans les choses licites- mais cela dépend de l'état matériel de la personne concernée et de la nature de la dépense: exemple une personne qui a une famille à charge ou des dettes n'a pas à donner tout son argent en aumône! 

      
في المال منكران؛ أحدهما: الإضاعةوالآخرالإسراف
فالإضاعةتفويت مال بلا فائدة يعتد بها كإحراق الثوب وتمزيقه، وهدم البناء من غير غرضوإلقاء المال في البحر، وفي معناه صرف المال إلى النائحة والمطرب، وفي أنواع الفساد لأنها فوائد محرمة شرعاً فصارت كالمعدومة
وأما الإسراففقد يطلق لإرادة صرف المال إلى النائحة والمنكرات، وقد يطلق على الصرف إلى المباحات في جنسها ولكن مع المبالغة
والمبالغة تختلف بالإضافة إلى الأحوال فنقولمن لم يملك إلا مائة دينار مثلاً ومعه عياله وأولاده ولا معيشة لهم سواه فأنفق الجميع في وليمة فهو مسرف يجب منعه قال تعالى: " ولا تبسطها كل البسط فتقعد ملوماً محسوراً نزل هذا في رجل بالمدينة قسم جميع ماله ولم يبق شيئاً لعياله فطولب بالنفقة فلم يقدر على شيء وقال تعالى: " ولا تبذر تبذيراً إن المبذرين كانوا إخوان الشياطين وكذلك قال عز وجل: " والذين إذا أنفقوا لم يسرفوا ولم يقتروا فمن يسرف هذا الإسراف ينكر عليه ويجب على القاضي أن يحجر عليه؛ إلا إذا كان الرجل وحده وكان له قوة في التوكل صادقة؛ فله أن ينفق جميع ماله في أبواب البرومن له عيال أو كان عاجزاً عن التوكل فليس له أن يتصدق بجميع مالهوكذلك لو صرف جميع ماله إلى نقوش حيطانه؛ وتزيين بنيانه فهو أيضاً إسراف محرم، وفعل ذلك له ممن له مال كثير ليس بحرام لأن التزيين من الأغراض الصحيحة، ولم تزل المساجد تزين وتنقش أبوابها وسقوفها مع أن نقش الباب والسقف لا فائدة فيه إلا مجرد الزينة، فكذا الدور، وكذلك القول في التجمل بالثياب والأطعمة فذلك مباح في جنسه، ويصير إسرافاً باعتبار حال الرجل وثروته

Il est interdit de se retrouver dans un lieu ou dans une situation qui pourrait entraîner la survenue de quelque chose d'illicite: endroit où de l'alcool ou de la drogue est consommé, lieu de débauche etc. 
Insulter les idôles ou les symboles religieux des autres: 
Allah dit dans le Coran:

  •       « N’injuriez (N'insultez pas) pas ceux qu'ils invoquent, en dehors d'Allah ; car par agressivité, ils injurieraient Allah, dans leur ignorance. De même, Nous avons enjolivé (aux yeux) de chaque communauté sa propre action. Ensuite, c'est vers leur Seigneur que sera leur retour; et Il les informera de ce qu'ils oeuvraient. » Sourate 6, verset 108.

Ainsi Allah interdit dans ce verset au Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et aux musulmans d'insulter les idoles de pierres que les polythéistes adoraient en dehors d'Allah : car en effet ces polythéistes vont alors insulter Allah... 

Les commentateurs de ce verset : notamment le savant Ibn 'Ajîba Al-hasanîdans son Tafsîr : « Al-Bahr Al-madîd fî tafsîr al-qurân al-majîd », Al-Bîdâwî etAl-Qurtubî dans leur Tafsîr également nous informent :

·         Les malikites s'appuient sur ce verset pour justifier le principe (juridique) connu dans cette école sous le nom de « la prévention de l'inconvénient »'Sadd ad-darâi' c'est à dire la prévention des moyens qui peuvent entraîner une nuisance. 
Ils ajoutent : Il est devoir de délaisser une obéissance (d'Allah tâ'ala) qui va entraîner un péché sûr (ma'asiyya râjiha). Ce qui entraîne un mal est mal. 

Ibn Al-'Arabi dit:

·         la prévention et la sauvegarde de l'honneur par le fait de délaisser une Sunna est un devoir dans ce bas monde. 

Al-qurtubî ajoute:

·         « Ce verset [est toujours d'actualité] et son statut reste et n'est pas abrogé, tant que le mécréant est fort et qu'on craint qu'il insulte l'Islam ou le Prophète ou Dieu; il est interdit donc au musulman d'insulter leur croix ou leur religion ou leurs églises (ou leurs symboles) car cela amènera au péché [au désordre]. Insulter les idoles des mécréants ne les amenera qu’a s’éloigner de l'Islam et augmenter leur mécréance. Ce verset est une preuve aussi sur le fait que même celui qui a raison et en droit, pourra s'abstenir de demander son droit si cela provoque un mal dans la religion.»

 Le deuxième Calife Omar (que Dieu l'agrée) a dit dans ce sens:

·         « Ne jugez pas entre les gens d'une même famille (qui ont des liens de parenté entre eux) de peur [de causer] la rupture »

 Ibn Al-'Arabi dit : « Si ce droit lui est dû (wâjib) il le prendra dans tous les cas, mais si ce droit est indifférent (jâiz) (autorisé) c'est de cela qu'il était question dans ce qui a été dit »  

Attention: il y a des situations où ce principe ne s'applique plus: on n'empêchera pas -par exemple- de planter du raisin par peur que l'on en fasse du vin et on n'interdira pas non plus dans les habitations le voisinage entre les gens qui ne sont pas des proches parents même si cela peut éventuellement engendrer l’adultère!. 

La législation (Shari'a) de nos prédécesseurs (Shar'u mâ qablanâ) 
sauf celle abrogée par notre Shari'a ou celle qui la contredit
Le dernier Messager (paix et bénédiction d’Allah sur lui) ainsi que sa communauté sont chargés par la révélation de pratiquer la législation de ceux qui nous ont précédé, i.e. ce que notre Shari'a stipule comme faisant partie de leur législation, mais ne stipule ni qu'il est législation pour nous ni qu'il ne l'est pas, car si le Coran le mentionne c'est pour qu'on le prenne en compte, comme le précise le verset coranique:

  • ·         "Il y a certes dans leur histoire une leçon pour des gens doués de réflexion", et le profit de la réflexion est la mise en pratique. Un autre verset coranique précise:

·         "C'est ceux-là qu'Allah a guidé, prends donc leur guidance en exemple". 
S'il est stipulé qu'il fait loi également pour nous, il n'y a alors pas de divergence quant à l'obligation de le pratiquer, comme le talion(Qisâs)- par exemple- que Dieu a mentionné comme faisant partie de la législation de nos prédécesseurs à travers le verset coranique:

  • ·         "et nous y avons prescrit à leur égard: vie pour vie, oeil pour oeil, nez pour nez, oreille pour oreille, dent pour dent, et dans les blessures le talion", et qu'il a également mentionné comme faisant partie de notre législation à travers le verset coranique:
  • ·         "ô vous qui croyez, le talion (qisâs) vous a été prescrit pour le meurtre".

 Mais il y a des choses qui font partie de leur législation sans être de la notre, comme la parole de Moïse s'adressant à son peuple, que le verset coranique suivant rapporte:

·         "repentez vous à votre Créateur et mettez-vous à mort!", il nous est interdit à nous musulmans de nous donner la mort, notre législation nous a épargné les difficultés et les fardeaux, comme le précise le verset coranique suivant:

·         "qui les décharge des poids et des chaines qui étaient sur eux". 

On peut citer comme exemples de notre pratique de la législation des prédécesseurs la déduction de certains Shafiites du fait de se porter garant du retour d'une personne, ce qui est connu chez eux sous le nom de la Kafâla, du récit de Jacob (paix sur lui) et de ses enfants, relaté dans le verset coranique suivant :

·         "je ne l'enverrai pas avec vous tant que vous ne jurerez pas par Dieu de me le ramener, à moins que l'on vous cerne de toute part"

 La déduction des hanbalites de la validité d'une longue location de service (Ijâra) de la parole du Très-Haut relatant le récit de Moïse (paix sur lui) avec Chou'ayb (paix sur lui):

  • ·         "je veux te donner comme épouse l'une de mes deux filles que voici" jusqu'à sa parole: "et si tu complètes dix ans, libre à toi";

La déduction des malikites de l'obligation de l'i'dhâr, qui est de dire au plaidant:

  • ·         "te reste t-il un argument?", du récit de Salomon (Sulaymân) (paix sur lui), avec la huppe, dans le verset coranique:
  • ·         "je vais la châtier durement ou l'égorger, à moins qu'elle me présente une justification explicite",

 …ou leur déduction de la permission de la Ja'âla (paiement en contrepartie de l’achèvement d'un travail) de la parole du Très-Haut:

  • ·         "celui qui me le ramènera aura le chargement d'un chameau, je m'en porte garant";

Et la déduction des savants que les prodiges (choses extraordinaires) des saints sont possibles de la parole du Très-Haut relatant l'histoire de Marie (Maryam) (paix sur elle):

  • "il dit: ô Marie, d'où te vient ceci? Elle dit: Cella me vient d’Allâh (elle avait les fruits de l'été en hiver et les fruits de l'hiver en été et Dieu gratifie ses élus comme Il veut). 

Ndlr« Son Seigneur l'agréa alors du bon agrément, la fit croître en belle croissance. Et Il en confia la garde à Zacharie. Chaque fois que celui-ci entrait auprès d'elle dans le Sanctuaire, il trouvait près d'elle de la nourriture. Il dit: «O Marie, d'où te vient cette nourriture?» - Elle dit: «Cela me vient d'Allah». Il donne certes la nourriture à qui Il veut sans compter. » "(Coran 3.36)

La coutume (Al 'ourf)

L'habitude ('âdah) est comme la coutume ('Ourf) dans son sens linguistique et terminologique. C'est la propagation d'un concept parmi les gens, qui peut être spécifique à certains pays ou groupes (ou époques). On jugera en fonction d'elle tant qu'elle ne contredit pas la loi divine
Parmi ce qui est basé sur le 'Ourf (coutume), il y a le laps de temps considéré comme long pour les questions relatives à l'oubli dans la prière, le montant des dépenses dues à l'entretien de l'épouse et des enfants et les formules (formulations) des serments et des contrats... 
L'origine de la prise en compte du 'Ourf dans la jurisprudence islamique est la parole d'Allah dans le Coran : "ordonne la bonne coutume", ainsi que Sa parole: "on doit aux épouses la même chose que ce qui leur incombe envers leurs maris selon l'usage". 

Ref. «Poésie (et son commentaire) dans la science des fondements du droit musulman d'après Al-Waraqât de 'l'imam al Harameyn' al Juwayni», aux éditions Les 4 Sources, par Abdellah Al-thaparro Al-Faransî, Paris, décembre 2010. (En arabe et français). 

Murâ't Al-khilâf : 

Considérer la divergence et la preuve du savant qui est divergent avec notre avis principal:par exemple l'imâm Mâlik a utilisé l'argument de ceux qui divergent avec son opinion concernant le statut du mariage dit Chighâr et qui considèrent que ce type de mariage est non nul, pour dire que l'héritage demeure entre les deux personnes (s'il l'un des deux meurt), bien que ce mariage est nul

Présence géographique de l’école malikite

La plupart des disciples de l’Imâm Mâlik sont partis en Afrique du nord et en Espagne. L'école malikite s’est répandue en Andalousie, au Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc, Lybie, Mauritanie), en Afrique subsaharienne, aux Emirats, au Koweït, à Bahreïn, au Soudan, et au Khurâsân.

Attention: cette présence historique ne veut pas dire que les principes de l’école y sont appliqués. Car sur le terrain actuellement, l’idéologie salafite-wahhabite est prépondérante pour les raisons qu’on a développées dans notre rubrique des anti-doctrinaux. 

source : http://www.doctrine-malikite.fr/Doctrine-malikite_a136.html


      article precedent :  Doctrine malikite - L’authenticité de l ’Ijtihâd

Notes de bas de page:

[2] En absence d’un texte explicite et ferme dans les sources authentiques (Coran et Sunna), on fait recours à l’Ijtihâd: il n’y a pas d’ «Ijtihâd » en présence du texte traditionnel « nass ».

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 10:40

 

Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) avait enseigné à Mu'âdh ibn Jabal (surnommé le mieux connaissant du Halâl et du Harâm) avant de l’envoyer au Yémen comme messager des bonnes valeurs de l’Islam:

 "Selon quoi jugeras-tu lorsque le besoin s'en présentera?

 Selon le Livre de Dieu, avait répondu Mu'âdh.

 Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans le Livre de Dieu?

 Je jugerai alors selon les Hadîths du Messager de Dieu, avait répondu Mu'âdh.

 Et si tu ne trouves pas (de solution explicite) dans les Hadîths du Messager de Dieu?

 Je ne manquerai alors pas de faire un effort de réflexion (ijtihâd) pour formuler mon opinion, avait répondu Mu'âdh."

Sur quoi le Prophète avait manifesté son approbation en ces termes:

 "Louange à Dieu qui a guidé le messager du Messager de Dieu vers ce qu'agrée le Messager de Dieu." 
Rapporté par at-Tirmidhî et Abû Dâoûd, voir aussi A'lâm ul-muwaqqi'în, tome 1 pp. 49-50.

Le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) a dit:

« lorsque le juge a fait un effort (juridique) (ijtahada) puis a atteint la vérité, il a deux récompenses, et s’il a fait un effort (juridique) et s’est trompé, il a une seule récompense ». 
Rapporté par Al-Bukhârî : Hadîth n° : 6805 : chapitre : « Al- i‘tisâm bi al-kitâb wa as-sunna » 

Ne peut faire l’Ijtihâd que celui qui a atteint le degré de savant « Mujtahid»

Usûl Al-Fiqh


Ce terme désigne la base du droit musulman, c'est-à-dire l’ensemble des textes et des outils qui ont permis aux savants d’émettre l’avis juridique (Fatwa) à propos des divers sujets en question. 
Les deux premières sources des Usûl Al-Fiqh - pour les quatre écoles sunnites reconnues par la Communauté musulmane- sont le Coran et la Sunna. 
Il n’est pas donné à n’importe qui d’interpréter le Coran et la Sunna. Celui qui interprète ces textes sacrés sans avoir la science nécessaire qui permet d’en déduire les jugements, celui là suit sa passion, s’égare et égare avec lui ceux qui le suivent. 
On a précisé dans la rubrique « Conditions de la Fatwa et de l'interprétation » quelques règles liées à la compréhension et à l’interprétation des textes sacrés. 

Pour les questions et sujets nouveaux qui n'ont pas été traités par les textes traditionnels, les quatre écoles ont eu recours à ce qu'on appelle les outils de l’Ijtihâd- l'effort juridique-. 
On peut citer parmi ces outils: 

  • ·         l'analogie (ou le rapprochement par rapport au texte traditionnel) « al-qiyâs », 


  • ·         Le consensus « al-ijmâ' » (basé sur la célèbre parole du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui): "Ma communauté ne peut pas avoir un consensus faux (égaré)[1]", 


  • ·         L’intérêt de la communauté « Al-masâlih al-mursala », 


  • ·         La préférence personnelle en vue du bien « istihsân », 


  • ·         L’opinion personnel « Ar-ra’y » (spécialité de l'école hanafite) basé sur l'interprétation « ta’wîl », 


  • ·         La prévention de l’inconvénient « Sadd ad-darâi' ». 

L’Imâm Mâlik et son école


L’école malikite de Médine est la plus ancienne école d'exégèse coranique.

 Elle a été fondée par l’Imâm Mâlik Ibn Anas[93 H/716 ap. J.-C. - 179 H./795 ap. J.-C] qui pris sa science entre autre de : Ibn Chihâb Az-zuhrî, Abû Az-zannâd, Ibn Hourmuz, Rabî'a Ibn 'abd Ar-rahmân, Nâfi' l'affranchi du grand compagnon Abdellah Ibn 'Umar (que Dieu l'agrée) et de Yahyâ Ibn Sa'îd Al-Ansâri (mort en 143 H) fils d'un partisan du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui). 
L'Imâm Mâlik fut un disciple direct des Successeurs des Compagnons du Prophète Muhammad, sur lui la Grâce Divine et la Paix. Il étudia aussi auprès de Ja'far as-Sâdiq et connut Abû Hanifah
Le fait que l’Imâm Mâlik fut implicitement cité par le Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui) et qualifié de « Savant de Médine » dans le hadîth voir le lien suivant, suffit (à lui seul) pour certifier que sa notoriété et sa fiabilité sont irréfutables et que sa qualité est hautement reconnue sans aucune divergence. 
Selon An-Nawawî, Mâlik eut 900 maîtres dont 300 Successeurs, les autres étant des Successeurs des Successeurs. 
Al-qâdî 'Iyâd de Ceuta(l'auteur du Shifâ) dit dans son Tartîb al-madârik:

"les savants en récits traditionnels ont dit :"Le guide des consciences après 'Umar Ibn Al-khattâb fut Zayd Ibn Thâbit, et après lui, 'Abd Allah Ibn 'Umar. Vingt-et-un transmetteurs ont reçu leur science de Zayd, qu'ils ont ensuite transmise à trois hommes: Ibn Chihâb, Bukayr Ibn 'Abd Allah et Abû Az-zannâd, pour enfin parvenir à Mâlik Ibn Anas"". 

Sa vie et sa science étaient à Médine, la ville du Prophète, qui était naturellement la mieux placée en tant que dépositaire des « traditions connues » (hadîth Mashhûr). Mâlik commença à enseigner dès l'âge de 17ans. Il choisit la Mosquée du Prophète pour tenir son cercle de science. Plus précisément, il choisit, dans la mosquée de Médine, l'endroit où se tenait le Calife 'Omar Ibn Al-Khattâb. C'est là que s'asseyait le Messager de Dieu (paix et bénédiction de Dieu sur lui). 

Pour un autre exposé détaillé sur la vie de l'Imâm Mâlik (que Dieu l'agrée): cliquez ici. 
La qubba (le dôme) sur la tombe de l’Imâm Mâlik fut détruite par les Wahabbis en 1800. 

Les sources juridiques de l'école de Mâlik sont bien sûr avant tout le Coran , puis la sunna, puis le consensus des savants (ijmâ‘ ), puis les coutumes médinoises (‘amalu ahli al-Madîna) (car les médinois "descendants des compagnons du Prophète (paix et bénédiction d’Allah sur lui)" connaissaient mieux que quiconque la Sunna), l'effort d'interprétation personnelle (Ijtihâd), l'opinion personnelle (ra'y) qui découle de la réflexion (fikr) (en l'absence du texte sacré), la préférence personnelle en vue du bien (istihsân), ainsi que le raisonnement par analogie (qiyâs), et la prévention de l’inconvénient (Sadd al-ddarâi‘).

 Elle s’appuie également sur l’intérêt général « Al-masâlih Al-mursala » qui fait que cette école répond parfaitement aux événements liés à l’évolution des temps et aux besoins de la communauté en matière de droit. Cette diversité de méthodes et de règles juridiques est sans doute le secret de la richesse et de la force de cette école.

Et bien qu'elle soit assez scrupuleuse sur le plan de la pratique religieuse (notamment des cinq piliers fondamentaux de l'Islam), cette école est aussi, avec l'école hanafite, la plus ouverte et la plus souple dans son adaptation aux différentes réalités locales et temporelles et à l'évolution du monde. Elle est donc mieux en mesure d'appréhender les adaptations nécessaires d'une façon souple et efficace. Surtout que cette école, à la suite de son fondateur, homme humble et scrupuleux, a une maturation fondamentale, et une intention (niyya) tournée avant tout vers la préservation de l'unité de la Umma, préférant cultiver ce qui réunit que de rechercher des solutions juridiques qui pourraient diviser. 

De part la richesse de ses outils et des possibilités qu’elle révèle, de nouveaux avis juridiques peuvent être émis par ceux qui ont les compétences juridiques pour répondre au mieux, loin du fanatisme ou de l’extrémisme religieux, aux besoins des musulmans, sans renier les fondements généraux de l’Islam et ses valeurs d’amour, d’unité, d’entente et de paix. 

L’imam Mâlik était réputé pour sa narration du Hadîth, il est considéré comme l’un des meilleurs en la matière et des plus fiables (Al-Bukhârî lui-même confirmera plus tard la haute fiabilité de ses chaînes).

Les ouvrages de référence de l’école malikite sont, entre autres, le Muwatta’ (la voie rendue aisée) (premier recueil de Hadîth et de Fiqh en Islam) de l’Imâm Mâlik et la Mudawanna Al-kubrâ, un recueil des avis juridiques de Mâlik qu’a compilé son élève Sahnûn Ibn Saïd At-tanûkhî

Abû Zahra dans son livre sur l'Imâm Mâlik sa vie, et son époque, ses opinions et son Fiqh déclare concernant le Muwattaa 

« L’histoire ne connaît pas de recueil de Hadîth et de Fiqh plus ancien qu'Al-Muwatta'...Aucun auteur avant Mâlik ne devait connaître la notoriété de ce dernier avec son Muwatta', qui nous est parvenu tel qu'il a été rédigé par son auteur. C'est pour cela que nous disons de lui qu'il est le premier recueil de Hadîth et de Fiqh à avoir été composé.

L'Imâm Ash-Shâfi'i disait de l'Imâm Mâlik et de son Muwattaa :

« L'ouvrage le plus authentique après le Livre de Dieu est le Mouwattaa de Mâlik ». (L’imâm Ash-shâfi’ a dit cela puisqu’il a vécu avant l’apparition des deux ouvrages authentiques (sahihine) Al-Bukhârî et Muslim). 

Al-Bukhârî a surnommé la chaîne de transmission citée dans le Muwatttaa : la chaîne d’or (pour souligner sa grande authenticité) : il s’agit de Mâlik d’après Nâfi’ d’après Ibn omar…on cite aussi comme chaîne hautement authentique du Muwattaaa : Az-zuharî d’après Sâlim d’après Ibn Omar… 

L’imâm Mâlik a rassemblé (écrit) son livre Al-Muwattaa en quarante ans, ceci à cause de l’attention particulière qu’il portait à la qualité des transmetteurs et du contenu, et à la rigueur et scrupule dans l’authentification des Hadîths… 
Ibn ‘Abdel Al-barr rapporte selon Al-Awzâ’î :

On a exposé à l’imâm Mâlik son Muwattaa en quarante jours et il dit: « ce livre que j’ai composé en quarante ans, vous le prenez en quarante jours, vous manquez de compréhension de ce livre! » 

Le Muwattaa contenait au début de son écriture plus de 10 000 Hadîths, puis l’Imâm Mâlik par sa rigueur et son scrupule le réduisait chaque année jusqu’à arriver à prés de 600 hadîths…
Abû Bakr Al-Abharî a dit : « la somme de ce qu’il y a dans le Muwattaa de récits prophétiques, de compagnons et de successeurs est de :1720 hadîths : le Musnad parmi ces Hadîths est de 600 Hadîths, le Mursal compte 222 hadîths, et le Mawqûf (paroles attribuées aux compagnons du Prophète) : 613 Hadîths et les paroles des successeurs : 285 récits. » (Voir tanwîr Al-hawâlik de l’Imâm As-sayûtî: tome I page 6.) 

Al-qâdî ‘Iyâd de Ceuta rapporte dans son livre Al-Madârik (2/73) pour les circonstances de l’écriture du Muwattaa : 

« Le Calife Abû Jaafar Al-Mansour Al-‘abbâsî - premier Calife de la dynastie des Abbasites-, a dit à l’Imâm Mâlik : « O Abû ‘Abdellah ! Rassembles cette science et écris un ouvrage: évites dans cet ouvrage les particularités (les extêmes) (shawâddh) d’Ibn Masoud, les choses difficiles (shadâid) d’Ibn Omar et les dérogations d’Ibn Abbâs ; et cherche plutôt le juste milieu en toute chose et ce qui fait unanimité chez les compagnons et Imâms, et fais de cette science une science unifiée » 

Beaucoup de savants anciens et contemporains se sont penchés sur l’interprétation du Muwattaa et son commentaire. Le Muwattaa fut traduit en plusieurs langues. 

Voir ici sur ce lien, les paroles de sagesse de l’Imâm Mâlik et plus de détails sur son Muwattaa. 

La Mudawanna (Al-kubrâ) (appelé aussi la mère), est la première référence de notre école Malikite en matière de droit : c'est un recueil énorme regroupant tous les avis juridiques de l'Imam Mâlik ( et ses maîtres ) (souvent argumentés par les Hadîths) qu'a compilé son élève Sahnûn Ibn Saïd At-tanûkhî. 
Sahnûn a rapporté le contenu de sa Mudawwana d'Ibn Al-qâsim qui a rapporté de Mâlik 
La Mudawwana comporte 30200 sujets traités. 

Abû Saïd Sahnoun Ibn Saïd Ibn Habib Ibn Rabia AL TANOUKHI Imam SOUHNOUN- né à Kairouan en 777 (160 H). En 804 il se rendit pour trois ans en orient parfaire ses connaissances. De retour à Kairouan il s'implique à répandre la doctrine de l'imam Mâlik dans tout l'occident musulman. Son oeuvre maîtresse 'la moudawwana' y contribua largement Nommé Cadi (Juge) de Kairouan en 849 (234 H) il occL. . L VVVupa cette charge jusqu'à sa mort en 855 (240 H). 

La deuxième référence de notre école malikite en matière de droit est Al-wâdiha fî as-sunan wa al-Fiqh de 'Abdel Malik Ibn Habîb (elle a été notamment mise en valeur par les malikites d'Andalousie) 

La troisième référence de notre école est Al-mustakhraja de Muhammad Ibn Ahmad Al-'atabî al-andalusî: connue sous le nom de Al-'Utbiyya: Ibn Rushd s'est référé à cet ouvrage. 

La quatrième référence de notre école est Al-muwâziya de Muhammad Ibn Ibrâhîm Al-Iskandarî connu sous le nom de Ibn Al-Muwâz : il s’ agit de l’ouvrage le plus authentique et le plus complet selon beaucoup de savants. 

source : 

 http://www.doctrine-malikite.fr/Doctrine-malikite_a136.html  


article suivant :  Doctrine malikite - Détails de quelques outils de l’Ijtihâd spécifiques à l’école malikite (2)

Notes de bas de page: 

[1] Voir Ad-dâramî (1/29) et « jam‘a al-jawâmi‘ » de l’Imam As-suyûtî (4641) : c’est parmi les trois choses que Dieu a promis à Son Messager Sidna Muhammad (paix et bénédiction d’Allah sur lui) : que sa communauté n’aura pas de consensus sur le faux. Ce Hadîth a été rapporté également par At-tabarani avec une chaîne authentique remontant à Abdellah Ibn Omar, ainsi que Al-haythamî dans "Majma' az-zawâid". 
Le consensus considéré ici est celui des savants Mujtahid du Fiqh. 

 

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2 novembre 2011 3 02 /11 /novembre /2011 18:47


La notion coranique dans sa portée sociale, par rapport à l’histoire d’un  problème humain qui ne cesse de se poser même et surtout de nos jours : « le problème de l’alcoolisme ».En effet, pour la première fois dans l’histoire humaine ce problème s’était trouvé posé par le Coran et résolu d’une certaine manière.

Comment?

Voici le schéma psychologique et législatif de cette décision  qui intervenait pour la première fois dans la législation d’une communauté humaine.

Premièrement : « il y a certains bienfaits dans  l’alcool  mais ses méfaits sont plus considérables  » Coran 2. V 217

Première pause

Deuxièmement « O! Croyants), n’allez pas à la prière en état d’ébriété, afin que vous sachiez discerner dans vos paroles » Coran 4.v 43

Deuxième pause

Troisièmement : « Certes, l’alcool, le jeu de hasard, les sacrifices qu’on ne fait pas à Dieu, l’art divinatoire, sont une œuvre satanique : ils sont interdits » Coran 5.v 93

Tel est le processus juridique suivi par le Coran, pour poser et résoudre le grave problème de l’alcoolisme.

L’efficacité de cette législation ?

Elle ressort de la statistique infime dans les pays musulmans, pourtant décadents, des tares alcooliques dont souffre malheureusement l’humanité dans les pays civilisés.Le monde musulman, d’une façon générale ignore depuis treize siècles cette calamité. (NDR ce texte a été écrit en 1946)

A quoi est dû le succès de la législation antialcoolique dans le Coran ?

Sans aucun doute à la méthode dont nous venons d’exposer schématiquement le plan ou se révèle un sens juridique aigu.

En effet, le premier texte signale simplement les « méfaits »  de l’alcool à la conscience musulmane. C’était la manière la plus discrète de poser le problème, de l’inscrire en  quelque sorte au nombre des préoccupations sociales d’une société naissante. De cette manière, le problème pouvait déjà cheminer dans la conscience de l’élite de cette société guide par le mobile moral. La première pause sera donc une période d’incubation nécessaire : en quelque sorte « l’étape psychologique du problème ».

 

Puis, sur cette édification de la conscience musulmane, vient le texte limitatif de la seconde «  révélation : « Il ne faut par aller à la prière en état d’ébriété ». Il ya bien une limitation,  car pour ne pas être «  en état d’ébriété », aux heures des cinq prières quotidiennes il faudrait en fait n’être jamais en état d’ébriété.

 

Ce texte visait, d’une part à la désintoxication progressive des habitués de l’alcool et à l’établissement de sa prohibition dans les mœurs, avant le  texte définitif qui sanctionnera un état de choses déjà acquis. De cette manière le Coran aura évité de poser, en même temps, un problème économique : celui du commerce des alcools.

Ce problème devait être assez développé, s’il faut en juger par les dénominations nombreuses sous lesquelles la djahilia désignait ses boissons alcooliques.1Le mot célèbre d’Amrou –el-Kais, quand on lui annonça la mort de son père, demeure d’ailleurs un  témoignage historique sur l’usage considérable que les Arabes préislamiques faisaient de l’alcool. Ce poète avait dit, en effet, « aujourd’hui, il faut boire et demain, il faudra agir (se venger) ».

C’est donc dans un milieu ou l’usage de l’alcool et son commerce étaient très répandus que le Coran a posé le problème de l’alcoolisme. Il y avait donc des intérêts particuliers qui devaient s’adapter progressivement à une situation économique nouvelle. C’est cela qui nous semble justifier la seconde pause avant la prohibition définitive qu’exprime le troisième verset. On ne pourrait, peut-être pas se rendre compte de la portée de ces considérations le phénomène coranique, si nous n’avions pas un exemple remarquable de la législation antialcoolique humaine qui nous pouvons prendre comme un terme de comparaison sur le plan juridique.

En effet, le problème de l’alcoolisme devait éveiller, treize siècles plus tard, l’intérêt des législateurs d’une nation, peut-être la plus civilisée : les Etat Unis d’Amérique.

Posons, comme nous l’avons fait pour le Coran, le schéma de cette législation qui vit le jour en Amérique, sous la forme d’un Amendement constitutionnel en 1919.

Vers 1918, le problème est posé  pour l’opinion américaine.

En 1919, il est incorporé à la Constitution américaine, sous le nom de 18eme amendement.

La même année il est renforcé par l’Acte  de Prohibition que l’histoire nommera « L’Acte Volstead ».

Moyens mis en  œuvres pour l’application de la prohibition sur le seul territoire national des USA.

  • 1.    Toute la flotte pour contrôler les cotes
  • 2.   L’aviation pour contrôler les airs
  • 3.   Toute la police scientifique

DÉNOUEMENT:

Faillite totale  de l’Acte de Prohibition rapporté par le 21ème amendement, lequel est ratifié en décembres 1933.Voici le résumé historique de tout le drame législatif que fut la « prohibition » pour la nation américaine.

A la lumière du Coran, la religion apparait comme un phénomène cosmique régissant la pensée et la Civilisation de l’homme, comme la gravitation  régit la matière et conditionne son évolution. La religion semble, ainsi imprimée dans l’ordre universel comme la loi propre à l’esprit qui gravite sur diverse orbites, depuis celle de l’Islam unitaire, jusqu'à celle du fétichisme le plus rudimentaire, autour d’un même centre, toujours éblouissant et à jamais mystérieux.

 Malek Bennabi

(extrait du livre de l'auteur: le phénomene coranique)

(les éditions Algériennes En-Nahdha - Alger - 1946 )


Notes:/

Voir Dermenghem : « Introduction à l’éloge du vin », par Ibn El Faridh

 

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23 octobre 2011 7 23 /10 /octobre /2011 07:39

 

Texte inédit de Bennabi, Lecteur musulman, mon frère et mon ennemi


« Je tiens à te présenter moi-même cette publication .Je veux te parler, te dire de graves choses, les plus graves peut-être qui t’aient jamais été dites. Dans une précédente publication, une pudeur m’avait retenu. Je ne voulais pas te dire certaines choses pour te les laisser à entendre. Mais je veux ici te les faire entendre clairement car la mauvaise foi et l’ignorance des voleurs de prestige ont encore prise sur ta conscience. Tu représentes à leurs yeux une parcelle de pouvoir qu'ils veulent garder. Aussi doit-je d’abord dénoncer ton impuissance à éventer leurs pièges, à sentir tes erreurs. Je veux t’apprendre à leur poser des questions, à te poser des questions, pour éviter leurs pièges et tes propres erreurs. Commençons par le commencement. Ce commencement est dans la confusion, dans ton impuissance à voir clair. Tu sens bien ton mal, mais comment le nommes-tu ? Au lieu de te recueillir sur le mal , de poser des interrogations, de te demander : pourquoi donc suis-je colonisé ? Tu as simplement prêté l’oreille aux voix de la foire. Et comme les voleurs de prestige, comme le malheureux troupeau qu'ils exploitent, tu t’es écrié à ton tour « A bas le colonialisme » puis tu as prêté encore l’oreille aux vociférations de la foire. Et tu as voulu, à ton tour , nommer ton mal... Ne me prête pas l’oreille, mais l’attention pour comprendre les choses. Fais un effort d’imagination pour comprendre les choses. Fais un effort d’imagination pour me suivre, à pas de géant. Suis-moi à San-Francisco. Regarde avec tes yeux et ton intelligence et non avec tes oreilles. Cette ville et les milles aspects de la vie que tu vois sont l’œuvre de cet homme que tu aperçois là, penché sur son labeur, il travaille...Mais que signifie, en termes analytiques, en éléments primordiaux, cet acte magique par lequel l’homme transforme la nature et se transforme lui-même? Que signifie ce mot qui traduit à la fois la peine, la sueur de l’homme et la condition fondamentale de son bien-être, de sa sécurité et de sa puissance ? C’est ce mystère que je veux d’abord te révéler. Que fait l’homme qui travaille, qui crée par sa peine sa condition ? Il fait essentiellement une synthèse : la synthèse de l’homme, du sol et du temps... Maintenant que tu es initié à un grand mystère, poursuivons notre chemin, à pas de géant. Tu as traversé New York, tu as aussi contemplé Londres et Paris, tu as atteint Varsovie, et tu as poussé jusqu’à Moscou ou plus loin encore, jusqu’à Tokyo. Qu’as-tu vu ? Les aspects essentiels de la vie ont-ils essentiellement changé au cours du trajet, si tu l’as fait les yeux et l’esprit grand ouverts ? Tu as vu partout, les mêmes édifices, les mêmes routes, les mêmes usines, les mêmes ateliers, les mêmes machines, les mêmes écoles, les mêmes laboratoires. Et tu as vu aussi que c’est cela et rien que cela qui fait la condition de l’homme. Mais « cela », cette même synthèse de l’homme, du sol et du temps que tu as constaté de San Francisco à Moscou, « cela » comment se nomme-t-il dans l’histoire ? Tu le sais puisque toi- même, quand tu veux appeler les choses par le nom, tu le nommes la « civilisation occidentale ». Mais poursuivons encore notre voyage, en changeant d’itinéraire. Nous allons partir de Tanger, traverser l’Afrique du Nord, longer le littoral sableux de la Tripolitaine, traverser le Nil et le canal de Suez, visiter les pays du Moyen-Orient, nous enfoncer dans les territoires musulmans de l’Inde et atteindre Java. Qu’aurons-nous vu ? N’est-ce pas aussi les mêmes aspects essentiels de la vie : la même inactivité, la même pauvreté, la même ignorance, la même somnolence ? Mais comment s'apelle cette aire où règne le silence ? N’est-ce pas l’aire de la civilisation musulmane ? Cela aussi tu le sais. Mais ne me pose pas encore de questions. Complétons encore notre tour d’horizon pour tirer une conclusion générale. Aprés cet itinéraire dans l’espace, faisons un autre dans le temps. Reculons d’un millénaire dans l’histoire. L’aire musulmane s’étendait alors de Samarkand à Cordoue et l’aire occidentale de Londres à Moscou. Mais de Cordoue à Samarkand, c’était un chantier où travaillaient des penseurs, des savants, des docteurs, des artistes, des artisans...L’aire où l’homme réalisait la synthèse de la civilisation musulmane. Cependant que dans l’autre aire, de Londres à Moscou, régnait l’état féodal où l’homme vivait en « serf taillable et corvéable à merci ». Serais-tu tenté de faire un bond en avant, un bond de mille ans dans l’histoire ? Alors ne m’interroges pas sur l’avenir, je l’ignore. Je te dirais seulement cette parole de Celui qui sait : « Tels sont les jours. Nous les donnons tour à tour aux hommes »( coran.Al 'Imrane 139 ndlr)  Maintenant que nous sommes au terme de notre voyage, tirons plutôt une conclusion. Tu as constaté de visu que la condition de l’homme ne résulte pas des données ethniques, linguistiques, politiques ou géographiques. En effet, de San-Francisco à Moscou, il y a plusieurs langues, des races différentes, des systèmes politiques et des climats divers. Mais tu as constaté la même condition humaine, résultant du même labeur, de la même synthèse. Tu as constaté que cette condition est liée aux données générales d’une aire, qu’elle ne varie pas essentiellement d’un cadre institutionnel à un autre, d’une démocratie à une monarchie, mais d’une civilisation donnée à une autre. Tu as constaté, en un mot, que le destin de l’homme est profondément marqué par sa civilisation, qu’il s’élève ou déchoit avec elle. C’est cela la conclusion essentielle que je t’invite à tirer de ce voyage dans l’espace et dans le temps, c’est-à-dire dans l’histoire. Cette conclusion est capitale car elle constitue un critère et une méthode. C’est un critère pour éviter ta propre erreur et les pièges qu’on peut te poser pour déceler le faux, pour distinguer le patriotisme de la trahison. Car tu sais à présent que tout ce qui ne sert à réaliser la synthèse de l’homme, du sol et du temps est un faux dans l’histoire, donc un faux aussi dans la vie quotidienne. C’est aussi une méthode parce qu’en inspirant ta philosophie sociale, elle donnera à ton effort son efficacité maximum, elle donnera à ta vie le sens d’une flèche pointée vers une civilisation, c’est-à-dire, comme tu le sais, vers la seule condition humaine possible. Et maintenant que tu es en possession de ce critère et de cette méthode- dont je vais approfondir pour toi dans cette étude- je veux te faire réfléchir sur tes erreurs et tes illusions. Ton problème est faussé d’emblée quand tu le nommes d’un nom qui lui donne des frontières et qui donne à ton intelligence des œillères. C’est cela ce que tu fais quand tu parles de « problème algérien » ou de « problème yéménite », sachant pourtant que le mal est le même de Tanger à Java. As-tu le droit de nommer la peste de noms différents, ici la fièvre et ailleurs autrement ? Tu sais que du diagnostic découle la médication, et que si l’un est faux, l’autre est fausse fatalement. Et tu vois aussi le signe, mais tu ne vois pas ce qu’il désigne. En pays chrétien, mon frère, la croix est un signe qui désigne aussi le cimetière. C’est le sceptre de la mort. Dans un pays colonisé, la colonisation est aussi un sceptre qui désigne la colonisabilité. Pourtant, je ne t’entends jamais parler de ta colonisabilité, mais seulement de la colonisation. Tu ne dis pas « pourquoi je suis colonisé » ? Tu dis seulement : « je suis colonisé ». Tu ne parles pas de tes « devoirs » mais seulement de tes « droits ». Je sais que ton attitude stérile découle de l’absence d’un critère et d’une méthode. Tu écoutes tes erreurs et leurs mensonges. Car les voleurs de prestige te mentent, eux qui n’ont pas le souci de t’éclairer mais de t’éblouir, de te servir mais de se servir de toi pour détenir et garder une parcelle de pouvoir. Et pourtant, il est clair que pour détruire la plante vénéneuse, il faut l’atteindre dans son germe, à la racine. Or la colonisation prend racine dans la colonisabilité. Là où un peuple n’est pas colonisable, la colonisation ne peut s’établir sur son sol. Le peuple allemand n’est pas colonisé aujourd’hui, bien que le sol allemand soit occupé. Le colonialisme ne peut planter son sceptre que là où il y a le cimetière d’une civilisation, donc l’homme colonisable. Alors, maintenant, tu peux comprendre, je puis te révéler un autre mystère, entre la colonisabilité et colonialisme, il y a un pacte ;ils se donnent la main, eux aussi, à la foire où les voleurs de prestige monnayent ton destin, notre destin. Le colonialisme sait que la vocifération de la foire ne sont ni du patriotisme, ni de la politiques, ni de la culture, mais de la trahison, de la « boulitique », de la mythologie, de la magie, du mirage, de la mystification. Car tout ce qui ne sert pas à la synthèse de l’homme, du sol et du temps n’est rien dans l’histoire. Mais je te dois encore un éclaircissement, puisque par principe je ne dois pas te laisser entendre les choses, mais te les faire entendre. Tu peux t’imaginer qu’en somme le problème est presque résolu puisque aussi qu’ailleurs il y a, dans le monde musulman, l’homme qui peut entreprendre la synthèse d’une civilisation musulmane. Il n’y aurait plus en somme qu’à désigner à cet homme son but dans l’histoire. Mais si tu t’imagines cela, je te dirais que tu as perdu le sens de cette étude dès la première ligne et que ton premier pas avec moi est un faux pas. Alors je te dirais mon frère, que je ne parle pas de l’homme qu’ a avorté la faillite d’une civilisation, de « l’indigène » colonisable qui est encore plus ou moins colonisé, de Tanger à Java, mais de l’homme qui doit enfanter une civilisation. C’est dans ce but que j’ai posé dans cette étude le problème de l’homme et que j’ai défini la culture qui peut le créer. Mais ce n’est pas à la foire qu ’on peut créer ce créateur. La foire où palabrent les voleurs de prestige, ces faux travailleurs, ces faux créateurs. Au fait, que disent-ils ? Que dit celui-ci que je vois arranger sa imama (turban) et surveiller sa syntaxe ? C’est un fantôme surgi du temps passé, un revenant de l’époque de Haroun Errachid. Il cite, comme argument décisifs, les phrases précieuses d’Ibn en-Nadhim, la prose parlée de Hariri et les rimes étincelantes de Moutanabi. Et toi ébahi, toi fasciné par les mots, tu opines doucement du chef buvant le verbe de ce prêcheur de souvenirs. Et que dit celui-là qui arrange sa grimace des grands jours, sa grimace électorale en surveillant son nœud de cravate ? C’est le prêcheur des besoins nouveaux, il veut te convaincre en citant Victor Hugo et Voltaire et toi tu dodelines de la tête toujours... Mais au fond de toi, je vois une incertitude : tu rêves tantôt des fastes des milles et une nuits, et tantôt d’une voiture de marque et d’un fauteuil confortable, tu rêves, mon frère et on te fait rêver, mais la civilisation n’est ni un musée de vieux souvenirs, ni un bazar de nouveautés, c’est un chantier, une usine, un laboratoire où l’homme crée sa condition, en faisant la synthèse fondamentale de son pouvoir, du sol et du temps. Et c’est aussi un temple où l’homme peut -quand il veut respirer, s’inspirer- lever la tète au-dessus de son ouvrage et découvrir l’infini de Dieu, de Dieu qui inspire son génie et renouvelle son courage. C’est un temple où l’ignorance doit être attentive et pudique comme un point d’interrogation. Il faut « chasser du temple » l’ignorance expansive qui se répand en jactance qui est impudique comme un point d’exclamation »


Malek Bennabi le 10 janvier 1951 

Sources : http://forum.setif.info  et  http://jijel-echo.com/

 

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Published by aladin - dans ISLAM
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6 octobre 2011 4 06 /10 /octobre /2011 21:16

Al Hadiths Qudoussi

Ce qui suit est un recueil de 40 Hadiths Qudsi.

 Mais qu'est-ce qu'un Hadith Qudsi et quelle différence avec les autres Hadiths ?

 Le passage suivant est apparu dans l'introduction de l'ouvrage intitulé "Forty Hadith Qudsi" publié par : Revival of Islamic Heritage Society, Islamic Translation Center, P.O.Box 38130, Aldahieh, Kuwait. 

Les Hadiths Qudoussi sont les paroles du Prophète Muhammad (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) telles qu'il les a reçues de Dieu Tout-Puissant. Les Hadiths Qudoussi (ou Hadiths Sacrés) sont nommés ainsi car, à la différence de la majorité des Hadith qui sont des Hadith Prophétiques, leur chaîne de transmission (Sanad) a pour origine Dieu et non pas le Prophète.

 Recueil de Hadiths

 

Hadith 1

D'après Abou Horeira (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Quand Dieu a décrété la Création Il s'est engagé Lui-même en écrivant dans Son livre, qui repose près de Lui : Ma miséricorde l'emporte sur Ma colère. »   

Cela a été rapporté par Mouslim (et aussi par al-Bokhari, an-Nasa'i et Ibn Majah). 

Hadith 2

      D'après Abou Horeira (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu Tout-Puissant a dit : Le fils d'Adam M'a renié et il n'avait aucun droit de le faire. Et il M'a injurié et il n'avait aucun droit de le faire. Pour ce qui est de son reniement, il dit : Il ne me recréera pas encore comme Il l'a fait en premier (1)." et la création initiale [de l'homme] ne M'est pas plus difficile que sa création prochaine. Pour ce qui est de son injure, il dit :"Dieu a pris un fils pour Lui", alors que Je suis l'Unique, l’Eternel Refuge. Je n'enfante pas, et je n'ai pas été enfanté, et rien n'est comparable à Moi. »

  (1) i.e., me ramener à la vie après ma mort. Cela été aussi rapporté par al-Bokhari (et an-Nasa'i). 

Hadith  3

 D'après Zayd ibn Khalid al-Juhaniyy (que Dieu l'agrée) Le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dirigea la prière du matin pour nous à al-Hudaybiyah après des averses nocturnes. Quand le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) eut terminé, il fit face aux gens et leur dit :

  • « Savez-vous ce que votre Seigneur a dit? Ils dirent : Dieu et son Prophète le savent mieux.
  •  Il dit : "Ce matin, un de mes serviteurs est devenu croyant en Moi, et un autre un mécréant. Pour celui qui a dit : Nous avons reçu la pluie par la vertu de Dieu et Sa miséricorde, celui-là est un croyant en Moi, un mécréant aux étoiles (2). Et pour celui qui dit : Nous avons reçu la pluie par telle et telle étoile, celui-là est un mécréant en Moi, et un croyant aux les étoiles. » 

(2) Les Arabes Préislamiques croyaient que la pluie tombait du fait du mouvement des étoiles. Ce Hadith attire notre attention sur le fait que quelle que soit la cause directe d'un phénomène naturel, c'est Dieu Tout-Puissant qui dispose de toutes choses. 

Rapporté par al-Bokhari (et aussi par Malik et an-Nasa'i). 

Hadith  4

       D'après Abou Horeira (que Dieu l'agrée),le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu a dit: Les enfants d'Adam blâment [les vicissitudes du] le Temps, et Je suis le Temps, dans ma Main est la nuit et le jour (1). » 

     (1) Comme le Tout-Puissant est l'Ordonnateur de toutes choses, blâmer les malheurs relatifs au   Temps équivaut à Le blâmer.           

 Rapporté par al-Bokhari (aussi par Mouslim). 

Hadith 5

D'après Abou Horeira (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu (glorifié et exalté) a dit: Je suis tellement auto-suffisant que je n'ai aucunement besoin d'un associé. Ainsi, celui qui oeuvre pour la cause d'un autre en même temps que pour la Mienne, je lui renierai son action par celui qu’il a associé avec Moi ». 

Rapporté par Mouslim (aussi par Ibn Majah). 

Hadith  6

      D'après Abou Horeira (que Dieu l'agrée) : j'ai entendu le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dire : 

  • « Le premier des gens pour lequel le jugement sera prononcé le Jour de la Résurrection sera un homme mort en martyr. On l'amènera et Dieu lui fera connaître Ses faveurs et il les reconnaîtra. [Le Tout-Puissant] dira: Et qu'en as-tu fait ? Il dira: J'ai combattu pour Toi jusqu'à mourir en martyr. Il dira: Tu as menti- tu n'as combattu que pour qu'il soit dit [de toi] : Il est brave. Et ainsi en a-t- il été dit. Alors, il sera ordonné qu'on le traîne sur son visage jusqu'à ce qu'on le jette dans les flammes de l’enfer. [Un autre] sera un homme qui a étudié la science [religieuse] et l’a enseignée et qui récitait le Coran. On l'amènera et Dieu lui fera connaître Ses faveurs et il les reconnaîtra. [Le Tout-Puissant] dira: Et qu'en as-tu fait? Il dira: J'ai étudié la science [religieuse] et je l'ai enseignée et j'ai récité le Coran pour l'amour de Toi. Il dira: Tu as menti- tu n'as étudié la science [religieuse] que pour qu'il soit dit [de toi] : Il récite le Coran. Et ainsi en a-t-il été dit. Alors, il sera ordonné qu'on le traîne sur son visage jusqu'à ce qu'on le jette dans flammes de l’enfer. [Un autre] sera un homme que Dieu a enrichi et à qui Il a donné toutes sortes de biens. On l'amènera et Dieu lui fera connaître Ses faveurs et il les reconnaîtra. [Le Tout-Puissant] dira: Et qu'en as-tu fait? Il dira: Je n'ai délaissé aucun chemin dans lequel Tu aimes qu'on dépense son argent sans le dépenser pour l'amour de Toi. Il dira: Tu as menti- tu n'as agis de la sorte que pour qu'il soit dit [de toi] : Il est Généreux. Et ainsi en a-t-il été dit. Alors, il sera ordonné qu'on le traîne sur son visage jusqu'à ce qu'on le jette dans les flammes de l’enfer». 

Rapporté par Mouslim (aussi par at-Tirmidhi et an-Nasa'i). 

Hadith Qudsi 7

 D'après Uqbah ibn Amir (que Dieu l'agrée) : J'ai entendu le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dire : 

  • « Votre Seigneur est enchanté par un berger qui, du sommet d'une montagne escarpée, lance l'appel à la prière et prie. Alors Dieu (glorifié et exalté) dit : Regardez Mon serviteur, il appelle à la prière et il l’accomplit. Il est dans Ma crainte. J'ai pardonné à Mon serviteur [ses péchés] et Je l'ai admis dans le Paradis. » 

Rapporté par an-Nasa'i par une bonne chaîne de transmission. 

Hadith 8

      D'après Abou Horeira (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit :

  •  « Une prière accomplie par quelqu'un qui n'a pas récité l'Essence du Coran (1) pendant celle-ci est défectueuse (et il répéta le mot trois fois), incomplète. »

Quelqu'un dit à Abu Hurayrah: [Même si] nous sommes derrière l'imam?( 2)

Il dit : Récitez-la en vous-même, car j'ai entendu dire le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) :

  • « Dieu (puissant et sublime), a dit : J'ai séparé la prière entre Moi-même et Mon serviteur en deux moitiés, et Mon serviteur recevra ce qu'il a demandé. Quand mon serviteur dit : Alhamdu lillahi rabbi l-alamin (3), Dieu (puissant et exalté) dit : Mon serviteur m'a loué. Et quand il dit : Ar-rahmani r-rahim (4), Dieu (puissant et exalté) dit : Mon serviteur m'a exalté, et quand il dit : Maliki yawmi d-din (5), Dieu dit : Mon serviteur m'a glorifié - et en une occasion Il dit : Mon serviteur s'est soumis à Ma puissance. Et quand il dit : Iyyaka na budu wa iyyaka nasta in (6), Il dit : Ceci est entre Mon serviteur et Moi, et Mon serviteur aura ce qu'il a demandé. Et quand il dit : Ihdina s-sirata l- mustaqim, siratal ladhina an amta alayhim ghayril-maghdubi alayhim wa la d-dallin (7), Il dit : Ceci est pour Mon serviteur, et Mon serviteur aura ce qu'il a demandé» 

(1) Sourate al-Fatiha, la première sourate (chapitre) du Coran.(2) i.e. rester debout derrière l'imam en l'écoutant réciter al-Fatiha.

(3) "Louange à Dieu, le Seigneur des Mondes."(4) "Au Nom de Dieu, le Très Miséricordieux, le Tout-Miséricordieux."(5) "Maître du Jour de la Rétribution."(6) "C'est Toi que nous implorons, et c'est Toi dont nous implorons secours."(7) "Guide-nous dans le droit chemin, le chemin de ceux que Tu as comblés de bienfaits, non pas de ceux qui ont encouru colère, ni de ceux qui s'égarent." 

Rapporté par Mouslim (et aussi par Malik, at-Tirmidhi, Abu-Daoud, an-Nasa'i et Ibn Majah). 

Hadith  9

      D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu (puissant et sublime) a dit : Les premières des actions pour lesquelles un serviteur de Dieu sera jugé le Jour de la Résurrection seront ses prières. Si elles sont en ordre, alors il aura prospéré et réussi et si elles sont incomplètes, alors il aura failli et perdu. Si quelque chose manque à ses prières obligatoires, le Seigneur (glorifié et exalté) dira : Voyez si Mon serviteur a des prières surérogatoires qu'il puisse compléter celles qui étaient défectueuses de ses prières obligatoires. Alors le reste de ses actions sera jugé de la même manière. » 

Rapporté par at-Tirmidhi (aussi par Abu Daoud, an-Nasa'i, Ibnou Majahet Ahmad). 

Hadith  10

      D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu (puissant et sublime) a dit : Le jeûne est pour Moi et Je donne une récompense pour cela. [Un homme] délaisse sa passion sexuelle, sa nourriture et sa boisson pour l'amour de Moi. Le jeûne est tel un bouclier, et celui qui jeûne a deux joies : une joie quand il rompt le jeûne, et une joie quand il rencontrera son Seigneur. L'haleine de celui qui jeûne est meilleure en estimation pour Dieu que le parfum du musc. » 

Rapporté par al-Bokhari (et aussi par Mouslim, Malik, at-Tirmidhi, an-Nasa'i et Ibn Majah). 

 Hadith 11

D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu (puissant et sublime) a dit : Dépense (en charité), O fils d'Adam, et je dépenserai pour toi. » 

 Rapporté par al-Bokhari (et aussi par Mouslim). 

Hadith 12

      D'après Abu Mas'ud al-Ansari (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Un homme parmi ceux qui vous ont précédé a été appelé pour rendre compte [à Dieu]. Rien de ce qui est bon ne lui fut trouvé, excepté qu'il faisait des affaires avec des gens et, étant aisé, il ordonnait à ses serviteurs de laisser aller l'homme dans une situation délicate [ne pouvant régler ses dettes]. Il (le Prophète, Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit que Dieu dit : Nous sommes meilleur que toi dans ceci [être si généreux]. Laissez-le aller. »

  Rapporté par Mouslim (et aussi par al-Bokhari et an-Nasa'i). 

Hadith 13

D'après Adiyy ibn Hatim (que Dieu l'agrée) : J'étais avec le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) et alors deux hommes vinrent à lui : un d'eux se plaignait de son indigence (étant très pauvre), tandis que l'autre se plaignait du brigandage (vol). Le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit : 

  • « Pour ce qui est du brigandage, il ne sera pas long (le temps] avant qu'une caravane [puisse] sortir de La Mecque sans un garde. Pour ce qui est de la pauvreté, l'Heure (le Jour du Jugement) n'arrivera pas avant que l'un de vous ne prenne son aumône avec lui et ne trouve personne qui veuille l'accepter [qui en ait besoin].Alors (1) un de vous sera sûrement devant Dieu, sans voile entre Lui et lui, sans interprète pour lui traduire. Alors Il lui dira : Est-ce que je ne t'ai pas apporté la richesse ? Et il dira : Si. Alors il dira : Est-ce que je ne t'ai pas envoyé de messager ? Et il dira : Si. Et il regardera à droite et il ne verra rien d'autre que l'Enfer, et alors, il regardera à gauche et il ne verra rien d'autre que l'Enfer, alors que chacun de vous se protège contre l'Enfer, ne serait-ce que de la moitié d'une datte - et s'il n'en trouve pas, alors avec de douces paroles. »

 1-i.e. au moment de l'Heure. 

 Rapporté par al- Bokhari. 

Hadith 14

D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu (glorifié et exalté) a de nombreux anges qui parcourent la terre à la recherche d'assemblées où le nom de Dieu est invoqué : ils se joignent alors à eux et rassemblent leurs ailes les uns autour des autres. remplissant ainsi l'espace entre eux et le premier ciel. Quand [les gens de l'assemblée] finissent, [les anges] montent et s'élèvent jusqu'au Paradis. Il (le Prophète Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit: Alors Dieu (puissant et sublime) leur demande - [même si] Il sait mieux qu'eux : D'où venez-vous? Et ils disent : Nous revenons de certains de Tes serviteurs sur Terre : ils Te glorifiaient (Subhana llah), T'exaltaient (Allahu akbar), témoignaient qu'il n'y a de dieu que Toi (La ilaha illa llah), Te louant (Al-Hamdu lillah), en Te demandant [des faveurs]. Il dit : Et que Me demandaient-ils ? Ils disent : Ils Te demandent Ton Paradis. Il dit : Et ont-ils vu Mon Paradis ? Ils disent : Non, O Seigneur. Il dit : Et comment cela serait s'ils avaient vu Mon Paradis ? Ils disent : Et ils cherchent protection auprès de Toi. Il dit : De quoi cherchent-ils Ma protection ? Ils disent : de Ton Enfer, O Seigneur. Il dit : Et ont-ils vu Mon Enfer ? Ils disent : NON. Il dit : Et qu'en serait-il s'ils avaient vu Mon Enfer ? Ils disent : Et ils demandent Ton pardon. Il (le Prophète Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit: Alors Il dit: Je leur ai pardonné et je leur ai accordé ce qu'ils ont demandé, et je leur ai donné un sanctuaire contre ce qu'ils ont demandé protection. Il (le Prophète Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit : Ils disent : O Seigneur, parmi eux est Untel et untel, un serviteur pécheur, qui passait juste par ce chemin et s'assit avec eux.. Il (le Prophète Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit: Et Il dit: Et à lui [aussi] J'ai accordé mon pardon : celui qui s'assoit avec de tels gens ne souffrira pas. » 

Rapporté par Mouslim (et aussi par al-Bokhari, at-Tirmidhi et an-Nasa'i). 

Hadith 15

D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu Tout-Puissant a dit : Je suis tel que Mon serviteur croit que Je suis (1). Je suis avec lui quand il M'invoque. S'il M'invoque dans son for intérieur, Je l'invoquerai en Moi, et s'il M'invoque dans une assemblée, Je l'invoque dans une assemblée meilleure encore. Et s'il s'approche de Moi d'une coudée, Je m'approche de lui d'une brasse. Et s'il vient à Moi en marchant, je viens à lui "mouharwilen". (1) Une autre traduction possible de l'Arabe est : "Je suis comme Mon serviteur s'attend à ce que Je sois". Le sens est que le pardon et l'accueil du repentir par le Tout-Puissant. Est conditionné par la croyance sincère qu'Il pardonne et qu'Il est miséricordieux. Cependant, ne pas accompagner cette croyance avec la bonne action serait se moquer du Tout-Puissant. » 

1 - mot arabe signifiant "adopter une allure entre la marche et la course". C'est l'allure  adoptée par les pélerins qui font le circuit entre le safa et le marwa" lors du pélérinage à la mecque. Le guide du pèlerin (Hajj et omra ) - partie 1 sur 2 -  

Rapporté par al-Buhkari (et aussi par Mouslim, at-Tirmidhi et Ibn-Majah). 

Hadith  16

      Rapporté par le fils de Abbas (que Dieu les agrée tous deux), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam), parmi les paroles qu'il relatait de son Seigneur (glorifié et exalté) rapporta qu'Il dit :

  • « Dieu a écrit les bonnes actions et les mauvaises. Alors Il l'expliqua [en disant que] « Celui qui à l'intention de faire une bonne action, et qu'il ne l'a pas faite, Dieu lui inscrit auprès de Lui comme une pleine bonne action, mais s'il a l'intention de faire une bonne action, et qu'il l'a fait, Dieu lui écrit auprès de Lui comme dix bonnes actions et sept cents fois plus, ou plus encore. Mais s'il à l'intention de faire une mauvaise action et ne l'a pas faite, Dieu lui écrit auprès de Lui comme une bonne action pleine. Mais s'il à l'intention de faire une mauvaise action et l'a faite, Dieu lui inscrit comme une seule mauvaise action. » 

Rapporté par al-Bokhari et Mouslim. 

Hadith 17

Rapporté par Abu Dharr al-Ghifari (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam), parmi les paroles qu'il relatait de son Seigneur (qu'il soit glorifié) rapporta qu'Il dit : 

  • « Mes serviteurs, Je Me suis interdis l'oppression, et Je l'ai interdit entre vous, alors ne vous opprimez pas les uns les autres. O Mes serviteurs, vous êtes tous dans l'égarement, sauf ceux que J'ai guidé, alors recherchez Ma guidée et Je vous guiderai, O Mes serviteurs, vous êtes tous affamés sauf ceux que J'ai nourri, alors cherchez votre nourriture auprès de Moi et je vous nourrirais. O Mes serviteurs, vous êtes tous nus, sauf ceux que j'ai vêtus, alors cherchez vos vêtements auprès de Moi et Je vous vêtirais. O Mes serviteurs, vous commettez des péchés jour et nuit, et Je pardonne tous les péchés, alors cherchez le pardon auprès de Moi, et Je vous pardonnerai. O Mes serviteurs, vous ne m'atteindriez pas en mal en cherchant à me faire du tort, et vous ne m'atteindriez pas en bien, en cherchant à M'avantager. O Mes serviteurs, même si le premier et le dernier d'entre vous, les hommes et les djinns, étaient aussi pieux que le cœur le plus pieux des hommes, cela n'ajouterai rien à Mon royaume. O Mes serviteurs, même si le premier et le dernier d'entre vous, les hommes et les djinns étaient aussi pervers que le cœur le plus pervers des hommes, cela ne diminuerai rien à Mon royaume. O Mes serviteurs, même si le premier et le dernier d'entre vous, hommes et djinns, se rassemblaient en un endroit et Me demandaient, et que Je satisfasse la demande de chacun, cela ne diminuerait pas ce que Je possède, pas plus que ne diminue la mer quand on y trempe une aiguille. O Mes serviteurs, Je n'estime rien d'autre de vous que vos actions et Je les récompense ensuite. Donc celui qui trouve le bonheur, qu'il rende grâce à Dieu et celui qui trouve autre chose, qu’il ne s'en prenne qu’à lui-même". » 

Rapporté par Mouslim (et par at-Tirmidhi et Ibn Majah). 

Hadith 18

 D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu Tout-Puissant dira le Jour de la Résurrection : O fils d'Adam, Je suis tombé malade et tu ne M'as pas rendu visite. Il dira : O Seigneur, comment puis-je Te rendre visite quand Tu est le Seigneur des mondes ? Il dira : Ne savais-tu pas que Mon serviteur Untel était tombé malade, et tu ne l'as pas visité ? Ne savais-tu pas que si tu l'avais visité, tu M'aurais trouvé avec lui ? O fils d'Adam, Je t'ai demandé de la nourriture et tu ne M'as pas nourri. Il dira : O Seigneur comment puis-je Te nourrir quand Tu est le Seigneur des mondes ? Il dira : Ne savais-tu pas que Mon serviteur Untel t'a demandé de la nourriture, et que tu ne l'as pas nourri ? Ne savais-tu pas que si tu l'avais nourri, tu aurais trouvé la récompense (d'en avoir fait autant avec Moi) ? fils d'Adam, Je t'ai demandé de m’abreuver et tu ne M'as pas donné à boire. Il dira : O Seigneur comment puis-je Te donner à boire quand Tu es le Seigneur des mondes ? Il dira : Mon serviteur Untel t'a demandé à boire, et que tu ne lui pas donné ? Si tu lui avais donné à boire, tu aurais sûrement trouvé la récompense (d'en avoir fait autant avec Moi). » 

Rapporté par Mouslim. 

Hadith 19

  D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu (puissant et sublime) a dit : L'orgueil est mon manteau et la grandeur mon habit, et celui qui Me rivalise dans l'un ou l’autre, Je le jetterai en Enfer. » 

Rapporté par Abu Daoud (et par Ibnou Majahet Ahmad) avec une solide chaîne de transmission. Ce Hadith apparaît aussi dans une autre version chez Mouslim.

Hadith 20

D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Les portes du Paradis seront ouvertes les lundis et jeudis, et tous les serviteurs (de Dieu) qui n'associeront rien à Dieu seront pardonnés, exceptés l'homme qui a un différent avec son frère. [A leur sujet] on dira : Différez [le pardon de] ces deux là jusqu'à ce qu'ils se réconcilient. Différez [le pardon de] ces deux là jusqu'à ce qu'ils se réconcilient. » 

Rapporté par Mouslim (et par Malik et Abu Daoud). 

Hadith  21

D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu Tout-Puissant a dit : Je serai l'adversaire de trois hommes (1) le Jour du Jugement : un homme qui jure par Moi et brise son serment ; un homme qui a vendu un homme libre (2) et en a consommé profit; et un homme qui a employé un ouvrier, a exigé son dû en totalité et ne l'a pas payé [de son travail] »

i.e. catégories d'hommes (2) i.e. un homme qui a asservi un autre homme en esclave et l'a vendu.

Rapporté par al-Bokhari (et par Ibnou Majah et Ahmad ibn Hanbal).

Hadith  22

D'après Abu Sa'id (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Qu'aucun d'entre vous ne se rabaisse. Ils dirent : O Messager de Dieu, comment l'un d'entre nous peut se rabaisser ? Il dit : Il trouve une affaire concernant Dieu sur laquelle il devrait dire quelque chose, mais ne [le] dit pas. Alors, Dieu (puissant et sublime) lui dit le Jour de la Résurrection : Qu'est-ce qui t'a empêché de dire quelque chose a propos de telle et telle affaire ? Il dit [C'était] par crainte des gens. Alors Il dit : C'est plutôt Moi dont tu devrais éprouver de la crainte. » 

Rapporté par Ibnou Majah avec une chaîne solide de transmission 

Hadith 23

D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu dira le Jour de la Résurrection : Où sont ceux qui s'aimaient pour Ma gloire? Aujourd'hui je les accueille dans Mon ombre, Ce jour où il n'y a d'autre ombre que la Mienne. » 

Rapporté par al-Bokhari (et par Malik). 

Hadith 24

 D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Si Dieu aime un serviteur [parmi les Siens], Il appelle Gabriel (Paix sur lui) et dit : J'aime untel, alors aimes-le. Il (le Prophète Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit : Alors Gabriel l'aime. Ensuite, Il (Gabriel) appelle les gens du Paradis, en disant : Dieu aime untel, alors aimez-le. Et tous les habitants du Paradis l’aimeront. Il (le Prophète Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit : Alors l'acceptation est établie pour lui sur terre. Et si Dieu déteste un serviteur [parmi les Siens], Il appelle Gabriel (Paix sur lui) et dit : Je déteste untel, alors détestes-le. Il (le Prophète Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit: Alors Gabriel le déteste. Ensuite, Il (Gabriel) appelle les gens du Paradis, en disant: Dieu déteste untel, alors déteste-le. Et tous les habitants du Paradis le déteste. Il (le Prophète Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit: Alors le rejet est établi pour lui sur terre. » 

Rapporté par Mouslim (et par al-Bokhari, Malik, et at-Tirmidhi). 

Hadith 25

 D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu (puissant et sublime) dit: Quiconque montre de l'inimitié à un de Mes dévoués serviteurs, Je lui déclare la guerre. Mon serviteur ne s'approche de Moi que par ce que J'aime le plus, par les devoirs religieux que je lui ai enjoint, et Mon serviteur ne cesse de se rapprocher par des œuvres surérogatoires jusqu'à ce que je l'aime. Quand je l'aime, Je suis l'oreille par laquelle il entend, l'œil par lequel il voit, la main par laquelle il frappe et le pied avec lequel il marche. Qu'il Me demande [quelque chose], et Je lui donnerai sûrement, et qu'il Me demande refuge, Je le lui accorderai sûrement. Aucune chose ne Me fait hésiter plus que [de prendre] l'âme de Mon fidèle serviteur : il déteste la mort et Je déteste le blesser. » 

 Rapporté par al-Bokhari. 

Hadith 26

D'après Abu Umamah (que Dieu l'agrée), le Prophète ( Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu (puissant et sublime) dit: Véritablement, parmi Mes dévoués, celui que Je favorise est le croyant [vivant] de maigres moyens et s'adonnant à la prière, qui a été particulier dans l'adoration de son Seigneur et a Lui obéi du plus profond de lui-même (1), qui était discret parmi les gens et non ostensible, et dont le salaire était juste suffisant pour le faire vivre, bien qu'il le supporte avec patience. Alors le Prophète ( Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam): Il frappa sa main et dit : La mort serai arriver tôt pour lui, on ne l'aurai pas pleuré beaucoup,  ses biens rares. »

 (1) i.e. il n'a pas été ostentatoire dans son obéissance. 

 Rapporté par at-Tirmidhi (et aussi par Ahmad ibn Hanbal et Ibn Majah). Sa chaîne de transmission est solide. 

Hadith 27

 D'après Masruq : Nous avons interrogé Abdullah (i.e. Ibn Messaoud) au sujet de ce verset : ". Ne pense pas que ceux qui ont été tués dans le sentier d'Allah, soient morts. Au contraire, ils sont vivants, auprès de leur Seigneur, bien pourvus.. ».." (Coran sourate 3 Verset 169). Il dit : Nous avons posé la question et le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam dit :

  • « Leurs âmes sont à l'intérieur d'oiseaux verts, dont les lanternes [cages?] sont suspendues au Trône, parcourant librement le Paradis où qu'ils veuillent, puis s'abritant dans ces lanternes. Alors leur Seigneur pose Son regard sur eux (1) et dit: Désirez-vous quoi que ce soit? Ils dirent: Que pourrions-nous souhaiter quand nous évoluons librement dans le Paradis comme il nous plait ? Et Il fit de même trois fois. Quand ils virent qu'ils ne cesseraient pas d'être [encore] interrogés. ils dirent : "O Seigneur, nous aimerions que Tu places nos âmes dans nos corps afin que nous puissions combattre pour Ta cause une fois encore." Et quand Il vit qu'ils n'avaient plus besoin de rien, Il les laissa aller. »

(1) i.e. à ceux qui sont morts pour la cause de Dieu.  

Rapporté par Mouslim (et aussi par at-Tirmidhi, an-Nasa'i et Ibn Majah). 

Hadith 28

D'après Jundub ibn Abdullah (que Dieu l'aggrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit : 

  • «Il y eut parmi les hommes qui vous ont précédés un homme blessé. Il était [tellement] désespéré qu’il prit un couteau et se fit une entaille à la main, et le sang ne cessa de couler jusqu'à sa mort. Dieu Tout-Puissant dit : Mon serviteur m'a devancé ; Je lui ai interdit le Paradis.» 

Rapporté par al-Bokhari. 

Hadith 29

D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

Dieu (puissant et sublime) dit : Ma récompense pour Mon fidèle serviteur, si J'ai pris à Moi son meilleur ami des habitants du monde et qu'il ait then borne patiemment pour Ma cause, ne sera rien de moins que le Paradis. 

 Rapporté par al-Bokhari. 

Hadith 30

D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète ( Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • Dieu (puissant et sublime) dit : Si Mon serviteur aime à Me rencontrer, J'aime à le rencontrer, s'il déteste Me rencontrer, Je déteste le rencontrer. Explication prophétique de ce Hadith Sacré : Celui qui aime rencontrer Dieu, Dieu aime à le rencontrer ; et celui qui déteste rencontrer Dieu, Dieu déteste le rencontrer.

Aicha’ (que Dieu l'agrée) dit : O Prophète de Dieu, est-ce que c'est à cause du dégoût de la mort, puisque nous détestons tous la mort ? Le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit : 

  • Cela n'est pas cela, mais plutôt que quand le croyant reçoit des nouvelles de la miséricorde de Dieu, de Son approbation, et de Son Paradis, il aime à rencontrer Dieu et Dieu aime à le rencontrer ; mais quand un mécréant reçoit des nouvelles de la punition de Dieu et de Son mécontentement, il déteste rencontrer Dieu et Dieu déteste le rencontrer. 

Rapporté par al-Bokhari et Malik. La version prophétique est rapportée par Mouslim. 

Hadith 31

      D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • Un homme dit : Par Dieu, Dieu ne pardonnera pas telle chose. A ceci, Dieu Tout- Puissant dit : Quel est celui qui jure par Moi que Je ne pardonnerai pas telle chose ? En vérité, Je lui ai pardonné telle chose et Je t'ai annulé tes [bonnes] actions (1).

(1) Un Hadith similaire, rapporté par Abu Daoud, indique que la personne en question était un homme goldly dont les bonnes actions antérieures ont été annulées en affirmant que Dieu ne pardonnerai pas les péchés d'un autre. 

 Rapporté par Mouslim. 

Hadith 32

      D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • Un homme commis de grands péchés contre lui-même, et quand la mort vint à lui, il recommanda à ses fils : Quand je serai mort, brûlez-moi, puis broyez-moi et dispersez [mes cendres] dans la mer, car, par Dieu, si mon Seigneur prend possession de moi, Il me punira comme Il n'a jamais puni personne [d'autre]. Alors, ils lui firent ainsi [qu'il le voulait]. Alors Il dit à la terre : Produis ce que tu a pris - et le voilà ! Et Il lui dit : Qu'est-ce-qui t'a fait faire ce que tu as fait ? Il dit : par peur de Toi, O mon Seigneur (ou il dit : par crainte de Toi) et à cause de ça, Il lui pardonna. 

Rapporté par Mouslim (et aussi par al-Bokhari, an-Nasa'i et Ibn Majah). 

Hadith 33

       Rapporté par Abu Dharr al-Ghifari (que Dieu l'aggrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam), parmi les paroles qu'il rapporte de son Seigneur (puissant et sublime) rapporta qu'Il dit : 

  • Un serviteur [de Dieu] commit un péché et dit : O Dieu, pardonne-moi mon péché. Et Il (glorifié et exalté) dit : Mon serviteur a commis un péché et a reconnu qu'il a un Seigneur qui pardonne les péchés et punit pour eux. Puis il pécha encore et dit: O Dieu, pardonne-moi mon péché. Et il (glorifié et exalté) dit : Mon serviteur a commis un péché et a reconnu qu'il a un Seigneur qui pardonne les péchés et punit pour eux. Puis il pécha encore et dit : O Dieu, pardonne-moi mon péché. Et il (glorifié et exalté) dit : Mon serviteur a commis un péché et a reconnu qu'il a un Seigneur qui pardonne les péchés et punit pour eux. Fais-ce que tu veux, car je t'ai pardonné. 

 Rapporté par Mouslim (et par al-Bokhari). 

Hadith 34

       Rapporté par Anas (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu Tout-Puissant dit : O enfant d’'Adam, aussi longtemps que tu M'appelleras et que tu Me prieras, Je te pardonnerai pour ce que tu as fait, et Je ne t'en tiendrais pas rigueur. O enfant d’'Adam, même si tes péchés devait atteindre les nuages du ciel, et que tu Me demanderais alors pardon, Je te pardonnerai. O enfant d’'Adam, même si tu venais à Moi avec des péchés aussi grands que la terre et que tu te présenterais alors à Moi, sans M'attribuer aucun associé, Je t'accorderai un pardon presque aussi grand."

 Rapporté par at-Tirmidhi (et aussi par Ahmad ibn Hanbal). Sa chaîne de transmission est forte. 

Hadith 35

      D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • Notre Seigneur (qu'Il soit glorifié et exalté) descend chaque nuit au ciel de la terre au dernier tiers de la nuit, et Il dit : Qui est en train de prier que Je lui réponde ? Qui demande quelque chose que Je lui accorde ? Qui demande miséricorde que Je lui pardonne ? 

Rapporté par al-Bokhari (et aussi par Mouslim, Malik, at-Tirmidhi et Abu Daoud).

Dans une version par Mouslim, le Hadith se termine avec ces mots : Et Il ainsi continue jusqu'à ce que [la lumière de] l'aube apparaisse.. 

Hadith 36

      D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • Les croyants se rassembleront le Jour de la Résurrection et diront : Ne devrions-nous pas demander [à quelqu'un] qu'il intercède pour nous auprès de notre Seigneur ? Alors ils viendront à Adam et ils diront : Tu es le Père de l’humanité ; Dieu t'a créé de Sa main et Il a fait prosterner Ses anges devant toi et Il t'a enseigné les noms de toutes choses, alors interviens pour nous auprès du Seigneur pour qu'Il nous soulage de l'endroit où nous sommes. Et il dira : je ne suis pas en position [pour faire ça] – et il mentionnera ses méfaits et se sentira honteux et dira : Allez à Noé, car il a été le premier messager que Dieu envoya aux habitants de la terre. Alors ils iront à lui [Noé] et il dira : je ne suis pas en position [pour faire ça]. et il mentionnera sa demande à son Seigneur de quelque chose dont il n'avait pas connaissance [correcte]. (Coran Sourate 11 Versets 45-46), et il se sentira honteux et dira : Allez à l'Ami du Miséricordieux (Abraham). Alors ils iront à lui et il dira : je ne suis pas en position [pour faire ça]. Allez à Moïse, un serviteur auquel Dieu a parlé et auquel il a donné la Torah. Alors ils iront à lui et il dira : je ne suis pas en position [pour faire ça] - et il mentionnera la prise d'une vie autrement que pour une autre vie et il se sentira honteux à la vue de son Seigneur et dira : Allez à Jésus, le serviteur et messager de Dieu, le Verbe et l'Esprit de Dieu. Alors ils iront à lui et il dira : je ne suis pas en position [pour faire ça]. Allez à Mohammad (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam), un serviteur auquel Dieu a pardonné tous ses méfaits, passés et futurs. Alors ils iront à moi et je m'avancerai pour demander la permission de venir à mon Seigneur, et la permission me sera donnée, et quand je verrai mon Seigneur, je me prosternerai. Il me laissera ainsi autant de temps qu'Il lui plaira, et alors Il me dira : Relève ta tête. Demande et il te sera accordé. Parle et tu seras entendu. Intercède et ton intercession sera acceptée. Alors, je lèverai la tête et Le louerai d'une sorte de louange qu'Il m'enseignera. Alors, j'intercéderai et IL me donnera une limite [pour le nombre de gens], et je les admettrai au Paradis. Je retournerai ensuite à Lui, et quand je verrai mon Seigneur [je me prosternerai] comme avant. Alors j'intercéderai et Il me donnera une limite [pour le nombre de gens]. et je les admettrai au Paradis. Alors, je retournerai une troisième fois, puis une quatrième, et je dirai : Il ne reste en Enfer que ceux que le Coran a confiné et ceux qui doivent rester pour l'éternité. Sortira de l'Enfer celui qui a dit : "Il n'y a de dieu que Dieu" et qui a dans son cœur de la bonté du poids d'un grain de blé, alors sortira de l'Enfer celui qui a dit : "Il n'y a de dieu que Dieu" et qui a dans son cœur de la bonté du poids d'un grain d'orge. Alors Sortira de l'Enfer celui qui a dit : "Il n'y a de dieu que Dieu" et qui a dans son cœur de la bonté du poids d'un atome. 

 Rapporté par al-Bokhari (et par Mouslim, at-Tirmidhi, et Ibn Majah). 

Hadith  37

      D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée),le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Dieu a dit : J’ai préparé pour Mes justes serviteurs ce que nul œil n'a vu et ce que nul oreille n'a entendu, ce qu'aucun cœur humain n'a ressenti. » 

Alors récitez si vous le souhaitez (1) : Aucun être ne sait ce qu'on a réservé pour eux [les habitants du Paradis] comme réjouissance pour les yeux, en récompense de ce qu'ils œuvraient ! » (Coran Sourate 32 Verset 17). (1) Les mots "Alors "récitez si vous le souhaitez.. " sont de Abu Harayrah. 

 Rapporté par al-Bokhari, Mouslim, at-Tirmidhi et Ibn Majah. 

Hadith  38

D'après Abu Harayrah (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • « Quand Dieu créa le Paradis et l'Enfer, Il envoya Gabriel au Paradis, en lui disant : Regarde le et regarde ce que j'y ai préparé pour ses habitants. » Le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit : « Alors, il y alla puis le regarda, et vit ce que Dieu y avait préparé pour ses habitants. « Le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit : « Il retourna ensuite à Lui et dit : Par Ta gloire, personne n'en entendra parler sans [vouloir] y entrer. Alors Il ordonna qu'il soit enfermé de formes de difficultés, et Il dit : Retournes-y et regarde ce que j’y ai préparé pour ses habitants. »  Le Prophète (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) dit : « Et il y retourna et trouva qu'il était entouré de formes de difficultés (1). Il retourna alors à Lui et dit : Par Ta gloire, je crains que personne n'y entre. Il dit : Va en Enfer et regarde le et regarde ce que j'y ai préparé pour ses habitants, et Il trouva qu'il était en couches, l'une au-dessus de l'autre. Il retourna ensuite à Lui et dit : Par Ta gloire, personne n'en entendra parler et [voudra] y entrer. Alors Il ordonna qu'il soit enfermé de formes de plaisirs, et Il dit : Retournes-y. Et il y retourna et dit : Par Ta gloire, je crains que personne ne parvienne à ne pas y entrer. » 

 ( 1) Le mot arabe utilisé ici est "makarih", dont le sens littéral est "choses qui sont détestées". Dans ce contexte, cela réfère à des formes de la discipline religieuse que l'homme trouve habituellement contraignantes.

 Rapporté par Tirmidhi, qui dit que c'est un bon et solide Hadith (et aussi par Abu Daoud et an- Nasa'i). 

Hadith  39

D'après Abu Sa'id al-Khudri (que Dieu l'agrée),le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam)a dit : 

  • Le Paradis et l'Enfer se disputaient, et l'Enfer dit : En moi sont-les puissants et les hautains. Le Paradis dit : En moi sont les faibles et les pauvres. Alors, Dieu jugea entre eux, [disant] : Tu es le Paradis, Ma miséricorde, à travers toi, J'accorde Ma miséricorde à ceux qui le souhaitent. Et tu es l'Enfer, Ma punition ; à travers toi, Je punis ceux que je souhaite, et il M'incombe que chacun de vous ait son fardeau. » 

Rapporté par Mouslim (et par al-Bokhari et at-Tirmidhi). 

Hadith  40

      D'après Abu Sa'id al-Khudri (que Dieu l'agrée), le Messager de Dieu (Salla’Allahou 3alléyhi wa sallam) a dit : 

  • Dieu dira aux habitants du Paradis : O habitants du Paradis ! Ils diront : O notre Seigneur, nous nous présentons et nous sommes à Ton bon plaisir, et la bonté repose en Tes mains. Alors Il dira : Etes-vous satisfaits ? Et ils diront : Et comment ne pourrions-nous pas être satisfaits, O Seigneur, quand Tu nous a donné ce que Tu n'as donné à personne de Ta création ? Alors Il dira : Voudriez-vous que Je vous donne mieux que ça ? Et Ils dirent : O Seigneur et quelle chose est mieux que ça ? Et IL dira : Je vous ferai la faveur de descendre à vous et par la suite, Je ne serai plus jamais mécontent de vous.” 

Rapporté par al-Bokhari (et par Mouslim et at-Tirmidhi).  

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Published by aladin - dans ISLAM
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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 10:54

Au Nom D’Allah Clément et Miséricordieux

Préface :

                              Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la paix et le salut soient sur le plus noble des prophètes et le sceau des messagers, notre prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons.

                             Au début de son édition de la collection « messages instructifs », l’Université a publié le guide du pèlerin (hajj et omra) du grand savant Saleh Al-Fawzân. Bien qu’elle en ait imprimé un grand nombre d’exemplaires et qu’il ait paru juste avant la période du pèlerinage, il a été épuisé et la demande n’a cessé d’augmenter aussi bien à l’intérieur du Royaume qu’à l’étranger. Cela est dû au format de ce guide, à sa compréhension facile et à son contenu exhaustif. Ainsi l’Université l’a-t-elle réédité plusieurs fois, mais, à chaque fois, il fut épuisé en peu de temps.

                             Ayant senti la demande croissante de ce guide, le besoin qu’ont les gens de ce genre de messages faciles, son expansion rapide et son grand intérêt, l’auteur, qu’Allah le récompense, l’a revu et augmenté pour qu’il soit, grâce à Allah, plus intéressant et plus exhaustif.

                             En le rééditant, pour la dixième fois, l’Université suit les décisions louables du serviteur des Lieux Saints et de son gouvernement, dans leur recherche continue à servir l’Islam et à éclaircir sa législation, et prie Allah le Très-Haut que ce guide soit disponible pour que tout pèlerin de la nation islamique puisse en tirer profit et accomplir convenablement les rites du pèlerinage. Elle prie Allah que ce guide soit bénéfique, utile et récompensé dans ce monde et l’au-delà. De plus, elle offre l’occasion à quiconque veut l’imprimer et le distribuer gratuitement après coordination avec les responsables de l’Université, qu’il s’agisse de gouvernement ou de la société civile, et ce dans le désir de la récompense divine et de la généralisation du profit.

                             Qu’Allah récompense l’auteur pour les efforts continus qu’il déploie pour exhorter les gens à vénérer Allah, à éviter les péchés et à ne pas commettre les interdits. Qu’Allah nous aide à tirer profit de ces efforts louables. C’est Allah qui nous oriente sur la bonne voie.

Le Recteur de l’Université Islamique al-Imâm Mohamed Ibnou Sa’oud.

Son excellence Dr Mohamed Ibn sa’ad al saleh     

Préface de l’auteur :

 Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la paix et le salut soient sur notre Prophète Muhammad, sur les siens et ses compagnons.

                             Puisque le commun des hommes de la communauté, surtout celui qui n’a pas encore effectué le hajj (le grand pèlerinage) ou la omra (petit pèlerinage ou visite pieuse) se demande ce qu’il doit faire et dire lors de son hajj ou de sa omra, je lui ai écrit cet abrégé parce que le commun des hommes ne comprendrait pas ce qui est écrit dans un style scientifique. Il suffit de lui décrire ce qu’il doit faire dans un style qu’il comprend…

  L’auteur   


 Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la paix et le salut soient sur le plus nobles des prophètes et le sceau des messagers, notre prophète Muhammad, sa famille et ses compagnons. 


 

Pèlerin ! :

                             Veille à ce que ton intention soit sincère avec Allah dans ton hajj, ta omra et toutes tes actions ; veille, aussi, à accomplir le hajj et la omra et toutes les actions conformément à la sunna (tradition du Prophète), pour que ton œuvre soit juste et acceptable. Sans ces deux conditions (la sincérité de l’intention et la conformité à la sunna) aucune action n’est acceptée. Si tel est le cas, je te conseille de lire ces informations avant d’entamer le hajj ou la omra, peut-être Allah te ferait-il en profiter.

                             Veille, aussi, à ce que tes dépenses, pendant le hajj ou la omra proviennent de revenus licites parce que accomplir le hajj avec des revenus illicites n’est pas accepté comme l’indique le hadith.

AL-IHRAM : L’ETAT DE SACRALISATION.                              

 

   demarcation                        

 

 Sache que le premier rite du hajj ou de la omra est l’ihrâm. Il faut que tu connaisses le lieu de l’ihrâm, sa période, ce que tu dois faire avant l’ihrâm et son sens, les différents rites pour lesquels tu te mets en état d’ihrâm, ce que tu dois dire au moment de l’ihrâm et après et ce qu’il est interdit de faire. Alors fais attention à ce qui suit. 

                              Le Prophète a déterminé des endroits par lesquels celui qui veut accomplir le hajj ou la omra ne peut passer et qu’il ne peut dépasser en allant à la Mecque sans être en état d’ihrâm. Ces endroits sont : 

 Dhoul-halîfah, appelé de nos jours Abiyâr ali, c’est le lieu de l’ihrâm pour les habitants de Médine et ceux qui y passent par voie terrestre ou aérienne. 

Al-Jouhfah, un endroit prés de Rabagh, sur la route côtière. Les gens se mettent en ihrâm à Rabagh qui est situé un peu avant le lieu de l’ihrâm. C’est le lieu de l’ihrâm pour les habitants du Maghreb, de Syrie, d’Egypte et de ceux qui passent par ces pays par voie terrestre, maritime ou aérienne. 

Yalamlam, appelé actuellement Assa’diya, est le lieu de l’ihrâm pour les habitants du Yémen et ceux qui empruntent cette voie. 

Qarn-al-Manâzil, appelé Assayl al-kabir est le lieu de l’ihrâm pour les habitants de Najd et de ceux qui, y passent par voie terrestre ou aérienne. 

Dhatul-‘irq, c’est le lieu de l’ihrâm pour les habitants de l’Irak et de ceux qui empruntent cette voie par la route, la mer ou l’air. 

Celui dont la demeure ne se situe pas dans les lieux de l’ihrâm cités, se met en état d’ihrâm pour le hajj ou la omra dans sa demeure, à l’exception de ceux qui habitent la Mecque. Ceux-ci doivent quitter la ville jusqu’à ses environs pour se mettre en état d’ihrâm pour la omra ; pour le pèlerinage, ils se mettent en état d’ihrâm à la Mecque. Celui qui est passé par ces lieux sans penser accomplir ni le hajj ni la omra, puis il en a eu l’intention après les avoir dépassés, se met en état d’ihrâm à l’endroit où il a cette intention ; il ne doit le dépasser qu’en état d’ihrâm.1 

Période de l’ihrâm pour le pèlerinage.

       Ce sont les mois qu’Allah a mentionnés :

الْحَجُّ أَشْهُرٌ مَّعْلُومَاتٌ  

(Le pèlerinage a lieu dans des mois connus…) Al-baqara v197. 

Ces mois sont Chawâl (dixième mois du calendrier hégirien), Dhoul-Qui’da (onzième mois) et les dix premiers jours du douzième mois qui est Dhoul-Hijja. Si l’on se met en état d’ihrâm avant ces mois, l’ihrâm ne sera pas valide selon la majorité des savants (oulémas). 

                             Si on se met en état d’ihrâm à ‘arafât avant le fajr (avant le lever du soleil), la veille du 10 de Dhoul-hijja, le hajj est valide ; par contre pour la ‘omra, on peut se mettre en état d’ihrâm à n’importe quel moment de l’année. 

Ce qu’on doit faire avant l’ihrâm.

                              Avant de te mettre en état d’ihrâm, il est apprécié que tu fasses ce qui suit pour t’y préparer.

Prendre ce dont tu auras besoin pour te couper les ongles, les moustaches et t’épiler les aisselles et le pubis. Si tu viens de faire cela, tu n’es pas tenu de prendre ce nécessaire.

Te laver le corps pour enlever la saleté et la sueur en cachant ta pudeur. Le lavage n’est pas obligatoire en cas d’empêchement. 

L’homme doit enlever tous les vêtements cousus ou tissés, destinés à tout le corps ou à un membre, comme les habits, les sous-vêtements et les chaussettes. Il portera deux pièces d’étoffes (deux draps), de préférence de couleur blanche qu’elles soient neuves ou lavées ; il chaussera ce qu’il voudra ; il est permis de mettre des souliers ne dépassant pas la cheville et sans chaussettes. Il est apprécié que le tissu de l’ihrâm soit blanc et propre. Quant à la femme, elle doit enlever ce qu’il y a sur son visage comme le voile qui est cousu spécialement pour le visage ; elle mettra un voile qui lui couvre la tête et le visage de la vue des hommes avec qui il ne lui est pas interdit de se marier ; il n’y a pas de mal à ce que son voile touche son visage ; elle n’a pas besoin de mettre sur la tête un turban, ou autre chose, qui empêcherait ce voile de toucher son visage comme le font certaines femmes ; cela ne fait pas partie de la sunna.

La femme est aussi tenue, au moment de l’ihrâm, d’enlever les gants ou tout ce qui peut couvrir les mains. Hormis le voile et les gants, il n’est pas interdit à la femme de porter ce qu’elle avait l’habitude de porter à condition qu’elle ne se fasse pas coquette.

Il ne lui est pas recommandé une couleur spéciale quant au tissu de l’ihrâm. La croyance du commun des hommes que la femme doit porter un tissu vert pour l’ihrâm n’a pas de fondement. Certains pensent qu’elle doit porter le blanc ; cela n’est pas permis car elle ressemblerait à l’homme.2

Après s’être lavé, on se parfume le corps, sans parfumer les habits de l’ihrâm ; puis on prépare l’intention de se mettre en état d’ihrâm. La femme peut mettre un parfum dont l’odeur n’est pas très forte. 

Signification de l’ihrâm.

 Après les préparatifs cités, tu te mets en état d’ihrâm. 

Qu’est-ce que l’ihrâm ?

                  C’est « formuler » l’intention d’accomplir le rite voulu ; si tu as envisagé de le commencer, tu es en état d’ihrâm même si tu ne prononces rien. Il est préférable de formuler l’intention après l’une des prières obligatoires.3 Si ce n’est pas le moment d’une prière obligatoire, il est permis de prier deux unités de prière si ce n’est pas un moment qui est déconseillé pour les prières non prescrites comme par exemple, après la prière du fajr et du ‘asr ; dans ce cas, tu te mets en état d’ihrâm sans prier. Si tu accomplis le hajj ou la omra à la place d’une autre personne, tu formules l’intention de l’ihrâm au nom de cette personne ; il est permis que tu dises dans ce cas : « Labaïka-lahouma ‘an foulâne » (Allah, je réponds à ton appel au nom d’untel). 

Différents rites pour lesquels le pèlerin peut se mettre en état d’ihrâm (pour le hajj ou la omra).

Il y a trois rites : la jouissance « At-Tamatou’ », la jonction[ou cumul] « Al-quirân » et l’unicité « Al-Ifrâd » ; le meilleur des rites est le tamatou’, puis le quirân et enfin l’Ifrâd. 

Le tamatou’ (la jouissance) signifie que tu formules l’intention de l’ihrâm pour la omra pendant les mois du pèlerinage déjà précités, à l’endroit déterminé pour l’ihrâm. Quand tu auras accompli ces rites, tu enlèveras l’ihrâm à la Mecque pour le hajj ; mais tu devras sacrifier une bête pour le tamatou’ si tu n’es pas résident à la Mecque. 

 

Le quirân (jonction ou le cumul) signifie que tu formules l’intention de l’ihrâm à la fois pour le hajj et la omra à l’endroit de l’ihrâm (allahouma labaïka hajjane wa ‘omra), ou que tu te mets en état d’ihrâm pour la omra, puis tu entames le hajj avant le circuit autour de la Maison Antique (Kaaba) ces tours sont appelés tawâf. Dans ce cas tu restes en ihrâm jusqu’à la lapidation le jour de l’Aïd (grande fête) ; tu te coupes les cheveux et tu sacrifies une bête comme pour le tamatou’. 

L’Ifrâd (l’unicité) signifie que tu formules l’intention de l’ihrâm pour le hajj uniquement à l’endroit de l’ihrâm. Tu dois rester en état d’ihrâm jusqu’à la lapidation le jour de l’Aïd. Dans ce cas, le sacrifice n’est pas recommandé. Nous verrons cela en détails. 

Les invocations appréciées au moment et après l’ihrâm.

 Si tu t’es mis en état d’ihrâm pour le tamatou’, il est souhaitable que tu dises : « Allah, je veux me mettre en état d’ihrâm pour la omra dont je jouirai jusqu’au hajj, facilite- la donc pour moi et accepte-la » (allahoumma labaïka ‘omra tammatou’aine ila-lhajj fayassirhâ lî wataqabbelhâ minny), ou bien « Allah, je réponds à ton appel pour la omra dont je jouirai jusqu’au hajj » (allahoumma labaïka ‘omra tammatou’aine ila-lhajj). 

Si tu te mets en état d’ihrâm pour le quirân, tu diras : « Ya Allah, je veux me mettre en état d’ihrâm pour la omra et le hajj » (allahoumma labaïka ‘omra wa hajjan), ou bien «  Ya Allah, je réponds à ton appel pour le hajj » (allahoumma labaïka hajjane). 

                             Si tu te sens malade et que tu crains de ne pas pouvoir accomplir le hajj ou la omra, tu peux poser une condition au moment de l’ihrâm en disant : « Si j’ai un empêchement, je resterai là où tu m’auras empêché » (Idha habassani hâbiss famahalli haïthou habasstani), si tu n’y arrives pas, il t’est permis d’ôter   l’ihrâm parce qu’Allah tient compte de ta condition, comme il est mentionné dans le hadith. Après avoir formulé l’intention de l’ihrâm, tu prononceras la formule de la Talbiya : « Labbaïka-lâhouma labbaïk labbaïka lâ charîka laka labbaïk, inna-lhamda wanni’mata laka wa-lmulk lâ charîka lak » (je réponds à ton appel, ô Seigneur, je réponds à ton appel. Je réponds à ton appel, tu n’as pas d’associé, je réponds à ton appel. En vérité, la louange et la grâce T’appartiennent ainsi que la royauté. Tu n’as pas d’associé). Les hommes la prononcent à haute voix et les femmes à voix basse. 

Avertissements : 

                           Si la femme a ses règles ou bien si elle est en couches avant l’ihrâm, elle se lave et se parfume et se met en état d’ihrâm comme les autres, si elle a les règles ou si elle accouche après l’ihrâm, elle reste en état d’ihrâm et accomplit tous les rites à l’exception du tawâf qu’elle doit reporter jusqu’à ce qu’elle soit purifiée. Si elle s’est mise en état d’ihrâm pour le tamatou’ et qu’elle n’est pas encore purifiée le jour de ‘arafât, elle formule l’intention du hajj qu’elle associe à la omra, ainsi elle continuera son hajj sous le rite de quirân, elle ira à ‘arafât et fera ce que fait le pèlerin, à l’exception du tawâf et du sa’y (c’est le va-et-vient entre les deux monticules de la Mecque, Saffâ et Marwâ) qu’elle doit reporter jusqu’à ce qu’elle soit purifiée.

                           Celui qui voyage par avion doit se mettre en état d’ihrâm dans les airs au moment où il se rapprochera d’un lieu de l’ihrâm (le miquâte) [cela lui sera indiqué par le personnel navigant] ; il ne doit pas reporter l’ihrâm jusqu’à l’aéroport de Jeddah car Jeddah n’est un miquâte que pour ses habitants et pour ceux qui y sont autorisés. 

                             Il lui est possible de se laver et de porter le drap de l’ihrâm sous ses vêtements avant de prendre l’avion, quand il se rapprochera du lieu de l’ihrâm, il ôtera ses vêtements et portera le vêtement approprié (le rida’), puis il formulera l’intention de l’ihrâm. 

                             S’il n’a pas d’habits pour l’ihrâm, il gardera son pantalon, enlèvera les vêtements dont il entourera les épaules, le dos et le thorax et formulera l’intention de l’ihrâm. Une fois arrivé à l’aéroport, il mettra les habits de l’ihrâm dès qu’il en disposera et ôtera son pantalon. 

                             Quant à la femme, elle n’a pas d’habits spécifiques à l’ihrâm. Elle se mettra en état d’ihrâm dans l’avion avec ses habits, mais elle enlèvera le barqa’ (foulard qui couvre le visage) et mettra le voile à sa place. Elle enlèvera aussi les gants comme il est mentionné plus haut.

                 Certains pèlerins se photographient après l’ihrâm ; cela est interdit pour deux raisons : 

La photographie est une désobéissance et un péché.6

Cela entre dans le cadre de l’hypocrisie parce qu’ils veulent montrer leur photo en état d’ihrâm. Certes, l’hypocrisie fausse les actes ; méfie-toi, cher musulman ! 

                           Il faut que celui qui accomplit le hajj ou la omra à la place d’un autre ait accomplit préalablement le hajj ou la omra [pour lui-même]. 

                           Certains pèlerins laissent paraître leur épaules droites après l’ihrâm ; c’est une erreur parce que cela ne se fait qu’au moment du premier Tawâf (tawâf al-qoudoum). 

Ce qu’il est de faire après avoir formulé l’intention de l’ihrâm.

Après avoir formulé l’intention de l’ihrâm, il est interdit à l’homme et à la femme de se parfumer le corps ou les habits avec n’importe quels parfums. Comme il leur est interdit de sentir intentionnellement le parfum et d’utiliser ce qui est parfumé comme la nourriture, les boissons, les pommades et le savon. 

Il est interdit à l’homme de se couper les cheveux de tout le corps, quel que soit l’instrument utilisé, et de se couper les ongles. 

Il est interdit à l’homme et à la femme de tuer le gibier ou d’aider à le faire par n’importe quel moyen ou de le désigner avec des gestes ou autres. 

Les relations sexuelles sont interdites. De même, la demande en mariage et la conclusion d’un acte de mariage, sont interdites ; il est aussi interdit d’en parler. 

Il est interdit à l’homme, uniquement, de se couvrir la tête avec quelque chose qui la touche comme le turban, le calot, le chapeau, mais il est possible d’utiliser un parapluie ou ce qu’il lui ressemble.

Il est interdit à l’homme, en particulier, de porter ce qui est cousu comme les habits, les sous-vêtements et les chaussettes ; rien n’empêche de porter une ceinture pour y mettre de l’argent, de porter des lunettes, la montre, la bague et de porter des sandales et des souliers bien qu’il vaille mieux mettre des sandales. 

Il est interdit à la femme de porter le voile ou autre qui est cousu aux mesures des visages et aussi de porter des gants.

Dans la mosquée At-Tan’îm :

                              Puisque certains pèlerins vont prier dans cette mosquée parce qu’ils croient qu’il est légitime d’y prier avant d’aller à la Mosquée Sacrée, et d’autres ne se mettent pas en état d’ihrâm au miquât par où ils passent, mais le font dans cette mosquée ; d’autres encore, qui se trouvent à la Mecque, y vont souvent pour formuler l’intention de l’ihrâm en vue de la omra parce qu’ils croient que cette mosquée a une spécificité et une vertu. Il faut avertir que cette mosquée n’a ni spécificité ni vertu par rapport aux autres mosquées et que le fait de s’y rendre pour cela est une innovation (bid’a), parce que le Prophète a dit : « Tout acte que nous n’avons pas ordonné est rejeté ». 

                             Le Prophète et ses compagnons ne se rendaient pas à cette mosquée. Plutôt, elle n’existait pas au temps du Prophète, mais elle a été construite après sa mort et a été appelé mosquée de ‘Aïcha. Cette appellation n’a pas de fondement, sauf que ‘Aïcha s’était mise en ihrâm à cette endroit. 

                             Ce qui est arrivé à cet endroit est qu’à l’époque du Prophète, ‘Aïcha insista auprès de lui pour qu’il lui permette d’accomplir la omra après le hajj parce qu’elle n’avait pas accompli de omra seule, mais elle a accompli associée avec le hajj à cause de ses règles. Elle lui a, alors, demandé la permission d’accomplir une ‘omra seule ; alors il lui ordonna d’aller à At-Tan’îm et de s’y mettre en ihrâm pour la omra parce que c’est le plus proche endroit des environs ; l’ihrâm de cet endroit lui était donc plus facile. Il n’a pas de vertu par rapport aux autres environs. La croyance qu’il est meilleur que les autres environs est fausse, sans le moindre doute. 

                             S’y rendre en raison de cette croyance est une innovation. Celui qui ne se met pas en ihrâm au lieu indiqué et le fait à At-Tan’îm commet un interdit et omet un devoir parmi les devoirs du hajj ou de la omra ; il doit, donc, sacrifier une bête à la Mecque et la distribuer aux pauvres qui s’y trouvent. Il commet, donc, un péché parce qu’il n’a pas effectué l’ihrâm de l’endroit indiqué (le miquât). Il doit se repentir et immoler l’offrande expiatoire dont nous avons parlé. 

                             Celui qui ne se rend pas, à son arrivée, à la Mosquée sacrée, mais se rend à la mosquée de Tan’îm avant celle-ci, commet un péché et son acte est considéré comme une innovation. Ce qui est recommandé pour celui qui est en état d’ihrâm :

 à son arrivée à la Mecque il doit se rendre en priorité à la Mosquée sacrée, d’y faire les tours de la Kaaba (tawâf), et le va-et-vient entre Saffâ et Marwâ (le sa’iy) s’il accomplit la omra.

  ou de faire le circuit d’arrivée s’il accomplit à la fois le hajj et la omra ou bien s’il accomplit seulement le hajj.

 Il n’a pas à se rendre à At-Tan’îm, ni à d’autres mosquées.

 Sortir de la Mecque et se rendre à At-Tan’îm pour y réitérer l’ihrâm pour la omra avant ou après le hajj ou en dehors de la période du hajj est en contradiction avec le prioritaire et le meilleur car rester au sanctuaire, y prier et faire le tour de la Kaaba de son gré est mieux que de sortir de la Mecque pour réitérer l’ihrâm pour la omra à At-Tan’îm. Et Allah est le plus savant.

Dans la mosquée Ji’rânah :

                              C’est un endroit entre la Mecque et Tâïf, plus proche de la Mecque. Cet endroit, ainsi que la mosquée qui y a été construite, n’a pas de spécificité ni plus de vertu que les autres environs comme le pensent certaines personnes, sauf que le Prophète s’y était mis en ihrâm quand il revenait de Hounayn à la Mecque. Alors, il s’est mis en ihrâm à ji’rânah parce qu’il a eu l’intention d’accomplir la omra à cet endroit. Sinon il ne serait pas sorti de la Mecque, ni lui ni ses compagnons, pour se mettre en ihrâm à Ji’rânah. Certaines personnes quittent la Mecque et se rendent à Ji’rânah pour se mettre en ihrâm pour la omra ou pour y prier. Cela n’a pas été fait par le Prophète ni par ses compagnons. Il n’est pas indiqué non plus par les savants estimés. Mais, il est fait par le commun des hommes prétextant que c’est une sunna. Ce n’est pas une sunna parce que le Prophète s’y était mis en ihrâm quand il rentrait à la Mecque. Donc, la sunna pour celui qui arrive à la Mecque par Taïf et ses environs est de se mettre en ihrâm à Ji’rânah ou à un autre endroit sur son chemin à la limite du sanctuaire.

CE QUE DOIT FAIRE LE PELERIN A SON ARRIVEE A LA MECQUE.

Ce que doit faire le pèlerin dont le rite est le Tamattou’ (jouissance ).

                              Quand tu arrives à la Mecque, si tu es en Tamattou’ :, tu accomplis les rites de la omra en commençant par le circuit de la omra :

√ tu fais sept fois le tour de la Kaaba, chaque tour commence et se termine à la pierre noire (pierre située dans l’un des angles de la Kaaba et qui est indiquée par un trait longiligne noir sur le sol).

√  Après avoir terminé le septième tour, tu sors du circuit et tu pries deux unités de prières, de préférence prés du « maqâm ibrâhîm » (le lieu d’Ibrâhîm) si c’est possible8;sinon à n’importe quel endroit de la mosquée.

√  Ensuite, il est recommandé de boire de l’eau de Zem Zem.9

√ Puis tu te diriges vers le Saffâ (petit monticule proche du puits de Zem Zem)10et tu effectues sept fois le va-et-vient (le sa’yi) entre ce monticule et l’autre qui se nomme Marwâ, c’est le sa’yi de la omra.

 √ Tu commences le premier aller à Saffâ et tu le termines à Marwâ. Ensuite, tu commences le deuxième tour à Marwâ et tu le termines à Saffâ, et ainsi de suite jusqu’à ce que tu termines sept tours. Ainsi, ton aller du Saffâ à Marwâ constitue un tour et ton aller de Marwâ à Saffâ constitue un tour.11 

                            √ Après cela, l’homme se coupe tous les cheveux et la femme coupera l’équivalent d’un bout de pouce (phalangette) de ses cheveux. Ainsi, la omra sera terminée. 

                              NOTE : -Les piliers de la omra (c'est-à-dire que si un pilier n’est pas accompli la omra n’est pas valide) sont l’ihrâm, le tawâf (tour autour de la Kaaba) et le sa’yi (circuit entre Saffâ et Marwâ).

                                             -Ses obligations (c'est-à-dire que si une obligation n’est pas accomplie alors, il faudra sacrifier une offrande et la distribuer aux pauvres de la Mecque et la omra sera, dès lors, valide.) sont l’ihrâm en son endroit (miquât), le rasage ou la coupe des cheveux. 

Ce que doivent faire les pèlerins qui accomplissent le rite quirân et ifrâd à leur arrivée à la Mecque.

A ton arrivée à la Mecque, si tu accomplis le rite quirân ou ifrâd :

√ il est souhaitable que tu accomplisses les sept tours de la Kaaba (c’est ce que l’on nomme le circuit d’arrivée « tawâf al-quoudoum) ;

√  puis tu pries deux unités de prières derrière le lieu d’Ibrâhîm, si cela est possible,

√ puis tu iras boire de l’eau de Zem Zem.

√  Ensuite, si tu le veux tu pourras accomplir le sa’yi du hajj (circuit entre Saffâ et Marwâ) si tu accomplis le hajj seul qui est le rite ifrâd. Après le circuit d’arrivée, tu restes en état d’ihrâm jusqu’au jour de l’Aïd (dixième jour de dhoul-hijja). ERTISSEMENT : 

La condition de validité du tawâf est l’intention (elle émane du cœur et ne se prononce pas), la purification (tu dois être en état d’ablution majeure et mineure), la protection de la pudeur (tu porteras des habits qui ne dévoileront pas tes parties intimes) et l’achèvement des sept tours. Chaque tour commence et se termine à la pierre noire. Il faut aussi laisser la Kaaba à sa gauche (les tours se font dans le sens contraire des aiguilles d’une montre) et faire le tour de la Kaaba au-delà du hijr (c’est une sorte de muret qui forme un demi-cercle dans l’un des cotés de la Kaaba) sinon le tour est incomplet parce que la plus grande partie de ce hijr fait partie de la Kaaba. 

Pendant le circuit de la omra et le circuit d’arrivée (tawâf al-quoudoum), il est souhaitable que l’homme sorte son épaule droite de ses habits (c’est l’ittibâ’) et qu’il marche rapidement pendant les trois premiers tours –s’il est possible- tout en rapprochant les pas (c’est le raml). 

Le tawâf et le sa’yi n’ont pas une invocation spécifique ; le pèlerin peut dire quelques  invocations ou dire : « qu’Allah soit exalté, il n’y a pas de divinité à part Allah,  Allah est le plus grand » soit en arabe « subhâna lahi, lâ ilâha illa lahou, allahou akbar », ou réciter quelques versets du Coran.12 

Il ne doit pas bousculer les autres pour atteindre la pierre noire (pour l’embrasser ou la toucher), s’il l’atteint qu’il la touche et l’embrasse, sinon il suffit qu’il lui fasse un signe de la main quand il passe près d’elle. Aussi qu’il touche le coin yéménite, s’il y parvient, sans l’embrasser. Par contre, s’il ne parvient pas à la toucher, qu’il s’en aille sans lui faire un signe de la main ou autre. 

La validité du sa’yi (circuit entre saffâ et Marwâ) est conditionnée par l’intention qui émane du cœur et ne doit en aucun cas être prononcée. Il faut aussi qu’il ait lieu après un tawâf licite. Aussi, il faut absolument accomplir les sept tours, chacun doit couvrir le trajet entre Saffâ et Marwâ.13 

Si on appelle à la prière, alors que le pèlerin accomplit le sa’yi ou le tawâf, il doit arrêter son circuit et prier avec les pèlerins. Quand il aura terminé la prière, il reprendra le tour en tenant compte de ce qu’il a déjà accompli.

 

 

 serit gul

Saleh ibnou Fawzân ibnou ‘Abdallah Al-Fawzân. 

Traduit par :Nsango Osmanou

Sous la direction du professeur et docteur El Hannach Mohamed

 

Royaume d’Arabie Saoudite

Ministère de l’enseignement supérieur

Université islamique al-Imâm Mohamed ibnou Sa’oud

Messages instructifs de la recherche scientifique

article suivant :   Le guide du pèlerin (Hajj et omra ) - partie 2 sur 2 -

sahih d'al bokhari sur le hajj et la omra:

SAHIH D'EL BOKHARI - 26/48 - LE PELERINAGE (HADJ)  

SAHIH D'EL BOKHARI - 27/48 - LA VISITE PIEUSE (‘OMRA)   


source: http://www.islamhouse.com/

Voir aussi la vidéo : http://0z.fr/8Oyrv


Notes:/ 

1 Celui qui ne passe pas un lieu miqât (lieu de l’ihrâm), se met en état de l’ihrâm lorsqu’il passera tout prés de ce lieu.

Elle se met en état d’ihrâm avec des habits que les femmes ont l’habitude de porter, à l’exception des habits coquets.

L’intention prononcée pour le hajj est « Allah, je réponds à ton appel pour le hajj » « Labïka-lahouma  hajja » et pour la omra : «  Allah, je réponds à ton appel pour la omra » « Labïka-lahouma omra ». 

L’ihrâm d’un enfant pour le hajj ou la omra est valide. S’il est en âge de distinction, il peut formuler son intention lui-même, sinon, son tuteur peut le faire à sa place et doit lui faire éviter les interdits de l’ihrâm. 

Elle couvrira ses mains avec ses habits.

 6 Ils ne doivent pas entamer leur rite par ce péché.

7 Par exemple le toit de la voiture et la tente…

Ce lieu est visible car il est près de la Kaaba et il est indiqué par une sorte de petite coupole dorée. Aussi, il est recommandé de dire en y allant (wat-takhidou mine maqâmi ibrâhîma moussalla) « prenez pour lieu de prière l’endroit où Ibrâhîm se tint debout » (v125 al-baqara) et d’y prier deux unités de prières en commençant par réciter la sourate al-kâfiroune (les mécréants) et dans la deuxième unité la sourate al-ikhlâss (le monothéisme pur). (Note de la rédaction) 

Le Prophète en buvait jusqu’à n’avoir plus soif et s’en verser sur le visage. Il est aussi recommandé d’accompagner ce rite par des vœux car cette eau est bénie et est une cause pour l’exaucement des vœux comme il est indiqué dans le hadith authentique. (NDR)

10 En montant la colline, tu pourras lire le verset 158 de la sourate al-baqara et tu diras, ensuite, « nous commençons par là où Allah a commencé » (c'est-à-dire le saffâ) (nabda-u bimâ bada-a llahou bihi). NDR

11 Il est bon de remarquer que tu seras obligé de terminer ton circuit à Marwâ sans cela tu auras, sans le moindre doute, fait un tour en moins ou un tour en plus. Aussi, tu pourras constater des lumières vertes à chaque circuit ; selon la sunna il est recommandé de presser le pas voire même courir entre les deux lumières vertes et tu pourras aussi y dire « rabbi ghfir wa-rham innaka aneta-la’azou-lakram » (Seigneur, pardonne-moi et accorde-moi  Ta miséricorde, Tu es certes le Très Puissant et le Très Noble).NDR

12 Il est bon aussi de dire entre l’angle yéménite et la pierre noire cette invocation : «  Seigneur accorde-nous une belle part ici-bas et une belle part dans l’au-delà et préserve-nous du châtiment de l’enfer » soit en arabe « rabbanâ âtîna fi-ddounyia hassanh wa fi-lâkhirati hassanah wa qinâ ‘adhâba-nnâr ».NDR

13 On remarquera, contrairement au tawâf, qu’il est autorisé de faire le sa’yi sans être en état d’ablution mais il est recommandé d’être en état de purification. NDR

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Published by aladin - dans ISLAM
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22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 18:03

3)  CE QUE DOIT FAIRE LE PELERIN LE JOUR D’AL-TARWIYAH.

                              Le jour de tarwyiah est le huitième jour du mois de dhoul-hijja. Pendant ce jour, il est apprécié que le pèlerin dont le rite est le tamattou’ (jouissance) qui a accompli, auparavant, sa omra, se mette en état d’ihrâm pour le hajj durant la matinée et de la Mecque.

·      Avant cela, il fera ce qu’il a déjà  fait au miquât pour sa omra : il se lavera, se parfumera, puis il se mettra en ihrâm au lieu de sa résidence (hôtel ou autre).

·      Quant à celui qui accomplit le rite quirân ou ifrâd, il garde encore son ihrâm. Tous les pèlerins doivent se rendre à Mina (ville de campement près de la Mecque) avant la prière de dhohr.

·       Ils n’iront pas à la Mosquée Sacrée pour faire le tour de la Kaaba, mais ils iront directement à Mina. Ils y accomplissent la prière du dhohr (midi) et de ‘asr (après-midi), du maghreb (coucher du soleil) et du ‘ichâ (soir), chacune en son temps ;

·       cependant, ils réduiront les prières qui comportent quatre unités (dhohr, ‘asr, ‘ichâ) à deux unités.

·       Ils passeront la nuit du neuf dhoul hijja à Mina et accompliront la prière du fajr (aube).

·       Passer la nuit à Mina est une sunna prophétique non obligatoire, si on ne la fait pas, ce n’est pas grave. Celui qui s’est installé à Mina avant le jour d’al-tarwiya se met en ihrâm à Mina dans la matinée du jour de tarwyia comme les autres et il reste chez lui. 

 

4)  L’ARRET A ‘ARAFAT ET CE QU’ON Y FAIT.

  

                             Le neuvième jour, dès le lever du soleil, les pèlerins vont de Mina à ‘arafât (endroit situé à environ sept Km de la Mecque) dans le calme et le respect en prononçant la talbyia vue plus haut.

·      Quand ils y arrivent, ils s’assurent d’être bien dans la zone délimitée et s’y installent là où ils le peuvent. Ils ne sont pas tenus d’aller au mont ‘arafât, ni de le voir.

·      L’ Après midi, ils accomplissent les prières du dhohr et du ‘asr regroupées en les réduisant à deux unités chacune, avec un adhan (appel à la prière) et deux iqâma (annonce à la prière).

·      Puis, ils se mettent à invoquer et à prier Allah, en se tenant face à la Kaaba, et ceci jusqu’au coucher du soleil.14

·       Après le coucher du soleil, ils se dirigent vers Muzdalifah (endroit à environ quatre Km de la Mecque). Celui qui quitte ‘arafât avant le coucher du soleil, doit y revenir et y rester jusqu’au coucher du soleil ; s’il n’y revient pas, il commet, donc, un péché et doit sacrifier une bête. En quittant ‘arafât après le coucher du soleil, les pèlerins doivent observer le calme, le respect et s’occuper à prononcer la talbyia et de demander le pardon d’Allah. 

AVERTISSEMENT : 

                             Un arrêt aussi court, soit-il, et même un simple passage à ‘Arafât suffisent à celui qui n’y arrive qu’après le coucher du soleil. L’arrêt prend fin avec le fajr de la veille de l’Aïd. 

 

5)  LA NUIT A MUZDALIFAH.

 ü Quand les pèlerins arrivent à Muzdalifah, ils y accomplissent les prières du maghreb et ‘ichâ regroupées avec un seul adhan et deux iqâma et en réduisant la prière du ‘ichâ à deux unités de prières, le maghreb restant comme il est d’habitude.

ü Puis, ils s’y installent et y passent la nuit. Après minuit, les faibles parmi les femmes, les enfants, les vieux et ceux qui ont besoin de l’aide des plus forts, peuvent quitter Muzdalifah pour aller à Mina. Cependant, il est préférable aux plus forts qui n’ont pas de faibles à leurs charges d’y rester jusqu’au fajr ;

ü  ils accomplissent la prière du fajr en son temps ; puis ils s’occupent à supplier et à invoquer Allah jusqu’à ce que le soleil soit sur le point de se lever.

ü  Ensuite, ils se dirigent vers Mina avant le lever du soleil. Il n’est pas permis de quitter muzdalifah avant minuit.

ü  Celui qui la quitte avant minuit aura, donc, commis un péché et devra sacrifier une bête s’il n’y revient pas car passer la nuit à Muzdalifah est une obligation au moins jusqu’à minuit. Un moment très court et même un passage suffisent à celui qui y arrive après minuit.

6)  LES RITES DU PELERINAGE LE JOUR DE L’AÏD.

                              En quittant Muzdalifah pour Mina, les pèlerins doivent ramasser sept cailloux à Muzdalifah ou sur leur route pour la lapidation de la grande stèle (jamrah al-‘aqabah).

ü Chaque caillou doit être un peu plus gros que le grain d’un pois chiche.

ü  Après leur arrivée à Mina, il est souhaitable de commencer par lapider la grande stèle avec sept cailloux successifs. En jetant chacun des cailloux, ils doivent lever la main en les jetant un par un et dire pour chaque caillou jeté : « Allahou Akbar » (Allah est le plus Grand).

ü  Il faut que chacun des cailloux arrivent dans l’enceinte même du bassin de la stèle. Après cela, peu importe si le caillou y reste ou qu’il en sorte. Le temps imparti à la lapidation de la grande stèle commence la veille du dixième jour à minuit et se termine le dixième jour au coucher du soleil. Il est préférable aux plus forts de lapider ce jour-là après le lever du soleil.

ü Après la lapidation de la grande stèle, le pèlerin qui accomplit le rite de tamattou’ ou le quirân doivent immoler leur offrande. Le moment de l’immolation s’étend du dixième jour au lever du soleil jusqu’au treizième jour jusqu’au coucher du soleil, soit le jour de l’Aïd et trois jours après.

ü  Il est apprécié que le pèlerin mange de son offrande, en offre et en fasse l’aumône. Après avoir immolé son offrande, il se rase la tête ou se coupe les cheveux. La femme doit couper des tresses de ses cheveux l’équivalent d’une phalangette d’un pouce, si elle n’a pas de tresses, qu’elle rassemble ses cheveux et en coupe l’équivalent d’une phalangette d’un pouce. Ce jour-là, quand le pèlerin aura lapidé la grande stèle et qu’il se sera rasé ou coupé les cheveux, il pourra enlever son ihrâm. Tout ce qui lui a été interdit, comme le port des vêtements cousus, le parfum, etc. ne le sera plus à l’exception de sa femme dont il ne pourra jouir qu’après le dernier tawâf (c’est ce qu’on appelle le tawâf al-Ifâddhah).

ü  Après la lapidation, l’immolation de l’offrande, et le rasage ou la coupe des cheveux, le pèlerin peut, si cela est possible, aller à la Mecque le jour de l’Aïd et accomplir le dernier tawâf et le sa’yi entre Saffâ et Marwâ s’il accomplit le rite tamattou’, quirân ou ifrâd et qu’il n’a pas accompli le circuit d’arrivée (tawâf al-quoudoum). L’accomplissement du dernier Tawâf ce jour-là est préférable, mais il peut le retarder. La période de ce tawâf commence la veille du dixième jour ; sa fin n’est pas limitée dans le temps ; mais il vaut mieux l’accomplir pendant les trois jours qui suivent l’Aïd. 

AVERTISSEMENT : 

·      L’ordre des rites, le jour de l’Aïd est le suivant :

ü la lapidation,

ü l’immolation,

ü le rasage ou la coupe des cheveux

ü et enfin l’accomplissement du dernier Tawâf suivi du sa’yi, mais on peut ne pas respecter cet ordre. Par exemple on peut commencer par le Tawâf ou se couper les cheveux avant la lapidation. 

ü Si le pèlerin accomplit trois rites tout ce qui lui était interdit avec l’ihrâm devient permis ; ces rites sont la lapidation, le rasage, et le dernier tawâf et le sa’yi au cas où il devrait l’accomplir. S’il en accomplit deux tout lui devient permis à l’exception des rapports sexuels avec les femmes. 

ü Les caractéristiques de la bête à sacrifier sont les mêmes que celles qu’on sacrifie le jour de l’Aïd al-Adhâ (Aïd el-Kébir). Elle doit atteindre l’âge arrêté par la législation islamique qui est de 6 mois pour les ovins, un an pour les caprins, deux ans pour les bovins et cinq ans pour les camélidés. Chaque ovin ou caprin correspond à une offrande, alors qu’une vache ou un chameau correspondent à sept offrande (c'est-à-dire que sept personne s’associe sur l’achat d’un chameau et cela leur sera comptabilisé comme une offrande chacun). L’offrande doit être dépourvue de tares : elle ne doit être ni malade, ni vieille, ni maigre, ni borgne, ni aveugle, ni boiteuse ; elle doit avoir tout ses membres. Le pèlerin, après avoir égorger sa bête à sacrifier, ne doit pas la jeter. Mais il doit, plutôt, s’en servir : en manger et en distribuer à ceux qui le méritent ou l’égorger et la leur remettre entièrement. Aussi, il peut déléguer quelqu’un pour le sacrifice. 

ü  Celui qui n’a pas les possibilités de sacrifier une bête doit jeûner dix jours dont trois pendant le pèlerinage, de préférence avant le jour de ‘arafât, il peut, toutefois, jeûner les trois jours qui suivent l’Aïd, le onzième, le douzième et le treizième jour de Dhoul-hijja. Il jeûnera les sept jours manquants quand il retournera dans son foyer d’origine

7)  LES JOURS DU TACHRIQ ET LES RITES QU’ON DOIT Y ACCOMPLIR.

                              Les jours du tachrîq sont le onzième, le douzième et le treizième jour de Dhoul-hijja. Pendant ces trois jours, le pèlerin doit accomplir trois rites : 

a)  Passer les nuits de ces trois jours à Mina en y restant, dans la mesure du possible, la majeure partie de la nuit car cela est l’une des obligations du hajj. S’il n’y passe pas la nuit, sans raison, il commet un péché et doit, donc, sacrifier une bête. 

b)  Accomplir les trois lapidations quotidiennes dans l’après-midi de chaque jour. Il accomplira chaque prière en son temps, sans les regrouper, en réduisant le dhohr, ‘asr et ‘ichâ à deux unités de prières, le maghreb et le fajr restant tels quels.

8)  COMMENT LAPIDER ?

  

ü Le onzième jour, après midi, le pèlerin ramasse 21 cailloux à l’endroit où il campe ou sur son chemin. Chaque caillou doit être un peu plus gros que le grain d’un pois chiche, puis lorsqu’il atteindra la petite stèle (jamratous-soughrâ), celle qui se trouve après Mina, il lancera successivement sept cailloux en levant la main pour chaque tir et en prononçant : « Allahou Akbar » à chaque tir. Il doit s’assurer que ses cailloux sont tombés dans le bassin de la stèle.

ü Ensuite, il se dirigera vers la stèle médiane (jamratoul-woussttâ) et la lapidera, aussi, avec sept cailloux

ü et enfin il ira à la grande stèle (jamratoul-‘aqaba) et la lapidera, également, avec sept cailloux.15

 Le douzième jour après midi, il fera la même chose. S’il le veut, après la lapidation, il pourra quitter Mina en se dépêchant avant le coucher du soleil. Si, la veille du treizième jour, le soleil se couche avant qu’il n’ait quitté Mina, il doit y passer cette nuit et accomplir la lapidation des trois stèles, après le midi, le treizième jour ; cela s’appelle le retardement qui est préférable à la hâte. Il est permis à celui qui est incapable d’accomplir la lapidation de déléguer une personne qui l’accomplira à sa place.16 

NOTE : 

                              -Les piliers du hajj sont au nombre de quatre : l’ihrâm, l’arrêt (ou station) à ‘arafât, le tawâf et le sa’yi.

                              -Ses obligations sont au nombre de sept : l’ihrâm au miquât (lieux préconisé cité plus haut), l’arrêt à ‘arafât jusqu’au coucher du soleil, passer la nuit à Muzdalifah, passer les nuits des jours du Tachrîq à Mina, la lapidation des trois stèles, le rasage ou la coupe des cheveux et le tawâf d’adieu.

                              -Celui qui aura omis l’un des piliers, son hajj ne sera pas valide que lorsqu’il l’aura accompli et celui qui aura omis une obligation doit sacrifier une bête qu’il égorgera à la Mecque et qu’il distribuera aux pauvres du sanctuaire, sans rien en manger. 

 

9)  LE TAWAF D’ADIEU.

                              Quand le pèlerin accomplit tous les rites et qu’il souhaite rentrer chez lui, alors, il ne devra voyager qu’après avoir fait sept fois le tour de la Kaaba sans faire de sa’yi. C’est le Tawâf d’adieu (Tawâfoul-wadâ’) ; s’il a retardé le dernier Tawâf et qu’il l’a accompli juste avant de voyager, alors, il sera dispensé du Tawâf d’adieu. La femme qui a ses règles ou ses lochies en est aussi dispensée. Elles pourront voyager sans faire le tawâf d’adieu.

10)    AVERTISSEMENTS CONCERNANT CERTAINES ERREURS COMMISES PAR LES PELERINS LORS DE L’ACCOMPLISSEMENT DES RITES DU PELERINAGE

                              Certaines erreurs concernent la croyance et les dispositions pratiques du pèlerinage.

En ce qui concerne la croyance, certains pèlerins, à la Mecque comme à Médine, vont aux cimetières pour supplier les morts, demander leur « baraka » (miséricorde) et les prier d’intervenir en leur faveur auprès d’Allah. Ces actes ressemblent à de l’hérésie contraire à la sunna du prophète concernant la visite des tombes car la sunna du Prophète veut que la visite des tombes vise à prendre une leçon, à se rappeler de l’au-delà et à prier pour les morts musulmans en demandant à Allah de leur accorder Son pardon et Sa miséricorde. Aussi, on ne doit pas voyager dans le seul but de visiter une tombe ; de plus, la visite ne doit être effectuée que par les hommes et non les femmes, comme a dit le Prophète : « Je vous avais interdit la visite des tombes ; (maintenant) visitez-les donc, car elles vous rappellent l’au-delà ». C’est un discours qui s’adresse uniquement aux hommes parce que le Prophète a maudit les femmes qui visitent les tombes…

                             Quand le Prophète visitait les tombes, il invoquait Allah pour qu’Il accorde à leurs occupants le pardon et Sa miséricorde. Ce sont là les orientations du Prophète concernant la visite des tombes. C’est pour que le visiteur prenne l’exemple, et invoque Allah pour qu’Il accorde Son pardon et Sa miséricorde au mort à qui on a rendu visite (si c’est un musulman).

                             Que les tombes soient visitées pour y invoquer les morts, demander leurs « baraka » et les supplier est contraire aux orientations du Prophète. C’est une hérésie ou une voie d’hérésie contraire aux rites du pèlerinage et à ses objectifs.

                             Certains pèlerins se fatiguent et perdent leur temps et leur argent en se rendant à des faux sanctuaires se trouvant à la Mecque et à Médine. A la Mecque, on va à la grotte de hirâ et à la grotte de thowr, et autres dont la visite n’est pas légiférée. A Médine, on va aux sept mosquées et à la mosquée des deux quiblas et d’autres endroits pour y prier, invoquer Allah et demander leurs « baraka ». La visite de ces endroits, à la Mecque et à Médine, est l’une des hérésies introduites en islam. Dans le monde entier, il n’y a pas de mosquées vers lesquelles on se déplace pour prier à l’exception des trois mosquées : la Mosquée Sacrée (Mecque), la Mosquée du Prophète (Médine) et la Mosquée al-Aqsâ (Jérusalem) et aussi, pour ceux qui sont à Médine, la mosquée qobâ’. Il n’y a pas non plus, en islam, de grottes ni d’endroits à visiter, ni à la Mecque, ni à Médine et ni ailleurs17 car il n’y a pas de preuves qui légitiment cela. Puisque le pèlerin est venu demander récompense à Allah, il doit se limiter à la législation (châri’a) d’Allah et de son Prophète. Si le pèlerin économise son temps pour prier à la Mosquée Sacrée et la Mosquée du Prophète et qu’il économise son argent pour le dépenser en faisant l’aumône aux nécessiteux, il obtiendra la récompense. Alors que s’il erd ses possibilités dans les innovations et les légendes, il obtiendra des péchés et les châtiments. Le pèlerin doit faire attention à cela et ne pas suivre les ignorants et les innovateurs ou ce qui a été écrit sur certains de ces rites pour lui faire propagande et la publicité. Il doit se référer aux rites sérieux qui ont été écrit à la lumière du Coran et de la Sunna pour sauvegarder sa paix, sa foi et son pèlerinage. Et en cas de problèmes, il devra consulter les savants (oulémas).                

 

Les erreurs concernant les rites du pèlerinage :

1 - Au moment de l’ihrâm :

·      Certains pèlerins qui voyagent par avion reportent l’ihrâm jusqu’à leur descente d’avion à l’aéroport de Jeddah. C’est alors qu’ils se mettent en état d’ihrâm, à Jeddah ou au-delà vers la Mecque, après avoir dépassé l’endroit préconisé (le miquât) à cet effet par lequel ils sont passés. Concernant les lieux de l’ihrâm, le Prophète a dit : « Ils sont pour elles et pour ceux qui passent par là, autres que leurs habitants ». celui qui pense accomplir le hajj ou la omra et qui passe par un lieu d’ihrâm (le miquât) qui est sur sa voie où à proximité de ce lieu, par voie aérienne ou terrestre, doit s’y mettre en état d’ihrâm (même à proximité de cet endroit). S’il le dépasse et qu’il se met en ihrâm ailleurs, il commet un péché et omet une des obligations du rite qu’il doit réparer par le sacrifice d’une bête. Notons à ce propos que Jeddah n’est un miquât que pour ces habitants et ceux qui y ont projeté le rite.

·      Certains pèlerins, une fois en ihrâm, se photographient pour garder ces photos en souvenir et les montrer à leurs amis et à leurs connaissances. Cela est une erreur pour deux raisons :

a)  La photographie en elle-même est un interdit et une désobéissance en raison des hadiths concernant son interdiction. Il ne convient, donc, pas au pèlerin qui est dans le cadre du culte, de l’entamer par une désobéissance.

b)  Cela entre dans le cadre de l’hypocrisie parce que si le pèlerin veut que les gens le voient, ainsi que sa photo, en état d’ihrâm, cela est de l’hypocrisie. L’hypocrisie détruit l’œuvre et c’est une sorte de polythéisme mineur et l’une des caractéristiques des hypocrites.

·      Certains pèlerins pensent que l’homme, quand il veut se mettre en état d’ihrâm, doit apporter, à ce moment, tout ce dont il aura besoin comme les souliers, l’argent et autres besoins et qu’il ne lui est pas permis d’utiliser ce qu’il n’a pas apporté au moment de l’ihrâm. Cela est une erreur et de l’ignorance parce qu’il n’est, en aucun cas, tenu par cela. Il ne lui est pas interdit d’utiliser les affaires qu’il n’a pas apportées lors de l’ihrâm. Mais plutôt, il a le droit d’acheter et d’utiliser tout ce dont il a besoin et de changer d’habits de l’ihrâm en mettant d’autres et de souliers. Il ne doit éviter que les interdits connus de l’ihrâm.

·      Après l’ihrâm, certains hommes découvrent leurs épaules et cela n’est pas légitime sauf dans le cas du tawâf (le tawâf d’arrivée et tawâf de la omra). Hormis ces cas, l’épaule doit être couverte avec l’habit de l’ihrâm, parce que cela est meilleur et en particulier au moment de la prière.

·      Certaines femmes croient qu’il y a une couleur spéciale à l’ihrâm comme le vert, par exemple. Cela est faux parce qu’il n’y a pas de couleur obligatoire spéciale au tissu que doit porter la femme pendant l’ihrâm ; mais elle se met en état d’ihrâm avec ses habits habituels à l’exception des habits coquets, serrés ou transparents qu’elle n’a pas le droit de mettre ni quand elle est en état d’ihrâm ni à d’autres moments.

·      Après l’ihrâm, certaines femmes mettent sur la tête un espèce de turban pour soulever le voile afin qu’il ne touche pas le visage. C’est une erreur et une affectation inutile qui n’a pas de justification parce que Aïcha a rapporté, dans un hadith, que les femmes se couvraient le visage quand elles étaient en ihrâm et n’a pas cité le port d’un turban ou d’un élévateur. Donc, il n’y a pas de mal à ce que le voile touche le visage.

·      Certaines femmes ne se mettent pas en état d’ihrâm si elles ont les règles quand elles passent par le lieu de l’ihrâm parce qu’elles (ou leur tuteur) pensent que l’aménorrhée est une condition de l’ihrâm. Alors, elles dépassent le lieu de l’ihrâm (miquât) sans se mettre en état d’ihrâm. C’est une erreur flagrante car les règles n’interdisent pas l’ihrâm. La femme qui a ses règles se met en état d’ihrâm et fait ce que fait le pèlerin à l’exception du Tawâf autour de la Kaaba. Elle le retarde jusqu'à ce qu’elle n’ait plus les règles comme c’est mentionné dans la sunna. Dans le cas où elle a retardé l’ihrâm et dépassé son lieu sans le faire, si elle y revient et se met en état d’ihrâm, elle ne doit rien ; mais si elle se met en état d’ihrâm sans revenir à son lieu, elle doit sacrifier une bête parce qu’elle a omis un devoir.

2 - Au moment du tawâf :

·      De nombreux pèlerins se tiennent, pendant le tawâf, à des invocations spéciales que certains groupes parmi eux auraient apprises d’un lecteur et qu’ils répètent ensemble. C’est une erreur sur deux plans :

c)  Ils se sont tenus à des invocations auxquelles on ne s’est jamais tenu dans ce pays parce qu’on n’a rapporté aucune invocation spéciale du Prophète pendant le tawâf.

d)  Les invocations collectives représentent une innovation et un trouble pour ceux qui accomplissent le tawâf ; ce qui est légitime est que chacun invoque à voix basse et pour soi-même.

·     Certains pèlerins embrassent le coin yéménite (rouknoul-yâmâny) ; c’est une erreur parce qu’on ne fait que toucher le coin yéménite et sans jamais l’embrasser. C’est la pierre noire qu’on embrasse. Celle-ci est touchée, embrassée ou on lui fait signe s’il y a bousculade. Quant au coin yéménite, on le touche, mais on ne l’embrasse pas et on ne lui fait pas de signe quand il y a bousculade. Les autres coins ne sont ni touchés ni embrassés. 

·      Certaines personnes se bousculent pour toucher et embrasser la pierre noire ; cela n’est pas légitime parce que la bousculade représente une peine et un danger pour l’homme et comporte une tentation en raison de la bousculade des femmes par les hommes. Ce qui est légitime est d’embrasser et de toucher la pierre noire, si c’est possible, sinon on lui fait signe sans bousculer les autres, et sans les exposer au danger et à la tentation. Le culte est fondé sur l’aisance et la facilité, surtout que le fait de toucher la pierre noire et l’embrasser est apprécié, seulement, quand c’est possible. Quand ce n’est pas possible, il suffit de lui faire un signe de la main. La bousculade risque d’aboutir à des interdits. Est-il raisonnable d’effectuer un interdit pour effectuer une sunna ?!!

3 - Concernant la coupe des cheveux  pour le hajj ou la omra :


                             Certains pèlerins (hommes) se contentent de se couper quelques cheveux. Cela n’est pas suffisant et n’entraîne pas l’accomplissement du rite parce que ce qui est demandé c’est de couper tous les cheveux de la tête parce que la coupe remplace le rasage et le rasage concerne tous les cheveux de la tête. Donc, la coupe doit concerner tous les cheveux de la tête. Allah a dit :

مُحَلِّقِينَ رُءُوسَكُمْ وَمُقَصِّرِينَ لَا تَخَافُونَ 

(la tête rasée et les cheveux coupés, sans aucune crainte…) Al fath v27

Celui qui coupe un partie de ses cheveux n’a pas coupé les cheveux de la tête, mais, seulement, une partie.

4 -  Concernant l’arrêt à ‘arafât :

 

·  Certains pèlerins ne s’assurent pas de l’endroit de l’arrêt et ne regardent pas les panneaux qui indiquent les limites d’arafât et par conséquent s’installent à l’extérieur d’arafât. S’ils restent à leur place et n’entrent pas du tout à l’intérieur du périmètre de ‘arafât au moment de l’arrêt, leur hajj ne sera pas valide. Le pèlerin doit, donc, faire attention à cela et s’assurer des limites de ‘arafât pour être à l’intérieur au moment de l’arrêt.

·          Certains pèlerins croient que, pendant l’arrêt à ‘arafât, il faut voir le mont ar-rahmah, y aller et y monter. Ils s’imposent, donc, une fatigue et une grande peine et s’expose au danger pour atteindre ce mont. Tout cela n’est pas demandé. Ce qui est demandé c’est qu’ils soient à ‘arafât, à n’importe quel endroit car le Prophète, a dit : « ‘Arafât est partout un lieu d’arrêt ; évitez l’intérieur de ‘arnah », qu’ils voient le Mont ou non. Certains parmi eux se tournent en face du Mont alors que ce qui est licite est de se tourner vers la Kaaba.18 

·     Certains pèlerins s’en vont et quittent ‘Arafât avant le coucher du soleil. Ce n’est pas acceptable parce que le moment du départ est déterminé par le coucher du soleil. Celui qui quitte ‘Arafât avant le coucher du soleil et n’y revient pas omet l’une des obligations du hajj et doit le compenser par le sacrifice d’une bête et se repentir parce que le Prophète est resté à ‘Arafât jusqu’au coucher du soleil et a dit : « Prenez-moi comme exemple pour accomplir vos rites ». 

 

5 - à Muzdalifah :

                              Quand le pèlerin arrive à Muzdalifah, il doit accomplir les prières du maghreb et de l’ichâ regroupées et y passer la nuit. Il y accomplit la prière du fajr et invoque Allah jusqu’à ce que le soleil soit sur le point de se lever. Puis, il part à Mina. Il est permis, à ceux qui ont une excuse, en particulier, les femmes, les vieux, les enfants et ceux qui se chargent d’eux, de partir à minuit. Mais certains pèlerins commettent des erreurs quant à ce rite. Certains ne s’assurent pas des limites de Muzdalifah et passe la nuit à l’extérieur ; d’autres la quittent avant minuit et n’y passe pas la nuit. Celui qui ne passe pas la nuit à Muzdalifah sans excuse omet l’une des obligations du hajj. Il doit le réparer par le sacrifice d’une bête, se repentir et demander le pardon d’Allah.

6 -  Concernant la lapidation :

                                       La lapidation des stèles est l’une des obligations du hajj. Le pèlerin doit lapider la grande stèle ( jamratou al-‘aquabâh) le jour de l’Aïd ; c’est permis, la veille de l’Aïd après minuit. Il doit aussi lapider les trois stèles pendant les trois jours de Tachrîq après midi (dhuhr). Mais certains pèlerins commettent des erreurs en accomplissant ce rite. Ce sont les suivantes :

·      Certains lapident en dehors du temps imparti à la lapidation, ils lapident la grande stèle avant minuit la veille de l’Aïd, ou bien pendant les trois jours de Tachrîq ; ils lapident les trois stèles avant midi. Cette lapidation n’est pas valide car elle se fait en dehors du temps qui lui est imparti.

·      Certains lancent les cailloux en dehors de l’endroit réservé qui est le bassin de la stèle. Par exemple, ils jettent les cailloux de loin de sorte qu’ils ne tombent pas dans le bassin ou bien ils les jettent sur la colonne de sorte qu’ils s’envolent et ne tombent pas dans le bassin. Cette lapidation n’est pas acceptable parce que les cailloux ne tombent pas dans le bassin. Cela est dû, soit à l’ignorance, soit à la précipitation ou soit au manque d’attention.

·      Certains hâtent la lapidation des derniers jours de Tachrîq au premier jour ; puis ils voyagent avant d’achever le hajj ; d’autres accomplissent la lapidation du premier jour et délèguent quelqu’un pour accomplir celles qui restent et rentrent chez eux. Ce sont là des manœuvres frauduleuses concernant les rites du hajj. Ces personnes ont supporté beaucoup de peine et dépensé beaucoup d’argent pour accomplir le hajj. Mais quand, ils leur resta un peu de ces rites, Satan les a détournés ; ils n’ont, donc, pas respecté ces rites et ont omis plusieurs obligations du hajj qui sont la lapidation des stèles restantes, passer les nuits de jours de Tachrîq à Mina et le tawâf d’adieu qui n’est pas en son temps, qui doit être accompli à la fin de la période du hajj.

                                                                   Il aurait mieux valu pour ceux-là de ne pas aller au pèlerinage. Ils auraient échappé à la fatigue et économisé leur argent car Allah a dit : 

وَأَتِمُّوا الْحَجَّ وَالْعُمْرَةَ لِلَّهِ

(Et accomplissez jusqu’à sa fin, pour Allah, le pèlerinage et la ‘omra…)baqara v196. 

  • Compléter le hajj et la ‘omra signifie compléter leurs rites en conformité avec la législation et que l’objectif soit sincèrement voué à Allah.

·       Certains pèlerins interprètent mal le sens de la hâte dont Allah a dit : 

وَوَاذْكُرُوا اللَّهَ فِي أَيَّامٍ مَّعْدُودَاتٍ ۚ   فَمَن تَعَجَّلَ فِي يَوْمَيْنِ فَلَا إِثْمَ عَلَيْهِ وَمَن تَأَخَّرَ فَلَا إِثْمَ عَلَيْهِ ۚ لِمَنِ اتَّقَىٰ 

(Et invoquez Allah pendant un nombre de jours déterminés. Ensuite, il n’y a pas de péché, pour qui se comporte en piété, à partir au bout de deux jours, à s’attarder non plus…) baqara v203.

... et pensent que les deux jours sont le jour de l’Aïd et le jour qui suit. Ainsi, ils partent le onzième jour en disant qu’ils se sont hâtés. C’est une erreur monumentale due à l’ignorance parce qu’il s’agit des deux jours après l’Aïd : le onzième et le douzième jour. Il est, donc, permis de se hâter et de partir après avoir lapidé les stèles, après midi du douzième jour, mais il vaut mieux s’attarder jusqu’au treizième jour, lapider les stèles dans l’après-midi et puis partir.

7 - Concernant la visite de la sainte mosquée du Prophète                      

                             Sans aucun doute, la visite de la mosquée du Prophète est une sunna établie parce qu’il a dit : « On ne plie les bagages que pour se rendre à trois mosquées : la Mosquée Sacrée, ma mosquée et la mosquée al-Aqsâ » et il a informé que la prière dans sa mosquée est meilleure que mille prières dans d’autres mosquées, à l’exception de la Mosquée Sacrée. Cela indique la légitimité de la visite de sa sainte mosquée et de voyager dans ce but. Mais certains pèlerins ont commis, à ce propos, de nombreuses erreurs dont :

·      Certains croient que la visite de la sainte mosquée du Prophète est en relation avec le hajj ou qu’elle fait partie de ses rites et qu’elle le complète. C’est une erreur flagrante parce que la visite de la mosquée du Prophète n’a pas une période déterminée et n’a aucune relation avec le hajj. Si quelqu’un accomplit le hajj sans visiter la mosquée du Prophète, son hajj est complet et valide.

·      Certains croient que la visite de la mosquée du Prophète est une obligation. C’est une prétention qui n’est pas juste parce que la visite de la mosquée du Prophète est une sunna. Celui qui ne la visite pas durant toute sa vie ne commet pas de péché et celui qui la visite avec une bonne intention sera récompensé.

·      Certains pèlerins considèrent que la visite de la mosquée du Prophète correspond à la visite du Prophète ou de sa tombe. C’est une erreur qui concerne l’appellation qui pourrait se doubler d’une erreur de prétention car le but dans lequel on voyage vers la Mosquée du Prophète est la prière dans cette mosquée. Dans ce cadre, on peut faire la visite de la tombe du Prophète, de celles de ces compagnons et de celles des martyrs car le Prophète a prohibé le voyage qui vise la pratique du culte dans un endroit quelconque, à l’exception des trois mosquées. On ne voyage pas pour visiter les tombes des prophètes et des saints ni pour prier dans une mosquée autre que les trois. Les hadiths rapportés et qui concernent l’incitation de ceux qui font le pèlerinage à visiter la tombe du prophète, ne constituent pas une preuve par ce qu’ils sont soit forgés soient très faibles comme l’ont montré les savants conservateurs (oulémas). Mais il est apprécié que celui qui visite la mosquée du Prophète visite, aussi, sa tombe et les autres tombes suite à la visite de la mosquée. Et ce, en se fondant sur la légitimité de la visite des tombes à condition que cette visite soit légitime, que l’on se contente de saluer les morts et de prier pour eux et qu’elle ne soit pas dans le but de demander l’aide et secours de ces morts, au lieu d’Allah. Dans ce cas, il s’agira d’une visite polythéiste qui n’est pas légitime.

·      Certaines personnes qui visitent la mosquée du Prophète croient qu’il est obligatoire d’y prier un nombre déterminé de prières, par exemple, quarante ou autre. C’est une erreur car il n’a pas été établi que le Prophète ait déterminé le nombre de prières que doit accomplir celui qui visite sa mosquée. Ce hadith qui parle de quarante prières n’est pas authentique et ne constitue pas une preuve. Par conséquent, on prie autant de prière qu’on peut, sans être tenu par un nombre quelconque.

·      Parmi les erreurs monumentales que commettent certains visiteurs de la tombe du Prophète, est d’invoquer à haute voix. Ils croient que les invocations près de sa tombe ont un avantage et que cela est légitime. C’est une erreur monumentale parce que les invocations près des tombes ne sont pas légitimes même si on n’invoque qu’Allah car c’est une innovation et une voie vers le polythéisme. Les prédécesseurs (les salafs) n’invoquaient pas près de la tombe du Prophète après l’avoir salué. Mais, ils le saluaient et s’en allaient. Celui qui veut invoquer Allah doit se mettre dans la direction de la quibla et l’invoquer dans les mosquées et non près des tombes. Il ne faut pas non plus qu’il se mette dans la direction de la tombe car la quibla de l’invocation est la sainte kaaba. Qu’on fasse attention à cela !

·      Parmi les erreurs monumentales que commettent certains visiteurs de la mosquée du Prophète est qu’ils vont visiter certains endroits à Médine ou certaines mosquées dont la visite n’est pas licite ; mais elle est plutôt, une innovation interdite comme la visite de la mosquée al-Ghamâm, de la Mosquée al-Quiblatayn et des sept mosquées et d’autres lieux que les ignorants considèrent comme étant légitime. C’est l’une des erreurs monumentales. A Médine, il n’y a pas de mosquées dont la visite est licite à l’exception de la mosquée du Prophète et la mosquée quobâ’ où l’on prie. Les autres mosquées de Médine sont comme les autres de la planète ; elles n’ont pas d’avantages et leur visite (en croyant que c’est une sunna) n’est pas licite. Les musulmans doivent faire attention à cela et ne pas gaspiller leur temps et leur argent dans ce qui les éloigne d’Allah et de Sa miséricorde car celui qui pratique un culte qui n’a pas été instauré par Allah ou son Prophète commet un péché car le Prophète a dit : « Tout accomplissement d’un acte que nous n’avons pas ordonné sera rejeté ». Il n’y a aucune preuve que le Prophète ait accomplit ou ordonné la visite des sept mosquées, de la mosquée Quiblatayn ou de la mosquée al-Gomamah. C’est une création et une innovation.

Nous prions Allah de nous indiquer la vérité et de nous aider à la suivre et de nous indiquer le faux et de nous aider à l’éviter. Louange à Allah, Seigneur des mondes. Que la paix et le salut d’Allah soient sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille et tous ses compagnons.


 serit gul

Saleh ibnou Fawzân ibnou ‘Abdallah Al-Fawzân. 

Traduit par :Nsango Osmanou

Sous la direction du professeur et docteur El Hannach Mohamed 

Royaume d’Arabie Saoudite

Ministère de l’enseignement supérieur

Université islamique al-Imâm Mohamed ibnou Sa’oud

Messages instructifs de la recherche scientifique 

article précedent : Le guide du pèlerin (Hajj et omra ) - partie 1 sur 2 -


      source: http://www.islamhouse.com/

Voir aussi la vidéo : http://0z.fr/8Oyrv

 

SAHIH D'EL BOKHARI - 26/48 - LE PELERINAGE (HADJ)  

SAHIH D'EL BOKHARI - 27/48 - LA VISITE PIEUSE (‘OMRA)   


Notes:/ 

14 Le Prophète a dit : « la meilleur invocation est celle du jour de ‘arafât et la meilleur parole que j’ai dite ainsi que les prophètes avant moi est : il n’y a d’autre divinité qu’Allah, Unique sans associé. A lui la royauté, à Lui la louange et il est capable de toute chose ». ( Lâ ilâha illa lahou wahdahou lâ charîka lahou, lahou-lmoulk wa lahou-lhamde wa houwa ‘alâ koulli chayïne kkadîr). NDR

15 Il pourra s’il le désire invoquer longuement, comme le faisait le Prophète et les compagnons, après la lapidation des deux premières stèles uniquement. On rapporte que l’invocation d’Ibnou ‘Omar (qu’Allah l’agrée ainsi que son père) après la lapidation dura le temps de lire la sourate de la vache… (NDR)

16 Le délégué accomplit la lapidation, d’abord pour lui-même, puis à la place de celui qui l’a délégué, à la même place pour chaque stèle pour éviter la fatigue.

17 Sauf la visite des tombes de la façon qui est légiférée comme nous l’avons montré.

18 Le Mont ar’rahmah n’est pas une quibla. 


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Published by aladin - dans ISLAM
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19 septembre 2011 1 19 /09 /septembre /2011 17:26

Au nom de Dieu,

L’infiniment Miséricordieux, le très Miséricordieux

preface

        La louange est à celui qui a privilégié l’homme par la raison et l'a élevé par sa noble âme ; que la prière et le salut d’Allah soient sur Son Prophète et Sa meilleure créature, Muhammad fils d’Abdallâh, sur sa famille et ses compagnons…

        L’expérience humaine est une des sources du savoir et de la connaissance humaine, à condition qu'elle soit inscrite sous des critères authentiques, de telle sorte que les prémisses soient bien précisées et les conclusions valides.

        L’expérience humaine ne repose pas sur les situations individuelles, ni sur les rumeurs et les on-dit, furent-ils nombreux. Elle se fonde plutôt sur des phénomènes successifs, même si, quelquefois, cette continuité peut être interrompue. C’est pour cela que le noble Coran nous a incités à réfléchir et tirer des leçons de ce qu'ont vécu les communautés et les peuples passés. Le noble Coran nous a aussi ordonné, dans de nombreux passages, de méditer sur leurs situations, leurs modes de vie et leurs destinées. Parmi ces passages, celui de la sourate Al-Hajj, lorsque Allah dit : 

  •  « Que de cités, donc, avons-Nous fait périr, parce qu’elles commettaient des tyrannies. Elles sont réduites à des toits écroulés : Que de puits désertés ! Que de palais édifiés (et désertés aussi) ! Pourquoi ne voyagent-ils pas sur la terre afin d’avoir des cœurs pour comprendre et des oreilles pour entendre ? Car ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent, mais ce sont plutôt les cœurs dans les poitrines» (Versets 45 et 46)     

  Lorsque nous parlons d’aspects particuliers de la vie d’autres peuples, nous ne devons pas négliger les bons aspects. Mais le critère de jugement doit être le caractère prioritaire et l'importance de ces aspects dans la vie humaine. Ainsi, tout ce qui concerne l’esprit et sa noblesse, la raison et sa maturité, coïncide le mieux à la vie humaine. Par contre, tous les aspects concernant les plaisirs et les biens de la vie mondaine, ne sont que secondaires

        Parler de l’Occident et de son mode de vie prendrait du temps. Les cris des Occidentaux s'élèvent, en des lieux et des périodes divers, mettant en garde contre le danger, et menaçant d’un effondrement cette civilisation matérialiste. Cette civilisation qui a perdu toute aptitude à composer avec l’esprit, la noblesse humaine et sa raison, qui lui permet d'être conscient de ces objectifs, de sa mission et de son rôle dans cette vie ; et non pas uniquement la raison novatrice dans la compréhension des phénomènes physiques, de la mécanique, de la physique, de la chimie, de l’électronique et des découvertes…

        Au même instant, nous savons très bien que ces expériences et ses études, ainsi que notre effort pour les comprendre et en profiter, ne sont que pour réveiller cette communauté qui a abandonné sa mission, et qui vit, aujourd’hui, éloignée de sa religion, en ne la faisant pas triompher et en ne l’appliquant pas dans son comportement quotidien. C’est pour cela que nous devons évaluer les expériences occidentales avec le Coran, la Sunna et le mode de vie des meilleurs premiers siècles, et non avec la réalité de notre communauté musulmane d’aujourd’hui. Ceci, parce que cette communauté est loin d’être un modèle islamique, où il n’y aurait ni contradiction, ni déviation. Il n’est pas improbable de trouver dans la communauté d’aujourd’hui, des situations similaires à celles de l’Occident. La raison en est que cette communauté ne représente pas du tout l’islam authentique, autant dans la parole et l’action, que dans les préceptes et les relations. Cette communauté connaît d'autant plus le désordre et la déviation, que son éloignement du Coran et de la Sunna est grand.

        Pour toutes ces raisons, nous préfaçons le livre du Dr. Abdallâh Al-Khâtir (qu’Allah Lui accorde Sa miséricorde), qui est à l’origine un ensemble d’articles parus séparément dans la revue « Al-Bayân » ayant pour thème « ce que j’ai vu en Grande-Bretagne ». Ces articles sont, comme je l'ai déjà dit, des exemples constituant des preuves et des indicateurs, traduisant une réalité qu'il faut garder dans son contexte. Nous devrions tous – notamment ceux d'entre nous qui sont émerveillés par l’Occident, parmi les « occidentalisés » et les laïcs – prendre conscience de notre situation et la réalité de notre communauté, afin de l’extraire de la situation dans laquelle elle se trouve, une situation d’errance, de désorientation, et de perte de son identité. Cette situation l'a rendue accablée et rabaissée face ses ennemis, se rappelant la parole d’Allah :

  • « Et si vous vous détournez, Il vous remplacera par un peuple autre que vous, et ils ne seront pas comme vous. » (Muhammad, v. 38)

        Je demande à Allah qu’il rende ce livre utile, qu’Il accorde la récompense à son auteur et qu’Il rende notre intention sincère ; Il est, sans le moindre doute, celui qui entend tout et celui qui exauce les vœux. 

 Dr. Abdar-Razzâq Mahmûd Yâssîn Al-Hamd

Le 21/11/1412 (1992)

 

Avant-propos

        La louange est à Allah seul ; que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur celui qui n’est relayé par aucun prophète après lui.

        Ce livre de petit format, mais de grand intérêt, est une compilation d’articles du Docteur Abdallâh Ibnou Moubârak Al-Khâtir (qu’Allah Lui accorde Sa miséricorde et Son vaste paradis) qui sont parus dans la revue islamique « Al-Bayân », publiée par « Al Muntada al Islamy » en Grande-Bretagne.

        Nous demandons à notre Seigneur (qu’Il soit exalté) de rendre ce livre utile au lecteur, qu’Il récompense son auteur et qu’Il englobe de Ses bienfaits tous ceux qui le propageront. Et que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur notre Prophète Muhammad, sa famille, et ses compagnons. 

 L’éditeur. 

Introduction

 

        La louange est à Allah seulement ; que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur Ses serviteurs qu’Il a élus.

        J’ai vécu à Londres durant trois années environ, pendant lesquelles je suivais des études en psychothérapie. J’y tenais des activités de prêche islamique dans l'une des mosquées de la ville : la mosquée de Peckham. Cette mosquée réunissait un bon groupe de jeunes de différentes nationalités arabes. J’ai été témoin, dans la capitale britannique, de beaucoup de situations qui méritent qu’on écrive à leur sujet.

        Je vais présenter ce que j’ai vu sous forme de chapitres, recherchant ainsi la simplicité et des leçons à en tirer.

Allah est le garant de la réussite. 

Diplômé de Cambridge

        Au commencement, j’ai été obligé d’apprendre la langue anglaise, bien que j'aie étudié la médecine dans cette langue. Mais cela était indispensable pour mener à bien mon examen ; les Anglais attendent de tout un chacun qu'il écrive et lise comme un citoyen anglais. Ainsi, comme je travaillais à l’hôpital la matinée, je n'ai eu d'autre choix que de demander à un professeur de m’apprendre comment écrire correctement mes articles. Il est habituel chez les Anglais, pour celui qui souhaite demander quelque chose, d’accrocher tout simplement une petite annonce sur la devanture d’un magasin, ou sur le panneau d'annonces d’une des facultés, la réponse parvenant alors rapidement par un coup de téléphone.

        Un professeur anglais, diplômé en littérature anglaise à l’Université de Cambridge, me répondit. Il m’enseigna la langue anglaise deux fois par semaine. Après être venu chez moi cinq fois, il me demanda timidement : « Mes amies me demandent comment est-il possible de venir chez une connaissance cinq fois, sans qu’il lui présente sa femme pour faire connaissance. » Sa question fut un point de départ pour discuter d’un autre sujet que les études. En effet, j’attendais une telle occasion, parce que je savais que les Anglais n’appréciaient guère l’empressement dans des discussions, au sujet desquelles ils n'avaient pas posé de questions. Il faut plutôt attendre l’occasion et répondre aux questions qu’ils posent.

        Je lui ai répondu succinctement : « Notre religion nous ordonne de préserver la femme et de la protéger des regards indiscrets ; il ne lui est pas permis de s’asseoir, ni de se mélanger avec les hommes hormis ses parents proches. » Ensuite, je l’ai interrogé au sujet de la mixité entre les hommes et les femmes mariés et de l’isolement entre un homme et une femme ; n’est-il pas probable qu’ils tombent dans l’adultère, même si on évaluait cette probabilité à 5 % seulement ? Il me répondit : « Oui, et même plus de 5 % ! » Une autre fois, je lui demandais : « Ces relations non conformes ne sont-elles pas une des plus importantes causes de la perversion et de la dépravation de la société ? » Il me répondit : « Bien sûr. »

        Je lui ai dit en résumé : « Ceci est un des bénéfices de notre religion qui nous interdit la mixité… Ainsi, la femme, chez nous, est très respectée et jouit de multiples droits qu’elle soit fille, épouse, ou bien mère. En effet, celui qui détient l’autorité sur elle subvient à tous ses besoins et il travaille pour son bien-être. Il y a dans notre système familial tellement d’amour, d’aide et de solidarité que votre société ne peut même pas le concevoir. » Il répondit : « c’est beau et très logique. » J’ai senti la sincérité dans ce qu’il disait.

        Ensuite, je lui ai demandé : « Que connais-tu de l’islam ? » Il me répondit : « Khomeyni et Kadhafi ! » J’ai cru qu’il plaisantait, mais je me suis rendu compte que c’était tout ce qu'il connaissait de l’islam. Un diplômé de l’Université de Cambridge qui ne sait même pas qu’il y a un livre nommé le noble Coran, ni un prophète nommé Muhammad (que la prière et le salut d’Allah soient sur lui) !!! L’homme me parlait, face-à-face, et il me semblait être un petit enfant ; je m'excuse auprès des enfants de nos pays qui connaissent la religion d’Allah bien plus que lui. Je lui ai dit : « Je ne sais pas qui est responsable de ta totale ignorance au sujet de l’islam ?!! Est-ce votre université et votre programme d’étude, ou est-ce toi qui as accepté personnellement cette situation ? Comment ne vous enseignent-ils pas une religion pratiquée par un milliard de personnes dans le monde ? Alors que votre pays entretient des relations historiques et a des intérêts avec les pays du monde musulman ! » Ensuite, avant que le professeur ne quitte mon domicile, je lui ai offert une collection de livres sur l’islam. Plus tard, il me téléphona et m’informa qu’il avait lu ces livres, et qu’il souhaitait en lire d’autres.

        Cher lecteur, comme j’aurais souhaité avoir plus de temps pour suivre le parcours de ce genre de personne. Mais, malheureusement, que puis-je faire sachant que la plupart de mon temps est occupé par un travail difficile. Je fais passer le plus important en priorité dans mon activité de prêche islamique. Par ailleurs, est-ce que les « perroquets » du tiers-monde (ceux qui imitent aveuglément les Occidentaux) connaissent la réalité des Occidentaux ?!

        Si le diplômé de l’Université de Cambridge était ingénieur ou médecin, on aurait pu lui trouver une excuse, seulement il est diplômé de la faculté de langue et de littérature anglaise, il aurait donc dû apprendre au moins quelques points sur l’islam…

        Par contre, que ceux qui abondent dans leurs essais littéraires et historiques de citations des orientalistes, viennent voir ce que les orientalistes enseignent de l'islam aux personnes telles que ce diplômé.             

Ô Seigneur ! Ce ne sont pas les yeux qui s’aveuglent,

mais ce sont plutôt les cœurs dans les poitrines.

 

La femme occidentale et le mariage

        Cher lecteur, j’ai pu déjà t’informer que j’étais psychothérapeute. Ce travail me donne l’occasion de percevoir un autre visage de nos sociétés et de communiquer avec des personnes diverses, hommes ou femmes. Il est normal, pour celui qui travaille dans ce genre de spécialisations, de donner de l’importance aux problèmes des gens. Le spécialiste peut marcher dans la rue et avoir son attention attirée par quelque chose, à laquelle le simple passant n'accordera pas d'importance. J’espère tant voir les savants prédicateurs prêter plus attention à ce genre de situations et présenter des solutions satisfaisantes. En effet, leur rôle sera plus important que celui des médecins ou des représentants de l'ordre, car ne pas appliquer les directives islamiques est un des plus importants facteurs qui provoque ce genre de maladies.

        J’ai tenu à évoquer cette introduction, pour que le lecteur ne s’étonne pas des évènements que je vais citer, notamment les consultations médicales que viennent faire les femmes chez nous, et l’écoute de leurs problèmes. Certes, il n’y a pas de guérison sans écouter et débattre de ces problèmes.

        Après cette introduction, je retourne à mon propos, celui de la femme occidentale et le mariage :

        Au début de mon séjour en Angleterre, j’étais étonné de voir que c’était la femme qui pourvoyait aux dépenses de l’homme ; je remarquais cela, lorsque je montais dans le train, ou lorsque j'entrais dans un restaurant, en effet, le mot « générosité » n'existe pas dans le vocabulaire des Occidentaux.

        Plus tard, lorsque cet étonnement s’amenuisa et lorsque les malades m’informèrent de la cause de ce phénomène, j’ai compris d’eux que l’homme n’aime pas être lié par l’acte de mariage, mais il préfère avoir ce qu’ils appellent une « petite amie » « girl friend » et les femmes disent « mon petit ami » « boy friend ». Ceci n’a rien à voir avec la loyauté ! Comme ils ont déformé ce mot, car l'ami signifie : la loyauté, l’amour, le bon comportement, l’honneur, la générosité, la fidélité et autres belles et sublimes significations. 

        Le compagnon, chez eux, vit des années ou des mois avec la femme, sans subvenir à ses besoins, c’est plutôt elle qui le fait pour lui, dans la majorité des cas. Il peut aussi quitter la maison quand il le souhaite, ou il peut demander à la femme de quitter sa maison, si elle vit chez lui. C’est pour cette raison que, chez eux, la femme vit dans l’angoisse et dans une grande peur ; elle redoute que son compagnon se lie avec une autre femme pour ensuite la quitter, sans qu’elle puisse trouver un autre petit ami !!!

        Comme on dit « l’exemple éclaircit l’argumentation », j’ai donc choisi un seul exemple parmi tant d’autres, qui montre le statut de la femme en Occident.

        J’ai pu rencontrer, lors de mes consultations thérapeutiques, une femme d’une vingtaine d’années, dans état psychologique dépressif. Plus tard, elle se sentit un peu mieux et commença à s'exprimer consciencieusement, je l’ai alors questionné sur sa vie. Elle me répondit, en larmes : « Mon seul problème est que je vis dans un état d’angoisse et de désarroi, je ne sais pas quand mon petit ami va me quitter et je ne peux même pas lui demander de se marier avec moi, car j’ai peur de sa réaction. On m’a conseillé d’avoir un enfant de lui, afin que ceci l’encourage au mariage. Voici l'enfant et comme vous pouvez le constater la beauté ne me fait pas défaut, malgré tout cela j'entreprends tout ce qui en mon pouvoir, comme services et dépenses d’argent, et pourtant je n’ai pas réussi à le convaincre de se marier. Voilà la véritable raison de ma maladie et sa cause majeure. J’ai le sentiment d’être isolée dans cette société, je n’ai pas de mari pour m’aider à assumer les charges de la vie. J’ai une famille, mais c'est comme si elle n'existait pas. Si j’avais su, je serais restée sans enfant, parce que je ne veux pas qu’il souffre et qu’il soit malheureux dans cette vie, comme j’ai souffert et été malheureuse. »

        Cette femme malade n’est nullement une exception de la société occidentale, ce sont plutôt ceux qui vivent une vie tranquille qui font exception…Après tout cela, les Occidentaux trouvent à critiquer nos sociétés musulmanes et prétendent que nos femmes y vivent une vie misérable et triste. Seulement, nous, nous ne prêtons aucune importance à l’opinion que l’Occident a de nous et nous ne leur demandons même pas d’avoir un bon comportement à notre égard. Par contre, nous voulons que nos femmes remercient Allah (qu’Il soit exalté) pour les bienfaits de l’islam. En effet, la femme était, à l’époque de l’ignorance (l’époque antéislamique), humiliée et méprisée. Mais vint l’islam pour élever son statut, et par la grâce d’Allah, l’homme commença à chercher lui-même, la main d’une femme pour se marier, et elle, à son tour, pouvait accepter comme refuser. Sa famille joue également un rôle important dans son mariage. De même, la femme, qu’elle soit chez son mari ou chez son père, est respectée et noble ; ceux sont les hommes qui subviennent à ses besoins. Ce dont nous nous plaignons dans nos sociétés, c’est l’excès dans le prix de la dot et les dépenses immodérées imposées à l’homme, pour qu’il puisse se marier. Allah le Très-Haut a dit :

  • « Ils te rappellent leur conversion à l’islam comme si c’était une faveur de leur part. Dis : Ne me rappelez pas votre conversion à l’islam comme une faveur. C’est tout au contraire une faveur dont Allah vous a comblés en vous dirigeant vers la foi, si toutefois vous êtes véridiques. » (Les appartements, v.17)

C'est une vraie reine !!!

        Notre voisine était une femme âgée d’environ soixante-dix ans. Elle nous inspirait de la compassion, lorsqu’on la voyait sortir et entrer sans personne de sa famille, ou de ses proches, pour l’épauler. Elle achetait elle-même sa nourriture et ses habits. Son domicile était paisible, sans aucune compagnie. Personne ne frappait à sa porte. Un jour, je voulus accomplir mon devoir de voisin que nous impose l’islam. C’est à cet instant qu’elle fut vraiment très étonnée lorsqu’elle me vit, alors que je n’avais pas fait grand-chose. Mais cette femme vivait dans une société où les bonnes actions n’existent pas, ni la douceur et la tendresse. En effet, les relations de voisinage se limitent, dans le meilleur des cas, aux bonjours et aux bonsoirs.

        Le deuxième jour, elle vint chez nous avec des bonbons pour les enfants et une carte de vœux dans laquelle elle écrivit l’expression de ses remerciements et de sa considération pour le service que nous lui avions rendu. Je l’incitai à venir rendre visite à ma femme. Elle venait ainsi la voir de temps en temps. Au fur et à mesure des visites qu’elle nous faisait, elle se rendit compte que l’homme, dans notre pays, était le responsable de sa maison et de sa famille, qu’il travaillait pour eux, qu’il leur achetait la nourriture et les vêtements. De même qu’elle apprit le profond respect des musulmans pour la femme, qu’elle soit fille, épouse ou mère, et plus particulièrement lorsqu’elle devient âgée. À ce moment-là, ses enfants et petits-enfants entrent en compétition pour être à son service et la respecter… Quant à celui qui refuse de servir ses parents et de les aider, il est mis en marge de la société.

        La vieille femme remarquait de près la solidarité familiale musulmane : Comment se comportait le père avec ses enfants, comment ils se rassemblent autour de lui, lorsqu’il pénètre dans la maison, et comment la femme se dévoue pour rendre service à son mari … La pauvre comparait sa situation à la nôtre, en se rappelant qu’elle avait des enfants et des petits-enfants, dont elle ignorait jusqu’à leur domicile, et qui ne lui rendaient jamais visite. Elle pouvait bien mourir et être enterrée, ou même incinérée, sans qu’ils en soient au courant. Ils n’y accordaient d’ailleurs aucune importance. Quant à sa maison, elle est le fruit de son travail et de son dur labeur tout au long de sa vie.

        Elle raconta à ma femme les nombreuses difficultés auxquelles a fait face la femme occidentale dans son travail et dans l’achat des besoins de la maison. Puis elle conclut ainsi : « La femme, dans votre pays, est bel et bien une reine, et si ce n’était mon âge avancé, je me serais marié avec un homme qui ressemble à votre mari et j’aurais vécu comme vous vivez. »

        Ce genre de phénomène est remarqué par tous ceux qui étudient ou travaillent en Occident. Malgré tout, il reste, dans notre pays, des personnes qui n’ont pas honte d’imiter les Occidentaux dans toutes les situations de leurs vies. De même, il reste toujours, dans le monde musulman, des journaux et des revues qui s’expriment avec admiration de l’habit de la femme occidentale, de son travail, de la mode occidentale et la liberté dont jouit la femme occidentale !!

Ô Seigneur ! À toi appartient la louange pour nous avoir comblés du bienfait de l’islam. Allah le Très-Haut dit :

« Ils te rappellent leur conversion à l’islam comme si c’était une faveur de leur part. Dis : Ne me rappelez pas votre conversion à l’islam comme une faveur. C’est tout au contraire une faveur dont Allah vous a comblés en vous dirigeant vers la foi, si toutefois vous êtes véridiques. » (Les appartements, v.17) 

Lorsque la femme va à l'encontre de sa propre nature

        De mon séjour en Occident, je ne pourrais jamais oublier deux images d’une avocate de renom, en totale contradiction entre elles :

        La première image : Cette femme avait tous les qualificatifs suivants : saine de corps, la langue bien affilée, très enthousiaste dans ses croyances et ses convictions, d’un dynamisme infatigable : on peut lire ses articles dans les journaux, une autre fois, on l’entend s’exprimer à la télévision et affronter les plus grandes personnalités masculines, redoublant d’argumentation, ou encore on peut l’entendre dans les tribunaux défendre les causes pour lesquelles elle a consacré sa vie et son âme.

        Le cher lecteur pourrait s’imaginer que cette femme est avocate au service d’une entreprise ou d’une association. Mais non ! Son seul travail est la défense des droits de la femme et de l’égalité entre les hommes et les femmes. C’est pourquoi on peut constater qu’elle possède des statistiques surprenantes sur les ministères, les associations et les entreprises, et sur le pourcentage d’employés hommes et femmes en leur sein… Combien de fois a-t-elle imposé, ici ou là, un quota de femmes et le licenciement du surplus d’hommes. Combien de procès a-t-elle gagnés contre des entreprises, qui licenciaient des groupes de femmes, prétextant n’avoir plus besoin d’elles. C’était une femme très renommée, qui jouissait d’un grand prestige dans la société occidentale. C’était également un modèle pour les femmes, voire les hommes qui appelaient à l’égalité totale entre les deux sexes. 

        La deuxième image : Celle de cette même femme, malade. Son médecin particulier l’a faite transférée aux urgences de l’hôpital psychiatrique où j’exerçais. C’est là que j’ai vu, de mes propres yeux, une scène totalement opposée à ce que voyaient les gens à la télévision ou au tribunal : 

        J’ai vu une femme fragile, déprimée et abattue, qui éprouve le sentiment de vivre seule au monde, sans enfant, ni époux, ni frère, ni père. Les autres femmes, elles, la connaissaient comme étant la puissante avocate qui défendait leurs droits, mais elles n’avaient plus besoin d’elle lorsqu’elle était malade, à l’hôpital, ou immobilisée chez elle, ou encore dans une maison de retraite. Bien que je connaisse son problème avant même de la questionner, je l’interrogeai tout de même, car il faut bien interroger le malade, en prêtant attention à tout ce qu’il dit … Puis je lui demandai : « Quelle maladie avez-vous, que ressentez-vous ? » Elle répondit : « J’ai demandé à un homme de partager ma vie, mais il m’a répondu par la négative !! Je suis fatiguée de cette vie, et du travail que j’ai choisi. » 

        Voici sa maladie que je retranscris en toute honnêteté et avec précision… J’ai donc accompli mon devoir en lui prescrivant le traitement nécessaire à ceux qui sont atteints de dépression nerveuse. Pourtant, je sens qu’elle ne guérira pas de sa maladie, car elle ne trouvera jamais un homme raisonnable qui osera risquer sa vie et son esprit en se mariant avec elle. Et si jamais elle le trouvait, ce sera le genre d’homme incomplet qui ne pourra jamais lui dire « non !! ». Mais, cette sorte d’homme ne peut pas résoudre son problème. D’un autre côté, si jamais elle guérissait de son mal, pour ensuite retourner à son ancien travail, c’est comme si elle revenait à son premier état. En effet, ce genre de femme cherche la célébrité et le naturel reprend toujours le dessus sur l’acquis… Elle souhaitera donc que les gens parlent d’elle, quels qu’en soient les résultats. 

        Avez-vous vu lorsque la femme va à l’encontre de sa propre nature, qu’Allah a originellement attribuée à l’humanité ? Allah le Très-Haut dit : 

  • « Dirige ton visage vers la religion exclusivement (pour Allah), telle est la nature qu’Allah a originellement donnée aux hommes – pas de changement à la création d’Allah –. Voilà la religion de droiture, mais la plupart des gens ne savent pas. » (Les romains, v.30) 

              Le problème est que les gens n’ont vu cette femme qu’en bonne santé, la langue bien affilée, mais ne l’ont jamais vu sur un lit d’hôpital, souffrant de cette maladie psychologique qu’est la dépression nerveuse. L’admiration des sournois et de ceux qui se sont fait abuser par elle, est la cause de sa maladie, la source de son malheur, de sa misère et de son asservissement. J’ai été témoin personnellement de cette situation et les exemples à ce sujet sont très nombreux. Celui qui souhaite plus de preuves n’aura qu’à rechercher le nombre de femmes célèbres qui souffrent de dépression nerveuse en Occident, et même dans nos pays.

              L’autorité de l’homme chez lui est meilleure pour lui, son épouse et ses enfants ; qu’il renonce à cette autorité et ce sera pour la femme un enfer insupportable. La prétendue égalité entre l’homme et la femme n’est qu’une fable inventée par les ennemis de la femme : juifs, chrétiens, communistes et autres laïcs athées. Toutes les statistiques modernes démontrent l’échec de ce mythe.

« Que ceux qui désobéissent à l'ordre du Messager, prennent garde qu'ils ne subissent une épreuve douloureuse ou qu'un châtiment douloureux ne leur soit infligé. » (Coran: Sourate 24, An-Nur, verset 63.)

Et que la prière et la bénédiction d’Allah soient sur notre Prophète Muhammad, sur sa famille et ses compagnons.

 

Fin

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écrit par Dr. Abdallâh Al-Khâtir (Qu’Allah Lui accorde sa miséricorde)

Livre original publié par  « Al Muntada Al Islamy ».

 


Traduit le 11/3/1425.  30/04/2004 par Abû Hamza Al-Germâny 

Révisé le 17/2/1427.  17/03/2006 par Abû Ahmed

 source : www.islamhouse.com

 

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